OLEVANO
Vue d'Olevano dans les étais romains. — Dessin J'Aligny.
De toutes les villes des environs de Rome , aucune n'attire pins de peintres que Subiaco qu'embellissent des bois , un lac» des grottes, des rochers, des cascades et un vieux château ruiné. Ce charmant pays est situé à une douzaine de lieues de Home , sur la route de Naples. Trois lieues plus loin , un peu sur le côté de la route, les paysagistes aiment à retracer sur leurs albums le Joli village d'Olevano, dont notre gravure reproduit le site pittoresque. Cet endroit ne se recommande toutefois dans l'histoire que par le voishiage de Subiaco et d'Anagni, lieux qu'ont illustrés saint Benoit et Boniface Vin, dont les noms figurent à des titres si différents dans les fastes de l'Italie ecclésiastique.
On sait que saint Benoit fit en lulie, et plus tard» par ses disciples, dans tout l'Occident, pour la régularisation de la vie monastique , ce qu'avaient (ait avant lui en Orient saint Antoine et saint Basile. A dix-sept ans, il renonça aux honneurs auxquels le destinait sa famille pour se retirer dans une grotte solitaire, auprès de Subiaco. Sa retraite, devenue d'alxHrd un lieu de pèlerinage pour quelques pâtres, fut bientôt le centre d'une congrégation formée de ceux qui étalent venus l'entendre et qui avaient voulu se mettre sous sa direction. Des persécutions obligèrent Benoit à s'établir au mont Gasshi , où le couvent qu'il fonda prospéra rapidement. Le roi des Ostrogoths, Totiia» vmt lui-même s'entretenir avec le célèbre réformateur qui, le premier, fit renoncer les ermites d'Occident à leur oisiveté pour se livreV à la culture des lettres alternant avec celle des champs. On sait avec quel succès les Bénédicthis luttèrent contre la barbarie qui vint envahir l'Europe au commencement du sixième siècle. Leurs colonies, jetées au milieu des peuples germaniques, furent autant d'écoles de civilisation , d'industrie et de défrichement. Saint Benoit , mort en 543 , n'en vit pas les immenses développements ; mais ses premiers disciples, Placide et Maur, furent accueillis dans la Sicile et la France , comme il l'avait été lui-même de l'Italie.
Quant à Boniface VIII > chacun connaît ses démêlés avec Philippe le Bel. Ce fier pontife, qui écrivait dans sa bulle Unam sanctam : « Quiconque résiste à la souveraine
ToMi XVL — Juin 1848.
puissance spirituelle résiste à Tordre de Dieu , à moins qu'il n'admette deux -principes , et que par conséquent il ne soit manichéen , » déclara à Anagni , en présence de quelques évêqucs français, « que si le roi ne devenait sage, U saurait le cliâticr comme un petit garçon et lui ôter sa couronne, n Philippe, de son côté, envoya des hommes dévoués pour intimer au pape l'ordre de se rendre à Lyon , où il avait convoqué un concile général pour le faire Juger. Le 8 septembre 1303, Guillaume de Nogaret , avocat du roi , et Sclarra Colonne , à la tête de 300 chevaux et de quelques compagnies de gens de pied, entrent dans Anagni aux cris de : « Meure le pape Boniface I vive le roi de France ! » Boniface, accablé d'outrages, est retenu prisonnier dans son propre palais. Quatre jours après, les habitants d'Anagni courent aux armes en criant : • Vive le pape ! meurent les traîtres l n Ils délivrent Boniface qui se fait transporter k Rome, où il meurt d'une fièvre contmue le il octobre. Ses docUrines ont trouvé un adversaire immortel dans Bossuet (vohr la Défense de la déclaratioa de 1682).
MÉMOIRES DE GIBBON
Suite. — Voyez p. i5f, 197.
