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Partie de la Salle des Ancêtres. — Dessin de M. Prisse

les murs, privés de leurs épaulements, écrasés par leurs soffjtes et une monstrueuse architrave , étaient ébranlés et paraissaient devoir tomber au premier choc ; d'autre part , les pierres , fendillées çn tons sens malgré leurs solides agrafes de bois, laissaient â peine espérer la possibilité d'un sciage. Le temps pressait cependant. Le gouverneur, Sélim-Pacha , était absent ; mais il devait revenir, et, d'un moment à l'autre , arrêter une opération qui devait seulement parvenir à s'eflEectUer à l'aide de précautions infinies. 11 avait fallu d'abord maçonner des épaulements pour soutenir les parois de la ^Ue, et même construire, avec des briques crues, un petit talus sur lequel on devait faire glisser des traves de plus de quatre mètres de longueur. Quinze Arabes avaient peine à remuer ces énormes pierres, et malgré les mesures les plus prudentes deux ouvriers furent blessés assez grièvement en essayant d'amener jusqu'au sol le pesant plafond de la petite salle de Thoutmès IIL La salle étant entièrement découverte, on descella les pierres , et le sciage fut exécuté avec adresse et promptitude sous la direction d'un bon tailleur de pierre amené du Gair^M^r M. Prisse.

Les bas-reliefs étaient déposés au fur et à mesure dans des

caisses construites à cet effet sur les lieux mêmes. Vingt-sept caisses furent ainsi-successivement- transportées dans la tente du voyageur. Ce ne fut qu'après de graves difficultés de toute nature qu'il fut possible de faire embarquer ces précieuses antiquités.

Malgré les précautions sans nombre qu'on avait prises poui le transport, trois pierres ont été trouvées brisées à l'ouverture des caisses, et une quatrième était à peu près réduite en poudre. Cet accident n'a pas été irré^rable , ti*^ce à des estampages en carton faits sur les bas-relleiiB avant de commencer une série d'opérations fort difficiles.

A part ce détail , la salle des Ancêtres fut reçue & la Bibliothèque nationale dans l'état où elle était en sortant du Thoutmoséium ; et l'éclat des pehitures eût fait encore l'admiration des archéologues après trente-cinq siècles d'existence , si les caisses mal refermées n'étaient restées pendant tout un hiver dans la cour de la bibliothèque exposées aux injures du climat de l'Occident. 11 en est résulté une aUcralion déplorable : ce que trois mille ans de soleil et de poussière n'avaient point fait , six mois de pluie et de neige l'ont commencé avec ï^tçjjdjÇj^^^gueur , qu'un second

im

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.hiver aurait laisse los iws - rcllofs cnli<'rcmonl décolori^^.

Lji sallje des Ancôlres de thoutmrs lif a été resiaun'o î^mis la dïreclioa el dVprcs ics pîans de M. Prisse, sauf «ne porte *du pur style ègypU'eri (le l'époque, qui! avait fait placer, el à JaqncUc on a substitué m grand vitrage qrrt d<Mruit l'harluouic de l'ensembre , en éclairant tous re.s l>as-reHcfe d'une lumière trop égale el trop vive, cl en ôtanl ù cette petite retraité son aspect sUenclew et vénéré. On a remplacé la pierre réduite en poudre par un estampage colorié, el on a comblé la lacune, signalée déjà en 1825 par un léger trait an rouge dans te genre égyptien.

La salle des Ancêtres contient la représentation de soixante rois avec leurs noms el leurs prénoms.

Nda$ avons lieu de croire que tous ces roi« forment , non point des dynasties régulières et complètes, mafs une succession de princes distingués par Thoutmès 111 dans les dix-sept premières dyna^es de ïlièlies et dans d'antres restées inconnues jusqu'à ce jonr; choix arbitrairement fait peiil-éUe par le pliaraon, ou d'après certains principes dont noos n'avons pas connaissance. Cette conviction ressort nécessairement Bc îà cottqJBTâfSDti feite entre Tordre de te salle des Ancêtres et ceîûl de h taWe d'Abydos el des deux tabtwmx de famaîe d'AMomioph l". On sait que la table d'Abydos, dressée par ordre de llanisès le Grand, représente la dynastie dans l'ordre de la saccession au trône : or, les cartouches de la salle des Ancêtres sont loin d'offrir une concordance parr faite avec ceux de la table d'Abydos , bien qu'on y retrouve fréquemment les mêmes noms.

