BATEAUX EN PAILLE
Le Cavallito, ou Bateau en paille, sur les côtes du Pérou. — Dessin communiqué par M. A. de Lattre.
Ce genre de bateau est en usage sur la côte du Pérou, à Tendroit où Ton dëbarqne pour se rendre à Troxillo , ville située à 2 kilom. environ de la mer, à 8* 6' de latitude niéiîdionale, et i 320 kilom. de Lima. La mer, presque constamment houleuse, fait chavirer les bateaux ordinaires. On les remplace par une espèce de radeau que Ton nomme eavallito ( oti petit cheval ) , à cause de sa forme et de la nécessité où Ton est quelquefois de Tenfourcher et de s'y cramponner. Le eavallito est construit avec le tatora , jonc qui croit en abondance au bord des eaux douces, surtout dos petits lacs , et qui a les propriétés du liège.
De même, sur la côte de Goromandel, on se sert du massottla, petite barque construite en écorces, qui glisse sur la snriacedes vagues, ou ploie sans se briser sous (eur pression.
Au Sénégal, sur toute cette longue côte de la Guinée, entre les embouchures de la Gambie et du Sénégal, où le ressac en battant la côte fait décrire au flot des volutes immenses, on débarque au moyen d'un petit radeau auquel son admirable flexibilité permet de tomber des flotssur la plage sans inconvénient.
Les indigènes des lies de TOcéanie se servent d'embarcations ou plutôt de flotteurs aussi frêles, aussi souples, pour aller sans danger d'un point à l'autre de leurs côtes bordées de récifs de coraux, ou traverser les canaux qui les séparent Ses unes des autres.
« Au moment où nous allions jeter l'ancre, dit un voyageur, deux Catamarans parurent tout à coup sur le ix>nt; ils étaient entièrement nus à l'exception d'un mince chiffon et d'une sorte de chapeau en feuilles de palmier qui leur sert de botte pour leurs dépêches. Ils étalent à deux lieues au moins du rivage, et c'était sur un simple monceau de bois et armés d'une seule rame qu'ils avaient fait ce trajet; bravant l'épou-
ToMK XTI. — Mars 1848.
vantable ressac qui s'étend à plus de trois kilomètres da rivage, et maniant la rame en cadence à l'aide d'une sorte de chant, ces naturels s'aventurent quelquefois à des distances considérables. »
Le navigateur qui mentionne pour la première fois cesêlres étranges avait inscrit sur son livre de loch ce qui suit : « Une heure de l'après-midi , devant la principale ville du Goromandel (Madras), vu deux diables jouant avec des bâtons à la surface de l'Océan. Dieu veuille que ce ne soit pas dé mauvais augure I »
Ce radeau ne sert le plus souvent qu'aux communications entre la terre et les navires mouillés au large.