‹ Le Magasin pittoresqueChapitre 81 sur 185 · SUR LES SIGNAUX DES GAULOIS · texte numérisé non relu

SUR LES SIGNAUX DES GAULOIS

César, parlant de la levée d'armes dans Orléans, qui fut le premier acte de la grande insurrection de toutes les républiques de la Gaule sous le commandement de Verdngétorix, rapporte que la nouvelle de l'événement fut transportée dans tout le pays avec une célérité merveilleuse. Voici ses expressions: « La nouvelle est portée rapidement à toutes les cités de Ja Gaule; car dès qu'une chose grande et importante arrive, ils la transmettent dans les ctemps et les campagnes par des clameurs. D'autres la reçoivent et la communiquent à leurs volshis, comme cela se fit alors. En effet, les choses qui s'étaient foites & Genabum au soleil levant, furent connues sur le territoire des Anremes avant la première veille ; distance qui est d'environ cent soixaiHe millets. «^ (Lib. vu.) Ce rédt % sodle^, chez quelques érudits, de la difficulté. Imitant ù cet égard certains traducteurs t ils ont pensé que l'on se menait tout simplement à crier à travers champs, sans aucune disposition spéciale, et que les campagnards qui se trouvaient çà et là répétaient Je cri , en le transmettant dans toutes les directions à peu près comme les ondulations circulaires qui se font quand on jette une pierre dans l'eau. 11 est manifeste que pour un |)areil mode de communication, il faudrait une densité de population rurale qui n'existe même pas aujourd'hui dans nos cantons les plus peuplés. Que l'on voie ce qu'il y a ordinairement de monde dans les cbamps et que l'on juge s'il serait possible d'y faire ahisi porter des paroles de proche en prodie. Ce leralt iuipratlcable. Il feut donc croire que ce transport des nouvelles ne s'eifectuait chez les Gairiois que suivant certaines lignes sur lesquelles on disposait du monde , et, si l'on peut ainsi dire, une succession de sentinelles. C'était un mode analogue à notre télégrapliie actuelle , quoique bien moins perfectionné , mais ayant du moins cet avantage que, ne nécessitant ancun matériel, il pouvait être aisément improvisé toutes les fois que la nécessité s'en fa:s«iit sentir et dans toute direction que les circonstances commandaient.

M. Monge, qui a traité cette question dans un mémoire lu 5 l'Institut en 1808, a prétendu prouver l'hnpossibilité de ceue pratique , d'où il concluait , puisqu'on ne pouvait révoquer en doute la coïncidence , à un jour près , des soulèvements de Gergovie et de celui de Genabum, que les Gaulois avaient dû fedre «sage de signaux , « dont on avait soigneusement caché la nature au général itmiah) , et que celui-ci, trompé pur les bruits populaires, aurait cru éure de simples cris. » Mais d'abord n'est-il pas hors de toute créance que César, qui avait dans son parti ont de GnakHa^ qui entretenait dans la •Gaule unt d'espions, eût pu être trompé sur une coutume si frappante et naturellement si connue de tout le monde ? Iteste donc à voir si la critique de M. Monge est fondée. La question est de savoir si, par la tp^lho^e ^uq^^^ilt^nou-