En lOiiBDn^ttt par le bé^ ft {premier cartouche à gauche renferïâe le pméûoii^ d^Otortaseà ou Tosortasen 1*% le plus célèbre des pbM<ms d^ ta dix-^pttème dynastie. Viennent ensuite d'autres prénoms de ia même dynastie ou des dynaslies antéric\)res ; mais aucun n'est précisément le même que celui donné par Manéthon.

Une autre particularité de ce tableau historique est le mélange des noms et des prénoms, mélange d'autant plus embarrassant qu'on ne peut y voir ni négligence ni ihanque de savoir ; il y a dans tous les textes de l'époque pharadnique im esprit d'ordre et de clarté incompatible avec cette supposition : il fanl donc absolument reconnaître dans cette interposition l'intention dMtablir une distinction dont le sens nous échappe.

La partie droite du tableau représente une suite de rois complètement inconnus , à l'exception d'un petit nombre de noms trouvés çà et là sur des scarabées, sur des vases ou sur loul autre objet sculpté. La salle des Ancêtres est le premier monument où nous les possédions réunis. <^uelques archéologues , auxquels le petit sanctuaire de Thoutmès ill n'était point connu, ont cherché à classer ces ahciens pharaons dans la vingt-cinquième dynastie. Ce seul fait peut donner une Idée de f importance du document monumental acquis à la France par M. Prisse.

Nous donnons dans notre seconde gravure un portrait de 'Jlioutmè!s 11L l'a* physionomie est noble ; les traits sont corrects. Le front est élevé, le nez légèrement aquitin et fineihent dessiné , les lèvres plutôt minces qu'épaisses , et dans céiie tête rien n'accuse les tracés des alliances éthiopiennes contractées par plusieuw des ancêtres directs de ce roi. Une figure aussi intelligente, aussi douce, s'àccôrdc parfaitement âVèc rhfstoire de Thoutmès 111 , qui fit de grandes choses pendant son règne , éleva des monuments , conquit des nations, et ne couvrit pas cliaquc pierre de son propre éloge , ainsi que l'avaient fait Ménépli\liali l*', I^amsès II el Rarnsès Méiamon. Le choix des appellations qui lui furent appliquées forme à liU seiU un magnifique éloge , car son prénom le plus ordinaire est le titre de Bienfaiteur du monde.

Notre troisième gravure est un cartouche renfermant les noms et prénoms de Thoutmès lil.

La quatrième gravure représente un des côtés de la salle des Ancêtres el la moitié de la parii(j qui fait face à l'entrée.

L'iiriisle égyptien n'a évldeihmenr pus clierc1it§ à dessioor un poriraft de chaque roi ; 'l'iwutmès lIlseulKîse représenté avec quclqnesoiu, et sa figtirc reproduit asser bien lès linéaoïenu des autres portraits de ce prince, M. Wsse traduii ainsi les signes hléroglypirfqnc* sculpté» au^essus de te tête et sous ia «Win de Thoutmès : u U dieu bienfaisant, Refnfenso (So« n leil slablliteur du monde ) , dispensateur de vie srahic , » puissante et heureuse comme Miré (le Soleil), hii do so- » lennelies offrandes aux rois de la Haute et dn la Dasse- » ^^gypie. )) C'est une formule consacrée pourries offrande-.

Si les fripons connaissaient l'avantage de la v^tiu, ils seraient lionnêles gens par friponnerie.

Franklin.

LES VAUDOIS DU QUINZIÈME SifiCLE.

\.v nom de vaudois est un nom de triste mémoire ; il rappelle ces hérétiques disciples du Lyonnais Pierre Vaido, ces populaUons séparées de i^glise cliréliennc, qui, décimées au commencement du treizième siècle , se retirèrent au fond des vallées des Alpes, el furent de nouveau poursuivies pendant le règne de François l". La dénominalion de vaudois s'applique en outre , dans le quhiEième siècle, aux membres d'une secte particulière qui fut persécutée , proscrite comme celle des pauvres de Lyon. Les idées des sectaires, que l'on ne peut rattacher que par quelques points aux idées des anciens vaudois, parafssenl être à peu près exclusivement la croyance au pouvoir prépondérant du démon , à la domination de Satan sur les hommes et sur la nature , leurs pratiques, d'après le témoignage des écrivains contemporains et les aveux mêmes des personnes accusées de vauderie, sont un culte bizarre rendu par eux au diable, qui leur accorde en retour d'éminenles faveurs , el leur délègue une partie de-sa puissance.

Les vaudois du quinzième siècle tuent el mangent les petits eafants, font des serpents, soulèvent les tempêles, dévastent à leur gré les campagnes, détruisent les récoltes, jettent des sorts sur les hommes et sur les objets qui leur appartiennent ; ils se rendent à travers les airs, sur un bâton ou sur un balai.

