LANCRET
X)*aprè$ Laucret.
Nicolas Lancret, peintre de genre, naquit à Paris en 1690.
Après atoir étudié successivement sous plusieurs maîtres, il
ie lia d*amitié avec Watteau, qui était alors le peintre à la
tnode , et s^appliqua à imiter sa manière. Sans doute il se
ToMi XVI. — Jotr.LiT 1848.
trouvait une conformité naturelle entre le génie de Watteau et le talent de son disciple , car, sans égaler le modèle qui! avait choisi , Lancrdt sut le rappeler souvent avec bonheur. et dans une exposition publique plusieurs de ses ouvrages^
tiO
furent aUribué.s à Watteau. Celui-ci , dit-on (mais il ne faut admettre qu'aTec réserTc ces dit-on), en conçut quelque jalousie ; il cessa toute relation avec Lancret , le considérant désormais, non plus comme un ami, mais comme un rival.
En 1719 , Lancret fut reçu à i*Académie sous le titre de peintre des files galantes ; en 1735, la faveur de la cour lui valut, chose étrange 1 une charge de conseiller. Honneurs et fortune, rien ne lui manquait : il était admis dans la société la plus élégante, fréquentait les salons les plus renommés, et comptait de Doml>reux amis parmi les grands seigneurs et les beaui esprits 4u tempe. Sa vie s*écoulait ainsi enlrp le plaisir et le travail ; à cinquante-quatre ans son talent , encore dlips toute sa force, semi)lait réservé à de nouveaux progrès ; mais tme maladie subite vint l'enlever à la fin de 1743. Lanctret mourut sans postérité ; il était marié depuis deux ans sf ulcipent avccla petite-fille de Boursault, Tauteur d'Ètops à la cour*
Ce titre de « peintre des fêtes galantes, » earactériif ais#f bien la nature du talent de Lancret. Il a ptint la natur# ga* lamment, avec: des couleurs et sous des traits de canv#ntfun élégante ; c'était à TOpéra , dit-on , qu'il allait chercher des sujets de tableau \ c'était aux illusion^ de la scène qu'il demandait la science et l'inspiration. De là , comme on peose , une manière factice , guiqdée , théâtrale ; des grâces apprêtées et faufies, une çpuleur mignarde et papillottée, des scènes 8aB9 vérité et saqs naturel Lancret a toute la recherche , toute rafféterie de WatieaUi 990s avoir sa grâce inimitablir , sa suavité de coloriS| sa poésie ({'invention et de composition, son génie enfin si pl^in d« charme et d'originalité (vay^ lur Watteau, 1834, p. 389)p Est-ce â dire néanmoins qu'il \f^ ajt aucune place pour l'éloge dans l'œuvre de Lancret, »t que rien de son succès ne |i)i ait survécu? Non, sans doute; 9^ peintures se di^tipguept encore par beaucoup d'élégance et de vivacité; si le naturel y qianque, elle* offrent une fiction agréable et riante, et réalisept ingénieusement toutes les fantaisies galantes du dix-huitième siècle. Bien loin derrière Watteau, Lancret eoiserve encore une supériorité visible sur ceux qui lui loflcédèrent dans la peinture dli genre, Boucher et Natoire, par exemple. Ceux-ci, outrent les défauts de leurs prédécemeMr» » deViiient (ailfuer Tirl npiit* rement et achever ie M'ioipplte du fn^uvaii goîll*
lA tableau de Lauffet que nous douuonff plue couqu per la gravure que per l'original (et c'est le sort de presque toutes les peintures du ipême auutur), s'intitule ia Terre : il porte pour légende cet vers empruntés sans doute 1 19 wuse de quelqu'un 4e| ^ombreux faiseurs de géorgiquf9t rfveux de Saint-L«mhert| de Pelflle et 4e RoucUer :
tê lerrt hit lûiijimri li mé^n 4# liumains ;
M^i* qu il* Mi iie^^tjil p9| que ion front se cpiureRRf
lie liHii In ricFiu* 4ii|i* fis Flure et de Poiitouf ,
lîir» it\^ jM^lfirikt eui*"! h travail de leur* mSMif*
Sun* li [ivum, «lU* i'«trl elle «•! tpiijoun »térilf î
Si^r M» fîû;uiidi|è \*on cùm\»\tiàii en vaio.
