L'OUVRIER ALLEMAND
C'est dans la Silésie que la main-d'œuvre est le moins chère. L'ouvrier , qui travaille dans sa cabane et' partage son temps entre la culture de la terre et l'exercice de son métier, ne gagne guère que 3 fr. 76 e. par semaine.
Employé dans une manufacture, il gagne 7 fr. 50 c.
En Prusse, en moyenne, ta journée de travail est de dooie heures. Le prix de la journée de l'homme de peine est de
I fr. 60 c.
Pour les ouvriers employés dans les fabriques, le salaire est de io fr. par semaine.
En Bavière , où l'ouvrier gagne de 6 fr. /i5 c à 8 fr. par semahiet il est logé convtnablement pour ZtO fr. par an.
Quant aux conditions générales d'alimenUtion , voici les prix comparés des principales denrées :
En Saxe, le boeuf ait de. .' 34 a 35 c. le demi-kil.
le porc 44 à 45
le pain de seigle 07
— de bottltnger. * . * • » » 09
lu Bavière, 1t bœuf est dt» .»*•.» 38 à 5a e. le demi-kil.
le mouton » . • 35
le porc .......».» 3a, 5
le pain . • oS
Oes prix sont à peu près las mémos dans les provinces da Rbln.
U convient d'ajouter que la pahi le plus généralement Qimaonimé est foit de seigle* qu'il est noir, et qu'en France
II est bien peu de départements où l'on oserait le donner à des malheureux» Mais les Allemands sont habitués à sa saveur; Us le préfèrent au pain Uano de firoment, et , dans quelques provhices» ils le servent mèiae sur toutes les tables bourgeoises»
Le pain de seigle légèrement beurré, des pommes de terre au dîner et au souper, avec du café le matin 1 formant la nourriture ordhiaire de l'ouvrier allemande II boit rarement de la bière et plus rarement encore du vin, et les trois quarts des ouvriers ne connaissent la viande que de nom»
a LWvrier allemand , ijoute M» LegenUl (l)t ert plus Indolent , moins actif, moina mtcllë par fa soif des jonissanoei que l'ouvrier français; Il fait mohis de besogne» Gela résulte non-seuleaaent de son caractère, mala aoaal de la chédve nourriture qu'il prend. Une alimentation substantielle et abondante a une grande influence sur fa quantité de travafl qu'un homme peut foire ; c'est elle qui donne l'avantage à l'ouvrier angfafa sur le frnnçafa, et une expéiieace fréqoemr ment répétée a prouvé que, lorsque celui-ci pouvait jouir du régime substanUel habituel à son rivai, il travaillait awri •fort et aussi longtemps. Heureuse expérience si die pouvais
déoKmtrer au chef qaH tttmwt son Intérêt I donner va large salaire à ses ounlersl »
OOLONISATiON YÉOfiTALE
DES ILBâ BRIT^NIQUES, DES SHETLAND, ET DE L*I8LANDE. •
DBS PBEOB
Les botanistes ont remarqué depuis longtemps que ks lies voisines des continents n*ont point de végéution qui leur soit propre. Leur Flore est celle du continent le plus rapproché» et tout nous apprend que les plantes continentales les ont envahies, soit que Itle ait fait anciennement partie de la terre ferme, soit que divers agents naturels aient transporté les graines à travers le bras de mer qui les en sépare actuellement. Lorsque des lies telles que les Aleutiennes réunissent deux parties du monde, leur végéution tient de Tune et de Tautre. G*est sous ce point de vue que nous étudierons la végétation des lies Britanniques , des Shetland, des Féroe et de Tlslande, les seules terres qui relient TEurope moyenne à TAmérique septentrionale.
Examinons d*abord la végéution des Iles Britanniques. Ces Iles ne renferment pas une seule espèce qui ne se retrouve sur le continent européen ; mais toutes ne viennent pas des mêmes points du continent. LUmmense majorité d*entre elles, qui forme pour ainsi dire le fond de la végéution, se retrouve dans le nord de la France, dans les Pays-Bas et en Allemagne. Ce sont ces espèces banales et vulgaires répandues k profusion dans toute TEurope moyenne , et dont la plus grande partie se retrouve aux environs de Paris. Parmi ces plantes robustes, peu sensibles aux modifications du climat, on grand nombre se sont avancées jusqu*au nord de PEurope.
Au sud de TAngleterre , dans U presqu*lle formée par le Comouailles et le Devonshire et sur la cOte opposée de Pirlande , occupée par les comtés de Cork et de Lfanerick , les botanistes anglais ont depuis longtemps remarqué ceruines plantes qui n'existent sur aucun autre point des trois royaumes. Ce sont des plantes beaucoup plus méridionales que celles du reste de TAngletcrre. Toutes se retrouvent en Bretagne , en Normandie , sur le bord de la mer, mais non dans le centre de la France. Ces espèces sont orighudres du Midi et ont remonté le long des côtes occidenules de la France, où elles ont pu se maintenir, grâce à la douceur des hivers. Quelques-unes ont émigré dans les provinces mérl* dionales de PAngleterre et de Tlrlande, qui leur offraient les mêmes conditions dimatériqnes.