Vairdoise , d'uprcs une mirrialuie

d'un manuscrit clii » Champion

des dames , » qui fut exécuié

• en xifit , et qui e^l cunservc à

te BdyKothèqiié nationale.

JOjj^.TOCtrttj'

à une assemblée que l'on nomme mescle on sabbat. Dans le lieu de réunion sont dressées des tables couvertes de vins et de viandes ; le diable préside sous forme d'homme , el plus souvent de bouc, de chien, de mouton, de singe. Les vaudois lui rendent , comme à leur maître, un hommage dégoûtant , blasphèment Dieu et la 'iVinlté, ci*achcnt sur 4a croix de Jésus el maudissent la Vierge Marie.

11 siUTit d'avoir lu ou entendu conter urte de ces naïves histoires de sorciers auxquelles tant de gens croyaient encore il des époques rapprochées de nous , pour se convaincre de l'analogie qu'il y a entre les sorciers proprement dits et les vaudois. De plus, dans divers documents anciens, le mot de vaudois est accolé à celui de faicturier^ qui veut dire tout à la fois Ijcréllquc, eiiclïanlciir, fascinateur, devin et sorcier.

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torique (tarant la p('cinl<^r<> moitié du qiUnzièiiie ^\bcW» Ko lér86 , MIT le brvtt qne to« cnvUx>Rft de Uenie et de Lausanne regorgeaient de gens soumis au diable , qiii aoconftpUsAaieat pour ptoire à leur maître Infernal louto sorte de forfaits et mangeaient leiu» propres enfant»,. l'autorité se livra i d'aclives reclierclie'i. «erre , juge à Bollingen , et Tinquisiteur Kudf , soumirent une centaine de malheureux aux tortures du chevalet, et^n firent périr un nombre considérable par la flamme des bûchers. Dans une buHe du pape Kugène IV, donnée ^ Florence le iO avril 1639 contre ceux qui tenaient le concile de Bâle, le iMintife s'indigne au sujet des sorciers, fr^nguks, slragaruBS oij fmuâ&is^ qui infostem les proirinces de son <omf>étite4tr Amédée VIH, ducde Savoie. Un autre document, le poème intitulé le Champion des dames, composé en 14Â0 par maître Martin Lefranc, prévôt 4e Péglise de Lausanne , cûntient une longue discussion entre deux personnages , le Chanipwn et V Adversaire, sur les vau^ doises ou faitturUres. On voit aussi des vaudoises à Provins (1652)» en Normandie, en Bourgogne, à AbbevUle, à Aniien8,et surtout liArras. Leur nombre ne peuléure apprécié , même d'une manière approximative. Une femmelirrèlée à X^Tins déclare que la secte vaudoise à laquelle elle appartient comprend, tant en J'Yanct^qu'en Bourgogne, cinquante à soixante membres. D'autre part , les inquisiteurs , qui poursuivent Thérésie, soutiennent qu'un tiers de la chréllenté et plus partage les erreurs vaudoises, que des ecclésiastiques, desévéques, des cardinaux sont infectés de vauderie. Dans le Champion de$ dames, que nous venons de citer, le personnage qui joue le rôle d'adversaire du beau soxe . dit en parlant des vaudoises :

Vray est

Que les vieilles, ne deux, ne troi<, Ne vingt, mais pins de trois milliers, Vont ensemble en aulctins destrois Veoir lenrs dyaMes familierj«.

Quoi qu'il en soit , Thérésie des vaudois éveilla chez quelques membres du clergé catholique de violentes appréhensions. On déclarait la secte vaudoise abominable , infornalo , dangereuse pour la religion et pour la société, « pire que Pidolàtrie des paTens, que le péché d'hérésie et que rinfidélité des Sarrasins. • On commença des informations, l^a ville d'Arras, placée alors sous le gouvernement du duc de Bourgogne» fut bientôt le principal théâtre de la persécution.

