‹ Le Magasin pittoresqueChapitre 79 sur 185 · TACTIQUE NAVALE · texte numérisé non relu

TACTIQUE NAVALE

Les notes explicatives qui accompagnent nos-grsvoressônt extraites de l'ouvrage de P. Ozane , ingénieur des constructions navales ; bien qu'elles soient d'une date déjà ancienne, et que Tintroduction de la navigation à vapeur ait surtout apporté des modifications importantes aux conditions de la tactique navale , on peut Ihre cependant avec fruit ce qu'a écrit Ozane.

1. De l'ordre de bataille. — Les vaisseaux combattent par les côtés, parce que leur artillerie y est également partagée, et se tiennent dessous voile, afin d'avoir le mouvement nécessaire pour agir dans le combat. La distance qu'on laisse entre chaque vaisseau dépend de la force du vent et de l'étendue que le général juge nécessaire de donner à l'armée pour combattre avec plus d'avantage.

Les frégates marchent à portée de recevoir les ordres qu'on peut leur donner ; les brûlots sont en dehors des frégates à une grande portée de canon des vaisseaux ; les bâtiments de charge marchent en dehors des brûlots. On est dans l'usage de nommer avant-garde l'escadre qui marche à la tète de la ligne, et arrière-garde celle qui forme la queue; s'il y a une troisième division , on nomme celle du centre corps de bataille : c'est la place du général quand la disposition de l'ennemi ou des raisons particulières ne l'obligent pohit de se placer ailleurs. Les vaisseaux représentent les troisièmes divisionsde l'armée. On combat aussi par escadres, c'cst^â-dlre que les divisions agissent chacune de leur côté ; ce genre de combat est plus vif que le premier parce que les petits corps ont plus d'activité qne les gros et peuvent serrer davantage l'ennemi, mais une fois l'action engagée, il est nrè^-didUcile de se réunir dans un combat par escadres.

% Armée du vent, coupant la Hgne ennemie. — Couper une ligne , c'est la traverser pour séparer quelques vaisseanx dans le dessein de les combattre séparément et de les réduire avant qu'ils puissent être secourus du reste de leur armée ; les vaisseaux rangés marquent la route que l'on tient dans cette manœuvre , et le vaisaeaa coupé vire de bord pot^r rejomdre son armée. Doubler l'ennemi, c'est traverser sa route en tète ou en queue , pour le mettre entre le feu de l'armée et celui du détachement qiti le double ; un vaisseau double l'ennemi en tète, et im autre en queue.

Envelopper l'ennemi , c'est se replier sur lui autant qu'il est nécessaire pour lui ôter tous les moyens de se sauver.

3. Du combat à l'abordage. — Aller à l'abordage, c'est serrer un vaisseau, et s'y attacher pour le combattre, en ÙAsant passer une partie de l'équipage sur son bord. Cette manomvre est aussi délicate que hardie , et demande au moins autant de talent que de valeur, à cause des accidents qui peuvent arriver par le choc des vaisseaux ; c'est ce qui fait qu*on a une grande attention, en approchant l'ennemi , de brasser petit à petit les voiles sar ks mâts afin de ralentir la vitesse du vaisseau et rendre l*abordage plus doux.

4. De l'ordre de retraite. — Cet oidre se forme sur les deux lignes do plus près afin d'être plus tôt en baUille sur celle que l'occuncnce pourra demander, sl-Wï^^liPW^U^Ï^

a. Armée du veut, coupanl la ligne ennemie.

Page 1