UN MARCHÉ A RIO-JANEIRO
Toy. 1847» p* tS3.
Dans plusieurs de ses quartiers , la capiule du Brésil a, par la structure de ses édifices, par Talignement de ses places publiques et Tétalage de ses bouUques» la physionomie d'une tille d'Europe. La mode parisienne « cette coquette
souveraine dont nulle réTolatlon ne détruit Tempire, a éteada jusque-là le pouvoir de son léger sceptre. DéJ& on ne toIi plus qu'un petit nombre de femmes portant comme autrefois, et comme celle que représente cette grarure, la mantille espagnole. Presque toutes veulent avoir le chapeau parisien ; et à voUr la rue d'Ouvidor^ avec sa colonie de tailleurs , de bijoutiers, de libraires, de bottiers, et de iKirblers français, on pourrait se croire aa beau milieu d'une de nos industrieuses cités.
Mais au bord de la promenade {paneio publieo) il est un commerce qui, par sa singularité, surprend encore les étrangers. C'est le marché du peuple, marché rempli de tortues ,
Marcbandt de fruits, i Rio- Janeiro.
de poissons et de légumes pour la plupart hioonnus en Europe. Diverses espèces de melons d*eau sont entassées là , avec les épices importées de l'Inde par les Portugais , et les fruits des colonies afdcahies. Des perruches et des perroquet» exposés en vente mêlent leurs cris bruyants k ceux des marchands ; d*autres oiseaux appellent le pautsant par leurs sUDe-
ments et déroulent k ses yeux leur plumagt d*azar et de pourpre comme sils connaissaient le prix de leur beauté. A travers toutes ces productions du sol et des eaox, toutes ces nuées d'oiseaux charmants enlevés aux (brèts vierges du Brésil, on peut embrasser encore du même coup d'ceil un curieux assemblage des diflérentes individualités dont se
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tompowi la ]K>ptiliition brësDieune : blonc» et iio!ri« Inékni et Portugais « et le tnalAtre né de ralliatice du nègre itcc TEuropéen» et le mam$lueo issu de celle de TEuropéen avec rindien , et le euboclo descendant du nègre et de l'Indien. Les pauvres nègr^, les esclaves sontlft, comme dans toutes les provinces de Tempire, en majorité. En 1825, M. de Humboldt calculait qull devait j avoif dans cette immense contrée du Brésil û 000 000 d'habitants, dont 930 000 blancs, i 900 000 nègres, et 1 120 000 individus de race mêlée. Diaprés des documents plus récenu , mais qui n*ont point encore toute fa précision désirable en pareille matière , la population du Brésil est de 5 millions 5 à 600 000 âmes , dont 3 millions d'esclaves qui se divisent en quatre catégories : esclaves employés aux travaux de la terre et des mines, 2 500 000; domestiques, 100 000; esclaves sans emploi, 200 000 ; esclaves de louage, 200 000 (1).
La plupart des esclaves qui se trouvent à Rio -Janeiro viennent , dit M. Spix, de Gabinda et de Benguela. Us sont échangés contre des dehrées européennes par les chefs de leurs tribus, et, avant d'être livrés au commerce, flétris par Tempreinte d'un fer chaud sur le dos ou au front. On les embarque avec un lambeau d'étolTc de laine pour tout vêtement» Dès qu'ils sont arrivés à Rio» on les caserne dans la rue de Vallongo qui s'étend le long de la mer. Il y a là de pauvres êtres de tout âge» enfants et hommes mûrs , jeunes garçons et jeunes fllles, qui se promènent autour de leurs demeures, à moitié nus. Un nègre expérimenté est chai*gé de leur entretien, et cet entretien est on ne peut plus modique. Leur nourriture se compose d'un peu de farine de mato bouillie dans de l'eau. t)e temps à autre, on y ajoute un morceau de viande salée» tH>ur 1 200 à 1 500 francs , on peut avoir un homme très-bien constitué, encore le prend-on, à ce prix-là, pendant quinze jours à l'essai, avec admission de vices rédhU^toires. Dès que le marché est définitivement conclu, l'acheteur dispose de loH esclave comme bon lui semble. Dans le cas oà cet esclave tenterait de lui échapper, la police même le charge de k punir et de le lui ramener. (2)
QipendattI » il ilittt le dire i la civilisation européenne n'a point pénétré au Brésil lana y répandre quelques sentiments d'humanité» Qh pauvres malheureux êtres , arrachés à leur terri natale pour s'en aller au loin subir la loi d'un mattre étranger^ ne sont point assujettis à autant de souffrances quHMi pourrait le croire* i Dans k plupart des plantations que l'ai visitées » dit M» Qtrdner , les esclaves étaient bien traitési et m'ont paru satisfaits de leur sort» Dans quelquesuns dns éubUssemenU où je m'arrêtais, il y avait Jusqu'à trol^ i'i ipirn:* cmiU eschves. Si je n'a vais sud'avanca leur cotidHLon , Je ne l'aurait pas devinée. A les voir dans leurs peiitÊS huttes entourées d'un frais Jardhi , je les aturais pris pour de libres et poialbiei laboui turs. Ils sont en général bien Têtus et bleu nourri é , et l'ai vu les malades soignés avec une toucïuuite sollidiude par la femme et les filles de t^ur matlre. n
Quoi quMI en soli de ces ména^èinenu individuels , on ne peut que a'écrler avec Sterne t Oh slavtry^ ihou art a &itMr êr&ughi p- Oh t esclavage, tu es une amère boisson»
màtm POTOLAIRES DE L'ALLEMAGMS.
MtHLÉBM»
Les chanu des voyants t'ont célébrée, petite Bethléem ; sois bénie , pauvre bourgade ! car tu as été choisie par l'ËtemeL
Ce n'est ni la magnificence de tes portiques, ni la hardiesse de tes clochers qui t'a rendue grande deTint Dieu ; on ne voyait sur tes hauteors que des bergers gardant leurs troupeau!.
(t) Anniiario politieo a eitatittito do BraiiK tS4^. (i) BeÎM ia BraïUiea. Ertter Thtil. S. x iS.
C'est là qu'errait la belle glanettae Ruth« RuUt, joie et consolation de sa mère affligée»
Là, au milieu de ses blés dorés» habitait Booz à l'Ame douce et généreuse. Bon pour ses serviteurs, il ouvrait aux pauvres son cœur et sa main.
Là, David, fils désiré, faisait paître les troupeaux de son père 1 Le son de sa harpe retentissait sur les paisibles coHinei comme le tonnerre au printemps.
C'est pourquoi Dieu Vêl élevée, Bethléem , et tu as dsoné naissance à l'immuaèk^ parce que tu étais petite I
Tes champs inondés de lumière et de parfums sont devenas ^ dnt iaii , et au-dessus de tes collines les anges ont fait eatendre leurs célestes louanges !
Et nous aussi nos cœurs reconnaissants et joyeux te loueront , petite Bethléem , loi et le Sauveur béni qui est né dans ton élable. Herder.