LA SOURCE D'EAU VIVE
Trois voyageurs se rencontrèrent près d'une source d'eau vive placée aux bords du chemin. Une large coupe de pierre recueillait son eau, et le ciseau de l'ouvrier qui l'avait creusée y avait en même temps gravé ces moU, adressés au passant :
BCSSEMBLE A CETTE SOURCE.
Leur soif étanchée, les trois voyageurs lurent l'inscriptfcHi et en cherchèrent le sens.
—C'est un conseil, dit le premier, qu'A ses guéUres de cuir, à sa ceinture gonflée et au ballot qui chargeait ses épaolea^ on pouvait reconnaître pour un riche marchand ; la source coule toujours, elle va au loin , elle se grossit en roule de mille ruisseaux qui en font une rivière, et semble nous dire par son exemple : Sois actif, ne l'arrête jamais, et tu prospéreras !
Le vieillard qui portait à la main un livre secoua la tèt«.
— Il y a ici une leçon plus haute , dit-il ; cette fontaine qui s'offre à tous les altérés sans leur demander ni payement, ni reconnaissance, dit clairement aux hommei i^^^k Jq^ncb
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MAGASIN PlTTOnESQUB.
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pour l^amoiir du bicii» et ne cbevche iucaiie récompense au dehof i de toi«-in6me.
Les deux voyageurs m lurent ; le troMème gardait le biience. G*émic un adoleaoent aux cheveux blonds , qui se séparait pour la première fois de sa mère. Ses compagnons k prièrent de donner aussi son explication; alors il baissa les yeux, rougU beaucoup, puis s*entiardl8Sant :
— Moi, dit-il, rinscriplton de la source me dit autre chose l Qu'importerait Péternel mouTement de cette onde et le ûot ^*elie offre k notre soif si quelque cornipdon l'avait tixHiblée! ce qui* fait son prix , c'est seulement sa limpidité 1 Kous inviter 4 lui ressembler ce n*est point fah-e appel à notre diligence ou à notre libéralité, mais c'est nous dire de conserver notre àme assez pure pour refléter comme cette source d'eau vive toutes les fleurs de la terre et tous les rayons du ciel I
Mous avons deux ordres de personnes dans la société , les médecins et les cuisiniers, dont les uns travaillent sans cesse U conserver notre santé et les autres à la détruire, avec ceUe différence que les derniers sont bien plus sûrs de leur fait que les preîniers.
Diderot, Encyclopédie , art. A$$aisùnnement.
Lorsque je vois ces tables couvertes de tant de mets , Je mMmagine voir la goutte, l'hydropbie, la fièvre, la léthargie et la plupart des autres maladies cachées en embuscade sous chaque plat. ADOisoif.