Tout homme qui s'élève au-dessus du niveau commua reçoit deux éducations : la première, de ses maîtres ; la seconde , plus personnelle et plus importante, de lui-inême. Jamais il ne peut oublier l'époque de sa vie, où son esprit, en se développant , a pris ses formes propres et ses véritables dimensions. Mon digne maître eut le bon sens et la modestie de discerner jusqu'où il pouvait m'être utile. Aussitôt qu*il eut senti que je le gagnais de vitesse et passais sa mesure, il me laissa sagement à mon impulsion naturelle, et les heures de leçons se perdirent bientôt en un travail volonuire de toute la matinée» quelquefois de tout le jour. Le désir d'allonger le temps me fit prendre peu à peu et fortifia l'habitude salutaire de me lever de bonne heure. J'y suis toujours demeuré fidèle, ayant quelque égard cependant aux
ei aux circonslances. Il est heureux, pour mes yeux et pour ma santé , que mon ardeur n'ait jamais succoml)é à la seducllon de prendre sur les heures de la nuit.
ie pub réclamer ie métite d'une application solide et Kérleiwe j^m It's trois dernlèrts années de mon séjour à r^iisaime ; m ^ je disfiiifftie surtout les huit derniers mois (le 1755, comux' IVpuque d^ ma pins grande application et (!c mes plus rapides prof^rK J'adoptai pour mes traduclfoiis fiuji«;alsfH fi laliiies mu- méâu)de excellente , que,d'ap^^s :M!i suecèfi, je r^cofuninnde volontiers à rimitalion de ceux qui i-uidtrut. Je lU 4|rh\ de quelques écrivains classiques , ïvh ijHt^ i Jc<^ron H Ve* lui , les plus estimés pour la pureté et rélffgaiHi' du ii>1e, Ji^ iiaduÊÂIs, par exemple, en français, une éj^hre dr Ckér^n , < l la laissant de côté jusqu'à ce que kii mois l't les plinisi^!^ Jussenl effacés de ma mémoire, je^ riH^jN^mu^ de moi) iiiIimix le français es lathi, et comparais (*ns»ll«* fliaqiie p*ir.Tvi^ de mt v^r^îon imparfaite avec l'aifianc**, U prïlcc » IN'v.irMUïdo d*- lV*tMî«'i»r romain. Pareille pxp«>iirHri< U\i ïdîU' sur ptuhkMrs i^ap"* des révolullons de Vei'tiTL .K' k% mHUus ¥n btin » ks rcmeuais en français aprN ni) jnierv.dli' sti^vitit « H iwJm'it] mis encore avec soin \a ri'sm*mMimcv «m U cftW^^v nvt? «4*11 v U copie et Toriginal. Vvu 4 prtî ]t* lus plus rnrilmi de ntcji , et je poursuivis la prattqtic dt* Oih douhBî*^ ^ei'TNi'iiiTi qui riMiiplirent plusieurs voliimt^s^ jusqn'à cl' qin* j\ni^!«* .irquîs I.1 connaissance (tes dieux idii»n\«^ , et Jliiiijiindf' ati moins d'un style correct. t>ï Dtilii Pïeicîc!" Hb\\ îii rimipagiii? h fui suivi de la lecture (h-s fii**dlt.Mn^ ;it)ti^tn?v , iwM'itpatioti phis agréaMe^ Oelle des cia.vslqut^s dv \Umu* t'i;iii fi |.j uAt^ nu travail el mie récompense, li'hlstoire du docteur Middieion, que j'appréciais alors au-dessus de sa valeur réelle , m'amena naturellement aux ouvrages de Gicéron. Je lus avec plaisir et ationtion toutes les épRres, toutes les oraisons et les plus im()ortants traités de rhétorique el de pltilosq>hie ; et » i mesure que je lisais , j'applaudissais ù cette observation de Quintilien : « Que tout homme qid étudie, peut juger de ses progrès par le plaisir que lui fait éprouver Forateur romain, n Je goûtai les beautés du langage, je respirai l'esprit de lib4M'té, cl ses exemples et ses préceptes me pénétrèrent des soiitimeiits publics et privés qui conviennent à un homme.