Si \tA ffuiii. I«i pitii l>eiiux se foripeat daoi foii feillf
Il Uui h? dé^liirbl' |iuur le r«Miire fertilf,
AU pied d*iut feetetae élégante, sur une peloqse fleurie , des dames et un marquif , lieureux courtisan de U beauté , semblent goûter |e« plaisire champétree. U» damée sont aii grande parure ; elles se disputent les fleurs et lei fruits épari sur le gaxon ; l'une d'elles , au second plau , s'arrête sous un arbre , et tend le pli de sa robe pour racevoir len dons de Pomone^ que cueille là haut quelque vilUgeois de fantaisie, sans doute un autre marquis déguisé sous res habite Pustiques, comme c'était la mode alors dans la meilleure comr pagnie. Je soupçonne également les deux jardiniers empres« ses , l'un avec son arrosoir, l'autre avec sa bêche, d'être qutU que peu vicomte ou chevalier ; ils ont pris un costume de campagne pour le plaisir de ces dames; ils Jouent avec beaucoup de naturel et de goât leur rôle de villageois ; voici auprès d'eux la serpe, le boyau, les instruments de labour et ée Teodange ; tout est donc assorti à leur apparence buco-
lique, et il faut regretter que la comtesse , que la marquise , que la charmante duchesse, ici présentes , ne veuillent pas compléter l'illusion en prenant la houlette et le jupon court de l'inoocenle Colette ou de la naTve Toinon... Auraient-elles peur de déroger, par hasard 7 Mais quel plaisir que de se métamorphoser en humbles bergères, et de faire paître de timides agneaux au milieu de cette nature élégante, sous ces arbres émondél avec art, au pied de cette riche fontaine, de cette naïade grecieuse , dont le marbre ne déparerait pas les eaux royales de Versailles l Au charme de la campagne et de la bergerie, se joindrait ici le piquant du contraste ; contraste d|l ruban avee la houlette , contraste de l'art avec la nature I Il faut avoir lu la préface que Saint-Lambert a placée en tête d<: son pplmedei i9at|0n# pour comprendre cette alliance bixerre de la galepierl* et de la pastorale, qui fut â la mode pendant U pluf brilliffle moitié du dernier siècle. IjC senti-
ipeoi de |a neiiire «'UleU irtlMé deue toutes les âmes, et les portes les plue liebiles exerçaieot leur talent â la description eliampétre; mais, au Heu de rechercher et degoilieràla campagne l'isplemepi , la soliiude , le liberté de la nature , on associait loi^oure } Tidée eliampétre celle du monde oà l'ou ViveiK IWrtoiHi on 04^ défW^nH pas l'admiration des beautée de le nature du lentlment de l'utile ; c'était donc le nature Mimrée qu'on célébrait par excellenci". Saint-Lambert regardefi leegtifirelset les plaines par la fenêtre de Km cblteen ; H avait auprisde lui une noble compagnie pour parteger S09 enthousiasmé , et le thème ordinaire se GOOipoealf dfis vertWt da l'Innocence du hameau, des travaux (Miampiiree, el^ «- Gilbert le seiirique a touché justement U nuini# contepippreliie lonquil dit à tous ces poêtes-laboureurs t s Allée, (ailee'iioui de» rimes villageoises ,
• Et «ur y$p'm\ivfe etteeilriffee le« éamas. »
OANG-BOI*,
firiie.— vqv. p. ^qI. '
— Puisque le flexon parie dfi Hnvr^'Noir, rappelle-lui le Havre des Cailloux ( i4^^-rr<|^j|^), d^t-i| tranquillement; ar si dans le premier Hep le sang dèe titrée e coulé comme le rosée, dans le second le sang de« eieni e coulé comme des sources.
-r Et li(|rmême , eJou(e Prageli pe dQll b vie qu'à votre pitié.
— Oui, reprit Qe|opdek;en le relevaiit du milieu des bleesés, j'espérais que ses je^iMOrepiee pourraient entendre le sainte parole des prêtres; mi|is oo etprt d^ fouloir apprivoiser le petit dp sanglier,
Apdgrim ne réponclll pas t rintervemlon du mactiem avait produit sur lui le même effet que la parole dq maître sur le dogue Irrité, et il laisse le e|iar|ot s'éloigner.
Ce que venait de dire Qaloitdek éteil d'sîHeurs le vérité. fUcueilli après la bataille , l'enfant fut conduit deAS la Ker armoricaine, où il avait d'abord Vécu fernuclie eC h Ténart ; mels un autre enfant de son âge evait fini par dompter son humeur sauvage: c'était Aourken, pauvre orpheline trouvée â la lisière du bois par le mactiern qui l'avait adoptée. Qiargée de conduire aux frichei les troupeaux de b<Bufs, de vaches et de génisses, elle avait grandi dans les landes sans autres compagnons que le ciel et l'Océan ; mais la solitude qui aigrit les corrompus améliore les bons. Elle devina les soulfrances du captif, et, comme un chien que la tristesse sollicite» elle vint se placer à ses pieds, les yeux tendrement soulevés vers lui. Andgrim finit par l'apercevoir; deux abandonnés devaient se comprendre; la compassion avait attiré l'orpheline, la reconnaissance atiuclia le prisonnier.