La migration de ces plantes s*exi^ue facilement: en effet, la séparation de T Angleterre de la France est un événement géologique relatif emcnt irès-récent ; elle s*est faite dans la période actuelle , lorsque le sol et le climat éuient déjà ce quMIs sont aujourd'hui , et à une époque où la terre était par conséquent revêtue de sa végéution actuelle.
On a signalé, dans le sud-ouest de Pirlande, une dousaine d'espèces qui n'existent nulle part sur le conthient européen, si ce n'est en Espagne , dans les Asturies. On comprend qu'elles puissent vivre sous deux climats en apparence aussi dilTérents, car dans cette partie de Pirlande les hivers sont si doux que les Myrtes, les Lauriers-thyms et d*autres végé- Uux du Midi végètent en plehi air; il est plus difficile de s'expliquer comment ces plantes ont pu franchir le grand espace qui les sépare de la mère-patrie. A cet égard les savante- en sont encore réduite à des hypothèses plus ou moins contestées.
Dans les monUgnes de l'Ecosse , du pays de Galles et du Cumberland,on trouve une Flore complètement différente de celle des plahies. Elle a de Panalogie avec celle des Alpes de la Suisse, mais encore plus avec la végétation des terres polaires, telles que l'Islande et le Groenland. 11 e&t donc pro-
bable que la plupart de ces plantes sont venues du conthient américain à traven PIsiaiide, les Féroe, les Shetland et ks Orcides.
On volt que la Flore des Iles BdunniqQes se compose pour ainsi dire de quatre types bien disdncte : le type germanique, le type armoricahi, le type asturlen et le type arctiqve. Si Pon soumettait la France è un examen semblable, on troiH verait de même des types bien tranchés nuds différente en partie de ceux de PAngleterre, tels par exemple que le type méditerranéen, le type hispanique, le type armoricain, le type germanique, le type alpin, etc.
Si nous étudions maintenant la végéution des Shetland, des Féroe et de l'Islande, nous arrivons k des résulUte semblables à ceux que nous avons trouvés pour les lies Britanniques. Non seulement ces lies ne contiennent aucune espèce qui leur soit propre, mais taules lêun e$pècet se retrouvent sur le continent eiuropéen. Parmi ces végéuux, les trois quarte sont communs à l'Europe et à l'Amérique ; mais un quart environ n'existe pas sur le continent américain. Ces Iles ont donc été colonisées principalement par l'Europe , et en recherchant la patrie des plantes qui les peuplent, on retrouve les traces d'une grande migration yégéuHt qui, partie des côtes de PEurope moyenne , s'est avancée juaqu^en Islande. A mesure que cette migration marchait du sud vers le nord, une foule de végéuux propres à PEurope éuient arrêtés "par le froid, La plupart de ces plantes se sont propagées jusque dans ces lies, en passant à travers l'Angleterre et l'Ecosse; toutefois on en reconnaît quelques-iues qui ont gagné directement les Shetland en partent des côtes de Norvège.
Pendant que ces végéuux européens envahissaient ainsi ces lies éloignées, il s'opérait une migration en sens hi verse dont le point de départ est sur les côtes du Groenland. Ce sont des plantes boréales et arctiques qui passèrent d'abord en Islande , et de là aux Féroe et aux Shetland. La plupart néanmoins trou fèrent dans les Féroe leur limite la plus méridionale. Les traces de cette migration sont plus difficiles h reconnaître que celles de la migration européenne. En effet , la plupart de ces plantes existent aussi dans les montagnes de l'Ecosse, et quand on les trouve aux Féroe par exemple, on ne sait si on doit les dériver du Groenland ou de l'Ecosse. Néanmoins il en est quelques-unes qui manquent en Écoftse, qui ift peuvent provenir que des côtes du Groenland.
Si Pon cherche quels sont les types principaux des plantes qui existent dans les Shetland , les Féroe et Plslande , on trouve d'abord: 1* le type germanique (il se compose dtB pkintes commîmes dans les plaines de l'Europe moyenne). 2* Le type alpino-boréal ( ce sont des végéuux exisunt k la fols dans les Alpes et les parties septentrionales de PEurope ou de l'Amérique). 3* Le type arctique, comprenant les léfsé- Uux inconnus dans les Alpes , mais communs dans les réglons polahres. A* Le type maritime ou littoral , représenté par un assex grand nombre d'espèces qu*on ne trouve jamais que sur les bords de la mer , mais qui sont du reste asses indifférentes aux modificaiions Cn climat.