ifUt' pjçiU èo^ portée en quioie heures de .teii\ps à une distance de Ù9 à 50 lieues qui est rintervallé entre Orléans etto Crofftièr« d^Auvergnâ» cc^nt soixante millç pas, dit Cés^r. Dt^abord ie transport^ son en lui-même n'est rien, puisque. Iiti!ite4^ du ^n étant de Zà7 mètres par seconde, le parcours dei;Cinqu9nte lieues ne demande que de neuf à dix minutes. Le procédé serait donc excellent s'il ne fallait tenir compte diLtemps perdu à chaque station. En supposant que la sentiwAlejqui jette son monosyllabe y mette trois secondes, que la sentinelle suivante, avant de s'être retournée à Topposé et de commencer à crier à son tour, mette douze secondes, ce qol est certainement calculer bien largement , nous avons doné une dépense de quinzei secondes k chaque station. Reste à savoir combien de stations soni nécessaires. M. Monge, par des expériences faites sOr l'esplanade des Invalides, prétendait s'être assuré qu'on cessait d'entendre distinctement des mots criés à une distance de plus de 91 mètres. C'est bien peu% Il est évident que l'esplanade des Invalides n'était pas im lieu dans les meilleures conditions pour une pareille expérience, et que dans le fond d'une vallée, par exemple, il n'est pas rare d'entendre le son proféré par de bons poamons s'étendre Jusqu'à deux kilomètres. De plus , fl est manifeste qu'un mot tant soit peu loiiç cesse d'être distinct à une distance incomparablement moindre qu'un simple monosyUal>e. Ce n'est donc pas sur des mots, mais sur des monosyllabes qu'il eût fallu faire l'épreuve. Aussi les observatious de Monge ne furent^lles pas acceptées. lie général de Bonal, qui en publia une critique flans les Mémoires de l'Académie celtique , prétendit qu'une distance moyenne de 500 mètres entre deux stations consécutives était plus que sufELsante , ce qui réduisait le nombre de crieurs entre Orléans et la frontière d'Auvergne à 352 au lieu de 3630, comme l'anraitvoulu le calcul de M. Monge. Pent-être ces deux évaluations eont-*elles exagérées en sens contraire, et aussi semble-t-il que l'on peut avec plus de vraisemblance sup* poser les crieurs à 900 mètres l'un de l'autre, ce qui en fût 5 par kilomètre et par conséquent 1000 pour 50 lienes. En nous reportant à notre compte de 15 secondes par cri, nous n'aurions donc en somme qu^une durée de quatire heures vingt minutes pour le transport , tandis qu'en adoptant le diiiTre de M. Monge nous trouverions à peu près onze heures. Même avec ce calcul la nouvelle aurait donc pu franthfar da matin au soir Tespaee voulu. Mais il .faut bien attribuer quelque chose dans un semblable compte aux sentinelles négligentes, et c>st ce qui faittpie, mêmeavecla disposition que nous proposons, il ne ttOusaeml>le paséumnant qn'il ait fallu , comme le dit César , toute la Journée avant que 1^ tri ne s'enténdtt aux frontièresd^Advieiigne.

Il y a un point que les auteuis ne me qembiem point avoir remarqué et auquel IV n^Mlt pas inutile dç (aire attention : ç*est l'importance qu'il devait y avoir k transmetnre k mot d'ordre monosyllabe par liranosyllabe, i|u Heu de le crier tout d'un trait. Supposons en effet que le mot ou. la pfaraae , pour ifttre articulé distinctement, denwidftt douze secondes, ce sera donc vingt-quatre secondes ^n to«t quise dépenseront à chaque station , c>st-àHlire 4 pea près le double de ce que nous-avions trouvé précédemment;. et le transport de la dépêche, au lieu de4emander qiatre heures, eh demanderait huit. Tandis que si le crieor, après avoir trananis un monosyllabe, -en transmet un seeood et ainsi de suite Jasqu'^ iVntier achèvement de la pM^se, ià est nsanifeste que la dépêche 4otsi» arrivera dans un temps égal; au transport d'un monosyllabe, phM le petH nombie de fcoflades nécessaire pour qn^nii'aeidiiiaur^t articulé toute sa phrase. C*est une : grande différence , qui tient à cexpie^dans un cas , il n'y a jamais qu'un crieur an travail , tandis que dans l'autre il y a toute une^^e qui opère en même temps.

DÏTeste, rien de {ilas fkdie.à tomprendre que rétablissement de ces lignes de correspondance autour des points où Ton sav9it:4*ivance qu'il devait se passer'de granfl<*s choses.

;soit dans les opérations de la guerre., snii d^ns las dt^llb^raitions des asseinblées politiques* Il kilTi^ail de mettre en. iréquisition les habitants de la campagne, même les Genvnes^ et les enfantSL Cette institutfon est une preuve de plus de cet ;eq)rit particulier d'Invention que lés anckns s'accordaient^ ù. reconnaître aux Gaulois , et qui se témoigne par tant de * découvertes ingénieuses qui leur sont attribuées. ^

ANCIBN USAGE DESSI^ROftÊS

ET CADERAS ▲ COMBINAISONS^

L*usaged€s serrures remonte à uju* haute aDtiqMîté. Déjà/ diî tempîi d'Homère , les porie*i éiaieni munies d'une espèce* de fermeture de ce genre, Le^ nbmâîa^ donnaient k nouHe* cfe/> l&cédémmienneê aux clefs à broches irï angulaires, Q^ nom indique, sinon rorigioe vdriuble, au moins le pays â*oii les Horaains avaient importé dieï eux rinvenlion.'

