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FABRICATION DU PLOMB DE CHASSE

Les profeetlles dont on fait usage pour la chasse sont faits avec du plomb, et portent le nom de balles ou plomb de chasse. Ordinairement on ne charge qu'une seule balle à la (61s, tandis que le nombre et la grosseur des grains de plomb, composant une charge , sont proportionnés à la grosseur de ranimai qu'on veut tuer.

Tout le mondjfi connaît la manière de faire les balles. On ae sert d'im petit moule divisé en deux parties semblables qii*on écarte ou qu'on rapproche Tune de l'autre, au moyen de deux branches assemblées comme celles d'une paire de ciseaux. Quand le métal qu'on y a coulé est refroidi, il suffit de couper \tjet le plus près possible de la surface de la balle qui se troave alors terminée. Ainsi , avec un moule et une cuiHer en fer pour foire fondre le métal , on peut fabriquer des balles partout oA l'on v^dra.

On procède tout autrement à la fabrication du plomb de jchasse, qui nécessite des bâtiments tt des appal-eils appropriés dont la réunion constitue une usine. Cela seid suffirait déjà pour établir une grande différence dan^ ja fabrication des l>alles et du plomb de chasse ; mais 11 en existe encore une aussi grande dans la préparation de la matière première et les manipulations qui ont été longtemps tenues secrètes ,. et dont nous allons essayer de donner une idée. , -

Tous les grains de plomb employés pour la' chasse n'ont pas la même grosseur, «t, suivant celle. de l'animal qu'ils se proposent de tuer , les chasseurs les appellent plomb de loup, plomb de Uèore, de perdrix^ ou eendrée^ quand il est destiné aux petits oiseaux. Dans le commerce , on en distingue dix numéros, depuis le n* qui est le plus gros , et qui a 5 millimètres de diamètre , jusqu'au n* 9, qui est le plus petit t et qui n'a qu'un demi-millimètre de diamètre. Celui des numéros intermédiaires décroît par deini-millim6tre.

pour faire le plomb de chasse , ou , comme on dit , pour granuler le plomb, on le verse, quand il est fondu, dans des passoires ou casseroles en tôle à fond plat , percées de trous ronds dont le diamètre est égal à celui des grains qu'on veut obtenir. L^ateller dans lequel on fait cette opération est situé ordinairement au sommet d'une tour (1) , au bas de laquelle on place une cuve remplie d'eau destinée à recevoir les grains de plomb à mesure qu'ils s'échappent des passoires. Cette disposition est indispensable pour que les grains aient le temps de se refroidir pendant leur chute, et pour amortir le choc, afin d'éviter leur déformation. La hauteur de la chute varle'suivaut la grosseur des grains , qui se solidiliept d'autant plus rapidement qu'ils* sont plus petits. Du ri« 4 au n*» 9 , une chute de 30 mètres est suffisante, tandis qu'il en faut une de 50 pour les plusgi*osécliantillons. Mais le métal pur ne se granule pas , c'esl-àHiIre que les gouttes qui passent par les trous de la passoire ne prennent pas la forme sphériquc. On a reoonnu que, pour qu'il Joifîsse de cette propriété , il faut y ajouter Mne certaine quantité de sulfure d'arsenic (connu sous le nom de rèalgar) , qui varie de 3 à 4 millièmes , suivant que le plomb est plus ou moins aigre, c'est-à-dire allié avec de Pantimoine. . .

' On opère habituellement à la fois sur 2 000 kilogranimes tic plomb, qu'on met dans une chaudière eii fonte placée, sur un- fourneau.' Quand la fusion est cohiplète, on ajoute (p réalgar. par poiiion , en ayant soin dé brasser le mélani^ après chc^ife addition pour le rendre pfns intime* C'est ce qu'on appelle former le bain de fonte. Pendant la fusion de l'alliage, le bain se couvre de crasses métalliques que l'on recueille pour les placer sur le fond des passoires. Ces crasses

(r) En France, c'est âans la jolie tour de ^mt-J«cques la Boucliirii', à Paris, qu'on a établi la première usine à fabriquer du plomb de cliasî.c. (/est aussi daus celte même tour, aujourd'hui eucure utilisée par cette IridiuU'ie « qu'aulrefoii Bkiié Haèéi fit ses expirieuces sur la chute des corp^^y V^jOOQ IC -'

ei^g9Ptie$^qtla )(6rj|iesc ré|;ulariiie en phstutt par ios trot» de» p9Moir€Sf.

-Ou |io peut arriver iliéoriqneiB«itt ù ajouter aa plomb la qu^il^ €9r>v«naUc d'arsenic ; itiais on y pai^Vtent ^iteneat ei^«8«ayMit k§f*anuiageei eh examinant la forme des grains. •*^i:hl PfOporiiod fl^jenlc eàt trop grande, le gitda a la forme d'jMlc leotill«<; a aju contraire elle est trop fàlblc , le grain es|:«p)AUd'4lii:.tiàlé et piéscnie un creux dans le milieu, forM qii?oa «ysiifne soàs le nom de coupe; enûn , quand la PïftiPiMoil.d'artseuic est beauooirp trop faible, le grain s'aliQWWiPfiteme encore où creux vers le milieu et forme la W*^ - : -^

AV>^l*tiottdo gnaivlage terninée, on retire de la cuve, pi^qfe Mk bAêdekk lotir, des grains de tontes les grosseurs, n^ll9^<k grains défectueux-; tous ces grains ont conservé leir^atltiétaUitiiielqu^Hs perdent promptcment en séchant, e^de pltts Itiursurfece est couverte de légères aspérités.

Pour faire le triage des grains , on les met dans un tamis circulaire dont le fond est formé par une plaque de tôle mince percée de trous d'un diamètre égal à celui des grains qu'on vent séparer deè autres , et qui est nécessairement le plus petit. En employant successivement des tamis dont les trous vont en giossissant comme les numéros des grains, on arrive facilement 5 réunir séparément les grains de divers numéros.

Quant à ceux qui sont défectueux , c'est-à-dire allongés ou aplatis, on les isole des antres en les plaçant sur une table à rebords suspendue à des courroies. On imprime à cette table un mouvement osdllatoiro qui fait rouler tous les grains dont la 4u)ndettr est parfaite vers un des côtés de la ubie d'où ils tombent dans une caisse devinée h les recevoir, tandis que les autres rcsient sw la table ou roulent obliquement d'un autre côté.

Enfin , pour lustrer et polir les grains, on les met dansa petit tonneau placé sur un axe horiionul , en ajoutant vm peu de i>lombagine. On imprime aisuite 5 ce tonneau on mouvémem de roution que l'on continue Jusqu'à ce que le plomb ait acquis le poli et le lustre convenables.

r^ bien est la fin des arts et dessdences; le pmnfer des biens est donc la fin de la première des sdeaces ; or cette science est l'économie sociale : le premier des biens se trouve donc dans l'ordre politique. Co bien c'est la justice, c'est-àdire l'utilité générale.

Aristote, Politique, I. Iff, c. 8.

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