Gicéron , chez les Latins, Xénoplion , chez les Grecs» sont en eiïei b s deux anciens que je proposerais les premiers pour modèles à Tiiomme de lettres d'un esprit élevé , non seulement à cause du mérite de leur style et de leurs sentiments, SMis en nuire pour le« admirables leçons applicables i presque tomes les sKuations de la vie publique et privée qu^on y Imnve. J^es éplires de Gicéron en particulier, offrent des modèles de toutes les formes de correspondance depuis les ^panchemenis négligés de la tendresse ft de i'amilié jusqn'mu déclaralious mesurées d'un noble el discret Ttsseptiment.
Après avoir aclievé la lecture de ce grand auteur, bibliothèque d'éloquence et de raison , je formai le plan plus étendu de repasser les classiques latins sous les quatre divisions : !• d'historiens ; 2* de poètes ; 3* d'orateurs , el li* de philosophes , d\iprès un ordre chronologique , à dater de liante ei de SalUisto jusqu'à la décadence de In langue et de l'empire de Rome ; et je mis ce plan presque à exécution dans les derniers \ii>gt-sept mois de mon séjoar. à liausanne. Ceite revue, quoique rapide, ne fut cependant ni précipitée ' ni superftcieile. Je me livrai avec goût à une seconde et même à une troisième lecture de Térence, Virgile , Horace , Tacite , etc. , et je m'étudiai k me pénétrer do sens et de l'esprit les plus analogues aux miens. Jamais je «^abandonnais un passage difllcile on corrompu que je ne l'ënsse retourné sous tons les aspects dont il était susceptible. Je consultais toujours, quoiqu'en pure perte souvent, les commentateurs les plus savants et les plus ingénieux : Torrentius et Dader sur Horace , Gatrou et Servius sur Virgile , Jn«te Lipse sur Tacite» Meziriar sur Ovide ; et j'embrassai dans Tardeur de
mes recherches un cercle étendu d'érudition historique el critique. Je fis en français les extraits de tous ces auteurs. Mes observations s'étendii'enl quelquefois jusqu'à devenir des essais particuliers ; et je puis lire encore sans rougir une dissertation de huit pages in-folio sur huit vers (287-396) du quatrième livre des Géorgiques de Vii-gile. Mon ami M. Deyverduu était uni avec un zèle égal , mais non pas avec ime égale persévérance, à cett^ entreprise. Gequeje pensais, ce que j'écrivais, lui était aussitôt communiqué. Je ^ulssals avec lui i\e% avantages d^uue libre conversation sur les w^tU de nos éludes communes.
Mais il est à peine possible , pour un esprit doué d'une cunosilé un peu active, d'être longtemps en familiarité avec les classiques latins sans aspirer à connatire les originaux grecs ciuils célèbrent comme lcui*s maîtres, et dont ils recommandent avec tant de chaleur l'étude et l'imilatlon.
CVst vers ce temps que je regrciiai le plus amèrement mes premières aimées perdues dans l'oisiveté, ou dans la maladie ou une lecture presqtie oiseuse. I^s leçons de INivUHard cootribuèi*ent à m'aplanir l'entrée de l'alphabet grec, la grammaire el la pi*ononciation , conformément à l'accent français.
A mes vives insianees, nous osâmes ouvrir IfHnde, et j'eus le plaisir de contempler, fueiquc confusément et à travers un verre, l'image véritable d'Homère que J^avals admirée déjà depuis longtemps sous le costume anglais. Mon maître m'ayaut laissé à moi-même, je As mou chemin à travers environ la moitié de l'Iliade, et bientôt jluterpvétal seul une gnnde partie de Xénophon et d1léi*odote. Mais privé d'aide et d'émulation , mon ardeur se refroidit par degrés ; et du stérile travail de chercher des mots dans un dictionnaire , je revins à la conversation libre et familière de Virgile et de Tacite. Gcpendant, dans mon séjour à Lausanne, j'avais jeté desiondemcnts solides qui me mirent en état, dans un tempe plus propice, de poursuivre l'étude de la httérature grecque.