U serrure ça bois, encore acîueîlemenl «ngïoyèè én'J Egypte, et qui remonte sans doute â uoe liaute antfejuil**, tï^i; du nombre de celles que Ton peut appeler à cotnbtnaison , ' piîrçe qu'on ne parvieni â les ouvrir qu'avec une clef dont la' construcaon eM combinée avec Hnl^rieur de la serrure eîJe-' même.

Joseph Braraah, mécanicien anglais, a Imaginé une serrure^' qui n*est, à proprement parler, qu'une imitation de celle de» Êgypdens.

On a un cadre rectangulaire MN, dans les deux petits côtés duquel sont pratiquées deux rainnrts A et B. Un pêne ay est engagé dans ces rainures ; il s^agit d'enlever ou de rendre, k volonté, une mobilité parfaite an pèpe entre ces rainures.

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Fig, I, Serrure de Rramali.

Pour cela, des lames d'acier ou de fer, Ç, B, E, F, G, H; • • ont été engagées & la fois dan!^ ks deux parais supérieure et inférieure du cadre et dans le pêne AB, m moyen (Pentailles pratiquées dans ces paroh et dans ce p^ne. U^uù autre cOté, des entailles .c, d, e, f, g, h, ont anssî élÇ dlabllcS dans les lames C, D, ï;, F, G, n, à des hauteurK dîfliÉrenies! Tant que ces dernières entaiNes ne seront pas lomes montées exactement à la hauteur du pêne , celui-c! sera arrt^ et conservera une Immobflilé complète. Au contraire , il y * une position des. lames telle que toutes le<t entailles c, d, é^ ffQ.K le laissent passer à la fois et lui permettent de «fc mouvoir horizontalement» On obtient cette position d'un seul coup au moyen de U def 00 , dont les panneions ! , 7: 3, A, 5, 6, sont tous de longueur» inégales et corre^x^udiuit* à la distance où les entâiiics dés lames se troioveUt du ^e

BIAGASIN PITTORESQUE.

Une pareille sernire , oq le conçoit , u'^est pas susceptible d*èlre crochetée (i)«

Parmi les peuples européens , les premières serrures un peu artistement faites ne remontent guère en deçà du seizième siècle. C'est à cette époque que furent imaginés les cadenas à combinaison , qui ne peuvent être ouverts que quand on a la connaissance du mot sous lequel ils ont été établis.

Les flg. 2 , 3 et /i sont exactement reproduites d'après la Logiilique ou Arithmétique de Butéon , publiée à Lyon en 1559. Cet habile mathématicien est le premier auteur français qui ait décrit les cadenas à combinaisons, et il Ta fuit avec assez de clarté pour que notre tâche puisse se borner à traduire presque littéralement le passage qui les concerne ; la Logiêiique est écrite en latin, ( Voy. p. 312 de cet ouvrage, qui est rare aujourd'hui.)

« Il y a des serrures qui sont faites en airain ou en fer, de telle sorte qu'elles offrent une fermeture solide et qu'on peut les ouvrir sans aucune clef , mais seulement en connaissant leur secret On les fait ordinairement sous la forme d'un cylindre foré de part en part dans le sens de son axe. Ce cylindre se compose de six parties, savoir : deux anneaux fixes servant de base, et quatre anneaux intermédiaires qui sont mobiles autour de l'axe , et portent tous intérieurement une entaille semblable à celle que l'on voit tracée sur la Ogurc 3.

Fîf • 3» Cadenai ouvert, U clef dehon.

Fig. 4. Clef fixée dans Tun des anneaux extrêmes.