Si Pon se demande comment ces plantes ont pu se propager d'une lie à l'autre , on trouve trois agente principaux : les courants marins, les vente, et les oiseaux voyageurs. Les courante entraînent les graines que les cours d^eau portaient à la mer et vont les semer sur les plages sablonneuses. On connaît une foule d'exemples de ces uransporte I de grandes distances. Le GulfUream porte des grahies du Mexique sur les côtes d'Ecosse et jusqu'à Pextrémité de la Norvège sans qu'elles perdent leurs facultés germinatives dans ce long trajet Les vente violente qui soufflent sur la mer du Nord portent rapidement des corps légers à des disUnces considérables. Ainsi, lors des dernières éruptions de l'Hécla, en Islande, ses cendres furent recueillies le lendemain aux Féroe, aux Shetland et aux Orcades. Il en tomba même sur le pont de bAtimonls qui naviguaient entre l'Angleterre et
rirlande. Les oiseaux voyageurs jouent aussi un grand r61e dans la dissémination des graines. Chaque année des millions d*oiseaux marins partent des côtes de France et d'Angleterre et vont pondre et couver leurs œufs sur les rochers et les toneils des Féroe et de Plslande. En automne ils retournent dans nos climats. Quoiqu'ils se nourrissent spécialement de petits animaux terrestres et marins, ces oiseaux avalent néanmoins des graines en mangeant gloutonnement' à la manière des canards. Us les transportent aussi dans leurs gosiers et les sèment dans les lies qui leur servent d'étape.
Leur migration du nord au sud ayant lieu en automne, ils contribuent spécialement à la dissémination des plantes boréales qu'ils transportent ainsi vers le sud«
Au premier abord, ces causes de dissémination des vé« gétaux paraissent insuffisantes ; mais si Ton réfléchit qu'elles agissent simultanément et sans interruption depuis des milliers de siècles on comprendra leur puissance. 11 suffit en effet qu'une seule graine soit une seule fois portée dans une Ile, pour que la plante s'y multiplie, s'y naturalise et y perriste indéfiniment si le sol et le dhnat lui sont favorables.
£ «Team Mk^eii
Carte des ites Britanniques, des Shetland, des Féroe et de TlsUnde.
Or, dans la longue succession des temps qui nous sépare de la période géologique immédiatement antérieure & la nôtre, que de fois l'un ou Tautre des agents que nous avons nommés a dû opérer ce transport! Il n'est donc pas absurde de supposer que ces lies ont été successivement colonisées par les agents naturels, de môme que l'homme y a Importé des céréales, des légumes et avec eux une foule de plantes
inutiles qui se sont multipliées et naturalisées en dépit de ses efforts pour les déuruire.
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Nef de Stïnt-Onen, à Pont-Aiidemer.
Saint- Oucn est la principale église de Pont-Audemer. C*est un édifice dont quelques parties sont intéressantes, mais qui mallieureusement reste incomplet et inachevé. Sa construction appartient d^ailleurs à différentes époques et manque d*unité. Le chœur, reste du bâtiment primitif, présente les caractères de l*architcctare du onzième siècle ; la nef, dont nous donnons un dessin, est des quinzième et seizième siècles.
Les travaux de construction de cette nef commencèrent vers 1670. Gomme la richesse du clergé de la ville était loin de répondre à sou zèle religieux , les travaux n'avancèrent qu^avec une extrême lenteur. De temps à autre les trésoriers de Saint-Ooen éulent obligés d'appeler la municipalité à leur aide pour que les travaux ne fussent pas absolument abandonnés. De iâ85 à i/i89 , elle leur accorda de foibles sommes pour les aider à solder le prix des pierres apportées des carrières de TAllemagne» de Montfort et du Marais. Kn 1506 « elle fit venir à ses frais deux mattres maçons de la maçonnerie de Gaudebec pour hAter Tédification. Faute de fonds, Il fallut Interrompre la oonstroction en 1518. Le cardinal d*Annebaut la fit continuer en 1557, et contribua à Fachèvement de quelques parties. La plupart des voûtes, des bas-c6téset des chapelles ne furent terminés qn*en 1599. Cette
Tout XVI.— Juin iS48.
nef est assurément quelque ctiose de i-emarquablc; mais son plan et son ornementation n'offrent rien qui ne puisse se retrouver dans les églises de la môme époque et du même style.
Salnt-Ouen possède en outre une suite importante de vitraux qu'elle doit à la munificence du cardinal d'Annebaut. Le plus remarquable se trouve du côté du nord , dans la sixième chapelle. C'est une composition allégorique qui représente la Loi ancienne et la Loi nouvelle. Il porte le chronogramme 1556.