S. 2. INSIGNES DE LA ROTAUTÉ OU DU GOUVERNEMENT
insignes de la royauté sous Childiric i", — Le monument le plus ancien des emblèmes de notre monarchie est le sceau d'or de Childéric !•% roi des Francs, mort en /i 81, et retrouvé avec d'autres antiquités fort précieuses dans sou toml)eau , près de Tournay , en 1653. La figure gravée sur ce sceau (voy. fig. 3.) qui n'est autre que le portrait même du roi , représente un jeune homme , la tête nue , couverte de longs cheveux, vêtu d'une tunique et portant une lance ; avec ces mots : childirici régis. (Sceau de Childéric, roL) A cOté du roi, dans le tombeau, se trouvaient sa lance, son épée, sa hache, un globe eu cristal et enfin un nombre considérable d'abeilles d'or hier notées de pierres rouges (i), les unes aveugles et les autres avec des yeux. (V. fig. /|.) Jean-Jacques Chifflct, chargé par le gouverneur des Pays-Bas de décrire et de publier ces curieux monuments, s'eiforça de prouver, en alléguant la présence de ces abeilles, que c'était là le premlcc
(i)Voy. i847.p.3««. Or-loT^
et le véritable emblème de la monarchie française et que les fleurs de lis n'étaient qu'une imitation ignorante ou dégénérée de ce symbole. Mais cette opinion , complètement arbitraire et dénuée de preuves raisonnables, n'a jamais obtenu de crédit dans la science.
On chercherait vainement sur les monuments des cinq première siècles de la monarchie, une série de symboles quelconques constamment et régulièrement affectés à la représentation de l'autorité souveraine ou publique'. Glovis, revenu à Tours en 507 après avoir vaincu Aiarik , reçut dans celte ville le titre de patrice et de consul que lui envoya l'empereur Anastase. Dès lors et à l'imilalion des empereurs d'Orient , le roi des
Francs se para des marques de la souveraineté , telles que U pourpre , la chlamyde et le diadème. Mais ce dernier insigne ne reparaît pas dans les monuments figurés des successeurs immédiats de ce prince. Le sceau que les rois de la première race appliquaient , comme signe de leur autorité , sur leurs diplômes, ne présente ordinairement qu'une tête de face du travail le plus barbare , couronnée seulement de la longue chevelure mérovingienne, signe de la royauté chez J|||^ Francs, avec le nom du roi pour légende. Tel est le sceau de Childéric, que nous «vous déjà décrit (18â6, p. 272): la fig. 5 représentant le sceau de Childebert lit en fournit tin nouvel exemple. Sceau des rois de la deuxième race, — Sous la seconde
Fig. î.
Fig. a.
Fig. 3.
Fig. 4.
Fig. 5.
Fig. 6.
Fîg.7-
dynastie , l'image s'agrandit et nous offre une tête de profil l>arbue , les cheveux courts et presque toujours couronnée de laurier (Voy. fig. 6. le sceau de aiarlemagne). Cette empreinte, dont le roi se servit au commencement de son règne, parait être le produit d'une pierre antique , enchâssée dans le cercle qui porte la légende : t Christe, protège Carolum^ regem Francdrum (ô Christ l protège Charles, roi des Francs). On connaît un autre sceau du même prince, sans légende, et dont Charlemagne se servit comme empereur. Il
offre l'empreinte d'une intaUle du plus beau travail, représenunt un Jupiter Sérapis; l'empereur le rapporU probablement d'Italie en 77/i. (fig. 7.)
La suite à um autre UvroUan.