Pendant deux années, à l'exception de quelques courses sans but d'un jour ou d'une semaine , je demeurai fixé à Lausanne. Mais à la fin du troisième été, mon père consentit à me permettre de faire le tour de la Suisse avec Pavilliard ; et une courte absence d'un mois fut une récompense et on délassement de mes études assidues. La mode de grimper les montagnes et de visiter les glaciers ne s'était pas introduite encore par l'exemple des voyageurs étrangers, curieux d'observer les sublimes beautés de la nature. Mais les sites politiques du pays ne sont pas moins diversifiés par les formes et l'esprit de tant de républiques différentes. J'observai avec plaisir les nouveaux aspects que m'offraient les hommes et les mœurs , quoique ma conversation avec les habitants eût été bien plus instructive et plus libre, si j'avais possédé l'allemand aussi bien que le français. Nous iravcrsftmes la plupart des priiicipales^lles de Suisse : Neuchàtel, Bienue, Soleurc.Arau, liaden, Zurich, Hàle et Berne, Partout nous visitâmes Us églises, les arsenaux , les bibliothèques et les personnes les plus distinguées; et après mon retour, je composai en français, ï la faveur de mes notes , un journal de quatorze on quinze feuilles, que j'envoyai à mon père comme une preuve que mon temps et mon argent n'avalent pas été dépensés en pure perte.
Mon avidité de m'instrnire, et l'état languissant des sciences à Lausanne, m'excitèrent bientôt à solliciter une correspondance littéraire avec plusieurs savants, que je n'étais pas à même de consulter personnellement, i* J'écrivisà M. Grévier, successeur de RoUin , et professeur de l'^jQiversité de Paris, qui avait publié une belle et estimable éditiop de Tite-Live ; je lui proposai une correction d'un mot do texte , sans laquelle le sens me paraissait inûitelligible. Sa réponse fut exacte et polie ; il donna des éloges à ma sagacité, et adopU ma conjecture. T Je soutins une correspondance en latin, d'abord anonyme, ensuite sons mon nom, avec le professeur Breilinger de Zurich, savant éditeur dàint^ lUbled^f^ptailie. igi ize y ^
Duu no» lettres fréquentes, nous discutioas plosiears qae»îlOQ^ de l^ADtiquité , plasiears passages des cUssiqaes latins. Je fNn>posais mes imêrprétations et mes corrections. Sa censurer car il n^^mrgnatt pas ma bardiefse à conjecturer, était déliée et vigoureuse ; et j*eus le sentiment encourageant de ma lorce, en me vc^i^t librement aux prises avec un critique de cette éminenoe et de ce^le érudition. 3° Je correspondis Mir des sujets 8emt)lai»les avec le célèbre professeur Matbieu Geaoer, de TUniversiié de Gottingue , et il accepta , avec autant de politesse que les deux premiers, Tinvitation d*an jeune inconnu, Arlais sans doute qu'il était déjà i^ïsêé ; ses Idires, extrêmement travaillées, étaient faibles et prolixes ; et, pour réponse aux directions particulières que je lui avais demandées , la vanité du vieillard couvrit une demi-feuilie (le pnpier d'une énumération assez folle de se^ lili^s et de ses places.
Ce fut le il avril 175$ que je pris congé de Lausiinne , avec un mélange de plaisir et de regret, dans la ferme résolution de revoir , en homme , les personnes et les lieux qui axaient été si chers à ma jeunesse. Nous voyageâmes lentement , mais agréablement , dans une voiture de louage , à travers les hauteurs de la Franche-Comté , les fertiles provinces de Lorraine , et passâmes sans accident , et sans être rechei^cliés , au milieu de plusieurs villes fortifiées des frontières de France ; d'où nous entrâmes dans les sauvages Ardennes du duché de Luxembourg ; et , après avoir passé la Meuse à Uége, nous traversâmes les bruyères du Brabant et atteignîmes , le quinzième jour, notre garnison hollandaise de Bois-Ie-Duc A notre passage k Nancy, mes yeux jouirent agréablement de i'aspeot de celle ville belle et régulière , ouvrage de Stanislas. Après m'être séparé de mes camarade:», je m'écartai pour visiter Rotterdani et la Haye. J'aurais i)eaucuup désiré d'observer ce pays , monument de la lil>erié et de l'industrie ; inai* nies jours étaient comptés , et un plifB long délai aurait eu mauvaise grâce. Je me hâtai de m'emtiarquer à la iirille ; je pria terre le jour suivant ù liai wjch et me rendis à iKHidi'es, oè mon père attendait mon arrivée. La durée entière de ma première absence d'Angleterre avait été de quatre ans dix mois et quinze jours. /^ $ui$$ à UM autre Horaiêon,
DÉPENSE ANNUELLE D'UN MÉNAGE ÉGYPTIEN , AU ClIRC
En entendant parler d'un ménage composé de plusieurs femmes et d'esclaves , en se figure qu'une fortune considérable est nécessaire pour vivre en Egypte, surtout lorsque la vue des ornements du costume rappelle l'idée du luxe proverbial de l'Orient. Le tablean suivant peut servir à rectifier celle erreur, et à éubiir qu'une exirêoK sobriété et le bon marché des vivres sont les oiuses principales de la richesse des l^gyptiens.