» Lorsque les anneaux sont disposés de manière que toutes leurs entailles soient bien alignées, on y introduit une clef à ttte large , munie d'un appendice (fig. /i) , et sur l'axe de laquelle sont fixées quatre dents qui passent librement à travers les entailles alignées. La position qu'il faut donner aux anneaux poiur aligner ainsi les entailles intérieures , qui sont cachées, se reconnaît aux aux lettres gravées extérieurement, lettres qui ont été inscrites de manière à former un mot n suifit d'un léger changement dans la position des anneaux mobiles pour que la clef ne puisse plus être retirée ; et la serrure restera fermée tant qu'une seule des dents de la clef rencontrera la partie pleine et non l'entaille d'un anneaut c'est-À-dire, tant qu'on ne remettra pas les letures dans h p(»itk>n où elles étaient d'abord. Presque tous les cadenas portent six lettres. »

(i) La figure et la description de la lemire de Bramali sont empruntées à l'excellent Dictionnaire des arts et roanufacIurGS , de M. Charles Lalxiiilaye (1847).

Ahisi , dès 1559 l'usage du cadenas à combinaison était connu.

Antérieurement à cette époque, dans le livre tî i du traité De iublilUate de Cardan , publié pour la première fois à Nuremberg en 1550, on trouve la description d'un cadenas de ce genre, dont l'invention est attribuée par Cardan à ianellus Tunianus de Crémone, habile mécanicien qu'il cite en différents passages. Nos figures 5 sont la reproduction exacte de celles de Cardan. Elles montrent qu'il s'agit là d'un cadeoas à sept lettres , et Ton y remarque certains détails qui portent à croire que l'on pouvait , à volonté, changer le mot SERPENS sous lequel on avait établi l'ouverture du cadenas. Mais le texte de Cardan est tellement obscur, dans l'original aussi bien que dans la traduction française qu'en a donnée Richard I^blanc ( [^aris , 155G) , qu'il n'y a aucune certitude ù ce sujet En tout cas, cet important perfectionnement a été imaginé ou au moins renouvelé en 1778 par le prieur des Célcsliiis de* Sens. Il consiste en ce que Péchancrure ^ pour chaque anneau, soit pratiquée dans un cercle dilTcrcnt de celui qui porte les lettres , et pouvant se mouvoir à frottement dur dans rinléricur de celui-ci. Avec quatre anneaux portant chacun vingtquatre lettres le nombre des combinaisons possibles est de 331 776.

Suivant quelques auteurs allemands, ce serait à Hans Ehemann de Nuremberg qu'il faudrait altilbuer l'invention du cadenas à combinaisons en 1540. On a cité aussi Alexis Carrara de Padoue comme l'inventeur d'un cadenas qui aurait été usité à Venise avant 1522 , de l'espèo: de ceux que l'on appelait diez nous cadenas des jaloux. I>c cadenas à combinaison du genre de ceux de Butéon et de Cardan , porte depuis longtemps aussi le nom de cadenas à rouleaux.

Fig. 5. Cadenas de Cardan.

— Sur le chemin de Sa vie , la médiocrité est une hôtelle* rie que vantent tous les voyageurs , mais où nul ne s'arrCte qu'alors que sa voilure s'est brisée.

— La liaine que nous portons à nos ennemis nuit mohis à leur bonlieur qu'au nôtre.

— C^est ajouter à son mérite que de reconnaître celni d'autrui.

— L'orateur qui dit trop est une horlo^ qui sonne l'heure à la demie.

— Les hiterprétations des belles Ames sont comme des creusets où semblent se purifier les fautes du prochain.

— Un grahi de sucre tempère l'àpreté du liquide agité dans un vase : ainsi le sentiment religieux au fond de l'âme émue y adoucit les amertumes de la vie.

— Les bonnes actions semées dans notre carrière germent et deviennent fleurs pour embaumer nos souvenirs.

— En haine des hommes supérieurs , l'envie (ait on éloge outré des petits ulents , croyant ôter ainsi à la stature des géants ce qu'elle ajoute à la taille des nahis.

J. PBTlTSiUlir,

BUREAUX D'ABOIf If EMEUT ET DE TEHTI9

rue Jacob, 30, près de la rue des PeUts-AuguaUnai

Imprimerie de L. Maitiiikt, rue Jacob| 3o» L^

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