Le drame lamentable , qui s^ouWe en Tannée 1Z|Ô9 dans cette ville, serait trop long à reprodtiiro ici. On en trouve les détails dans le chroniqueur Jacques Diiclercq. I^s bûchers s'allumèrent à plusieurs reprises ; on brûla un pauvre vieillard, peintre et poêle, appelé Jean liavilte, et qu'on surnommait Vabbé de peu de sens : on brùln dos femmes qui, au moment de la mort, protestèrent qu'elles n'étaient jamais allées au sabbat. Jean i'aulconnier, évèque m parlibus de Beyrouth , disait que tous ceux qui avaient été à la vauderie et l'avaient confessé devaient mourir ; que ceux qui étaient 'accusés par des vaudois devaient être considérés comme vaudois, pourvu que quatre témoins se prononçassent contre eux. Il ajoutait qu'aucune personne, frtt-ce père, mère, frère ou enfant, ne devait aider ou secourir les gens soupçonnés du crime de vauderie, à peine d'être elle-même traitée comme vaudoise. On conuneiiça ù murnuirer contre les persécuteurs d'Arras. Quelques personnes, encore retenues en prison, ou leurs parents, prolestèrent contre les proo*dures relatives à la vauderir ; le parlement do Paris évoqua l'affaire, et mit en cause les vicaires de Tévéque et les autreî» juges des vaudois. Les accusés qui étaient encore dans les cachots furent déclarés innocents et élargis , et plus tard un arrêt du parlement condamna les membres du tribunal inqoisitorial d'Arras, et le duc de Bourgogne qui l'avait approuvé , à des peines pécuniaires envers les victimes ou envers leurs ftmilies. Quand cet arrêt fut rendu, le 20 mai

l/i91 « trente ans s'étaient écoulés depuis la mort de, Jean Lavitte, et la plupart de ses juges avaient cessé de viyrç..

ArrriBEs,

Département du Var.

.La puissance des Mai^eillais sur, terre se développa .trè«-. lentement, surtout, du côté de rilalle. Jasqu'à l'arrivée (!^t%^ Bomains, ils trouvèrent dans leurs rapports avec les Ligors, cette répugnance et cette opposition avec lesquelles ils avaient été accueillis lors de leur arrivée en Gaule. Chacun de leurs établissements était plutôt la preuve d'un succès matériel qôe celle d'un progrès moral. Après avoir fondé Karnki (Cassis), Kitharisla, la ville de la Harpe (Ce y reste), Olbia, l'Heureuse (Éoubo), près de laquelle s'élevait VArké, la citadelle, nommée plus tard Hyéron, le Sanctuaire (llyères), ils établirent, 600 stades (116 kilomètres) plus loin, Antipolis, la Sentinelle , qui fil pressentir Pappariiion de J^ikaia , la ville de la Victoire, Mce, témoignage d'un de l^rs plus éclatants combats avec les indigènes.

Le nouvel établissement était d'ailleurs admirablemeol placé sous tous les rapports. La côte, après avoir dessiné sur les eaux de la mer le profil le plus capricieux , s'arrête tout à coup et monte en s'arrondissant vers le nord , de manière à figurer un vaste amphithéâtre que la vallée du Var coupe en deux, et qui a pour limite au loin les derniers promontoires des grandes Alpe^^. A l'origine même de son développement s'avance une sorte de priile presqu'île qui a pour pendant, un peu plus loin, un autre cap près duquel surgit au-dessus des flots un rocher ; reusemhle forme un port naturel assez commode. Ce fut là que sViablirent les facteurs envoyés de Massilia , et l'aeiivil»* de leurs relations prouva bientôt que loiirs pnhisions étaient justes. Aniipolis fut entourée de mui-ailles , <i au-dessus de ses édifices s'éleva le temple de Diane, qui. pla«v sur un roc, dominait un horizon lointain.

Rome ne vit tout d'abord dans la colonie grecque que la force de sa situation, et elle en fit une place d'armes. Parla suite on en agrandit l'enceinte , on l'embellit de quelqtiesunes des grandes constructions propres au génie romain , telles qu^un cirque et un aqueduc, encore bien conservé, amenant les eaux de la source de Fonvieille. Centre d'un comn>erce actif, elle rivalisa pendant plusieurs siècles avec Us villes voisines; l'heure de la décadence sonna enfin pour elle comme pour tant d'autres cités plus Importantes. Dévastée par les Barbai*es qui ravagèrent aux cinquième et sixième siècles l'Europe occidentale , pat les Sarrasins et les pirates du Nord, elle vit disparaître avec son ancienne prospérité presipic roui" SI îHipuliiiiiUL

nnjïi'fiîiM fi vs{ de ces posiili^ns iluih-rspar iini?»ture d'avan- {a^e% tHs, qi^elJL** restent Jiau.% cesse ce qu'on le» a jugées lont it'rthorrlî Antibes est decé nombre. Fran^joi** V' commein;a à \ ékvifr des fwllUc^IJons qui ftJr*'nr rontlnui'es par Uiur* IV *'i :m^i.'h}m<M'»'"^ ^'tu* i^tim*. SW • ^^u^^ |ijt-elle résister au siège qu'en firent les Impériaux en 17/i7. Ils la bombardèrent pendant trois jours ; la tranchée était même ouverte en deux endroits lorsque l'approche» du m;»réchal de Belle-Ile leur fit repasser le Var avec précipitation. Plus tard encore, le titre de bonne ville et une colonne érigt^e ah milieu de la grande place, rappellent la belle défense iju'cife fil contre l'armée autrichienne en 1815. Aujourd'hui, cVst *me place de guerre de troisième classe. Le côté de la mér t>t inattaquable ; un fort, dit le Fort carré, flanqué de quatre bastions, s'élève sur lllot rocheux où Massilîe et Itome avalertt aussi assis une partie de leur force.