hic, environ 400 pia&lies.
— Mouluris . , . . . 5u
— Cuiason 40
l'iuiide 5.>u
Légumeii iHi
JHu 100
Beurre l'oiiUii ..... auo
Café ità
Tuhac too
Sucre 100
Ean 100
Conibvutible : bois. . • 7 S
dMMrlMn. 100
Huile à brûler .... ii5
(Uiaudelle. ...... 100
Suxuii 90
Tulal a6ou piastres.
Celle somme équivaut k 650 francs , ei suftil à la consom-
matkm d*un Immme et de trois femmes de la classe moyeime^ Le tabac, qui représente une dépense de 50 francs , est entièrement consommé par le maître de la maison ; il est rare que les femmes pauvres et celles des classes intermédiaires se permettent de fumer.
LA MAISON OU JE IJtf&MEUKË.
SiiiUî — Vov, p. lot.
MATéniAUX DE LA CHARPENTE.
Je VOUS ai dit que la- charpente de la maison oé^e demeure est principalement composée d'os. Avant d'aller plus loin, je dois vous donner une idée de Ur structure de ces os et des substances qui les composent.
Structure des oi, — Lf: t>ok est roMjpli tic pciiu imiis. Si vous approches de vos livres un mnireau (k. bflîs niinc** et poreux, en soufflant foilemenl voti** seiitircE Ta tr sortir k l'autre extrémité. Gela um> montre qu'il y a de pelîls trous ou tuyaux qui traversent tout le morceau. Si xom poiivlea souffler assez fort, v<nis fiTicî piiî»>rr de l'air à travers toute espèce de bois. Le pfiysicien, avec ck*'. madiint* appropriées, fait passer de l'eai» on du vif argrnl à îravers k buh le plus dur.
Mais vous ne pourries agir de même avec ks pi<H:cs de la charpente de la maison où je demeure. Cela vous montre que, quoique la conformîftion Intérieure des os soil en apparence semblalile , elle est pourtant très-différente de celle du bols. J'essakni de vous montrer en quoi elle diffère.
Forme <ls« nf, -^ Les os sont de trois espèces : les os longs, les os plats op larges et les os ronds. Les os longs uni un conduit cylindiique presque dans toute leur longueur , qui renferme la moelle; les autres os n'ont pas cette cavité ; ils ont cependant beaucoup de pciiis Uxmii ou cellules k l'intérieur; quelques uns, quand on les brise, ont l'appanMicc d'une dfNMife ou d'un gâteau de miel. Quelques-uns (Uvs os longs, outre la cavité qu'ils possèdent, sont aussi spougieuv ; ils sont ordinairement pHis gros aux extrémités et les pciiies cellules sont plus marquées. Vers )e miileu, les os sont plus petits , plus durs et renferment nmins de cellules. Tous les os sont durs à l'extérieur : l'inlériettr des dents n'est p;is plus dur que les autres os , mais l'extérieur est recouvert d'utio substance nommée émail qui est très-dure.