A travers les siècles qui se sont écoulés depuis sa fondalioii» AntA)es, bien qu'ayant éprouvé de grands changements, a conservé des témoignages de son ancien état et comme on air antique. Sur remplacement du temple de Diane s'est élev^

Téglise paroissiale ; le cirqo^fi'a laissé que des traces à peine reconnaissables ; mais raqaedac romain l'approvisionne en* core , et son port ressemble h ane antique naumachie , ce quMl doit à la lig;ne d^arcadcs qui en ceint le quai et en supporte le môle. On y remarque aussi deux belles tours carrées : Tune faisant partie du château où demeure le commandant, et Taulre attenant à Téglisc. Parmi les pierres dont elles sont construites, on en distingue plusieurs qui ont évidemment appartenu h de plus anciens édifrccs : telle est celle qui porte cette étrange inscription latine:

Piicri Septcutrio-

] lits aiinor. xii qui

Aniipoli in llicairo

l)iduo sgltavit et pla-

ciiit.

« Aux m&nes de l*enfant Septentrion, âge de douze ans, qui » parut deux jours au thé&tre d'Anlibes, dansa et plut. »

Ce pauvi*e enfant « a dit M. Miclielet , est évidemment un de ces esclaves que Pon élevait pour les louer ù grand prix aux entrepreneurs de spectacles, et qui périssaient victimes d'une éducation barbare. Je ne connais rien de plus tragique

que cette inscription dans sa brièveté « rien qui fasse mieux sentir la dureté du monde romain. «... Parut deux jours au » théâtre d'Antibes, dansa et plut. » Pas un regret ! N'est-ce pas là , en effet , une destinée bien remplie 7 Nulle mention de parents ; l'esclave était sans famille. C'est ^encore une singularité qu'on lui ait élevé un toml)eau. Mais les Romains en élevaient souvent à leurs joujoux brisés : Néron bâtit un monument « aux mânes d'un vase de cristal. »

Si Pon voit en France d'autres antiquités plus considérables et plus importantes, on n'y voit point de tour romaine et de fragments de fortification mieux conservés.

D'après le dernier recensement ( 18/iC ) , la commune d'Antibes compte près de 6 000 âmes ; la ville même en n libOO, chiffre qui indique une augmentation très-hotabic depuis cinquante ans. Son territoire est presque entièrement couvert de jardins , de vignes et de vergers. Ixîs oliviers y sont très-beaux , les figues délicieuses et préférables môme à celles de Grasse; le tabac y est d'une bonne qualité, et on y cultive , pour la préparation des parfumeries et des eaux de senteurs , les orangers, les jasmins d'Espagne, les tubéreiîses, les roses et une multitude d'autres fleurs odorantes. Home faisait grand cas de In saumure de thon d'Antipolls, moins cependant, selon Martial, que de celle de

TX-'gjaL;^^

^TiTltNfJi

Vue d'Antibes, par M. Merci Fatio.

maquereau. Aujourd'hui lesandioiset les huiles d'Antibes sont estimés; la ville exporte en outre du poisson salé, des vins, des olives, des cédrats et des fruits. £n général, les comestibles y sont excellents, abondants et à un prix modéré. La fabrication de petites étoffes et de bas, occupe ceux des habitants qui ne sont pas livrés â l'apprôt des fruits et des autres productions du sol. Le mouvement du port était, il y a peu de temps, de& à û 500 tonneaux; 30 navires étrangers, et 70 bâtiments nationaux le fréquentent annuellement. Il ne peut en admettre d'ailleurs qu'un petit nombre à la fois, et chaque Jour malheureusement les alluvions et les sables du Yar en rendent l'entrée plus étroite. En i83ii un

petit phare a été placé à la télé du môle , afin d*en rendre les approches plus faciles.

Les sots ont , dans leur intérêt , accrédité ce bruit , que l'esprit court les rues. — C'est une erreur. — On ne verrait pas tant de gens qui se sont promenés toute leur vie sans jamais l'avoir rencontré. G. Ob

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