DeserifUan particulière des os, — J'ui dit qnu les os longs et roiuls, tels que Vhumerms eu os du bras, et le fémur ou os de la cuisse , sont creux et reu ferment de la moelle dans leurs cavités: celte moelle remplit à peu près ces cavités (1).
Une membvane mince ci délicate qui garnit aussi la moelle double les cavités ; elle double également les celHiles des os spongienx : ces cellules sont remplies d'un liquide en petite quanlité.
Les nssont traversés p«r des itousi i{m nervent de eoii<iuIt^ à des artères; celles-d foitniisscjit le sanjj qui alimcnii.^ Itîs os; une veine sort par la jurme ooveruire et ramtîTie k s^ing après qu^l a rempli son oiUcr. Vous ùi'"» étonné qrnï je f*ailn de sang dans les os; il y ( n » ptitiriaril, mais en peiile qumtilé. Oc sang , avec se» vai^iiininx ^ l<^s nerfs , les membranes qui les garnissent, la mo^lh^ et k^ tlîviM\H liqul«U<», forment un poids de plusieurs livres : < ar lon^^tic k*s os d'un anlmnl quelconque ont été de8sé< he^. \U diminuent de la woiis^^ tle leur poids primitif. Le système iW^ os iln ct*r|>^ hmnmx pufaitement desséché pèse de 8 & 12 livres.
Lorsque les os vous paraîssetJt lont à fàît secs, si vous les brûlez dans un feu vif pendant longtemps, vous diminuerez encore beaucoup de leur poids, je crois de la moitié. Ce cpii brûle est la substance animale, principalement composée de
(x) I.is os Je< uiiiiii:iii\ i.nVeiit la inêiiic parlicularilê ; ci.'|>eiidaiil Its os 1 1rs <ii>enii\ sojiI \ulr> il j>!vins (.l'air, ccijuiesl U^ei« j.a:ic |)(juijes a.i«lir n vu!ir. --
gélatine , matière qui ressemble h de la colle ; ce qui reste est de la chaux combinée avec un acide qui forme du phosphate de chaux avec lequel est mêlée de la chaux carbonisée. . Le grand objet du Créateur en nous donnant celte forte charpente osseuse « a été de soutenir les parties faibles et charnues, et de leur donner de la solidité. S'il n*y avait pas d*os et que le corps ne fût qu^une masse de chair , qu'arriverait-il? Les jambes ne pourraient se soutenir et seraient écrasées sous le poids du corps. A quoi serviraient les bras ? Ils ne seraient d'aucune utilité.
Les os ont d'autres usages non moins essentiels. Vous ne pourriez les comprendre jusqu'à ce que vous ayiez fait connaissance avec les muscles et les tendons , qui servent au mouvement. Nous n'en dirons donc rien pour le moment.
Croissance des os. — A la naissance d'un enfant , ses os ne sont pas aussi durs que plus tard , lorsqu'il commence à marcher et à courir. Plusieurs même se composent de morceaux séparés, avec des cartilages entre deux ; après quelques années Us se rapprochent et se durcissent. Les os de la tête en particulier sont séparés dans les premiers temps de la vie, et sans nuire au tissu délicat et mou du cerveau ils peuvent un peu se croiser. En vieillissant , le crâne prend de la dureté et de la solidité , et il serait alors très dangereux d'écarter les os qui le forment.
Tant que nous nous portons bien , les os n'ont pas une
grande sensibilité, quoiqu'ils puissent devenir très-accessibles à la doulour dans de certaines maladies. Dans les amputations, le moment où le chirurgien scie l'os est la partie la moins douloureuse, quoique beaucoup de personnes croient le contraire.
Des vaisseaux dans lesos* —Uyh plusieurs trè»-petits vaisseaux sanguins et des nerfs qui courent en tonte direction au travers de petits canaux dans l'intérieur des os. On s'est assuré que le sang pouvait les traverser en faisant passer de force à travers , avec un appareil , une composition de cire rendue liquide et colorée qui représente le sang.
On a aussi remarqué qu'en nourrissant un lapin ou tel autre petit animal avec des racines de garance, les os se teignaient, dans un temps assez court, avec le principe colorant de la garance. La suile à une autre livraison.