2il;
ds<|ad1l ttnait de s^arrêter, offrait d«is ce moment un spec* tade fiagiiHèrenient aniiné. Les servileors arrivaient des diaaips et 4lalent re<ii8 par ks femmes on par4es Jeimes filles avec lesquelles ils échangeaient mille saillies suifies de loagi édiaté de rire. Oa Toyait passer les charrues, le soc rétovrntf , les cavales qa*accompagnafent leurs poulains IIroiichesy et les troupeaux de mouton» conduits par un ehlett faute mi. collier garni de pointes d'acier.
Le macticrn promena autour de lui ce rapide regard du maître qui ne laisse rien échapper, et demanda où était Aonrken. Elle n'avait point encore paru. Un pareil retard , venant de tout autre, eût causé peu de surprise ; mais Teiac* titude de la jeune orpheline était passée en proverbe à Kermelen , et depuis huit années que le Galoudek lui avait con-» fié un troupeau à surveiller et à défendre, c'éuit la première fois qu'elle rentrait aussi longtemps après l'heure indiquée. Le soleil avait , en effet , presque complètement disparu derrière les coteaux ; de grandes ombres s'étendaient vers les grèves, et le vent du soir, qui s'élevait de l'Océan, apportait jusqu'au manoir les senteurs marines. Galoudek allait se décider à gagner le revers de la hauteur d'oà le regard embrassait la baie, lorsqu'un sourd retentissement sembla tout à coup ébranler la colline. On reconnut bientôt le brait pro* duit par la course précipitée d'un troupeau mêlé à dos meuglements d'abord confus, puis plus distincts, plus élevés « et qui éclatèrent enfin dans toute leur force. I>resqu'ad tnéme instant les bœufs, les vaches et les génisses parurent au penchant de la lande, fuyant avec terreur devant un ennemi invisible; en léie s'élançait le taureau noir sur lequel Aour* ken se tenait à demi couchée. *
Tous se précipitèrent confusément dans le placis» fouettant l'air de leur queue et la tète baissée, comme si la lerraur eût éveillé leur colère.
Les serviteurs effrayés franchirent les murs peu élevés qui servaient de clôture , tandis que Galoudek et ses fils se rendaient maîtres du taureau noir*
A leur vue , Aourkcn poussa nn cri et se laissa glisser à terre : ses traits agités d'un tremblement convulsif , ses che^ veux flottants sur ses épaules, et les lignes sanglantes tracées par les ronces sur ses jambes nueS, témoignaient à la fois de la violence de sa peur et de la rapidité de sa course. Elle demeura un instant haletante aux pieds du mactiern ; enfin la voix de celui-ci sembla la ramener k elle-même. Après avoir promené de tous côiés un regard effaré , elle se redressa sur ses genoux , écarta des deux mains les cheveux qui lui couvraient le visage, et s'écria d'ude toix rauque :
— Je l'ai vu , maître, je l*al vu I
— Qui cela ? pauvre innocente, demanda Galoudek, que i'effroi de cette rude et vaillante créilure saisissait malgré lui.
— L'animal... le démon... je ne sais comment dire, maître I Ce devait être un dragon de mer«o ou peut-être U grand ennemû
— Mais où l'as-tu vu î Que s'e^-ll passé 1
— Voici , maître : j'étais sur la grève où je rassemblais le troupeau pour revenir , quand j'ai aperçu tout à coup sur la mer quelque chose qui venait à mol i c'était long comme le manoir, rond comme un tonneau , et la tète, qui sortait des vagues, ressemblait à celle d'un bélier 1
— Se peut-il ?
. — Vers le milieu du dragon , on voyait s'élever une montagne d'où sortaient des roulemenU de tonnerre. U y avait au-dessus une aile rouge pareiile k une voile de navire , et au-dessous douie griffes vertes qui lui servaient de nageoires.
— Tu es bien sûre de cela ?
— Sûre, bien sûre, maître ! Mais k mesure que je voyais mieux , j'avais plus peur ; mes jambes tremblaient sur le taureau. Alors la choêe a passé tout près du bord; il y a eu un sifflement qui a épouvanté Terv-du ; il s'est enfui vers la JTer avec- tout le troupeau, et U m'a emportée I
Dca excUmatiouade surprise et de terreur s'élevèrent de
toute part. Quelque étrange que tôt le récit d'Aourke n , H' ne rencontra aucun incrédule. On touchait encore aux tempa) oA des bétes féroces, u*ans(bnné«s en dragons par l'imagi*" nation populaire , avaient ravagé les campagnes» de la Dom-t noBée. La légende liait le souvenir <fe ces monstres à oaW^ des apôtres du Léonnais et de la Gomotuillle; elle en at<aiC> fait une pieuse croyance, et douter de leur réalité eilt été? douter des saints bretons eux-mêmes. Les^ hmnmes b«pi4 . mencèrent à regarder autour d'eux avec Inquiémde , et les femmes k fuir vers la maison.
Dans ce moment, un long et puissant appel de corne marine s'éleva dans les ombres du soir, courut le long des côtes et vint mourir contre les murs du manoir 1
Tous les habitants de la Ker tressaillirent.
— Ce n'est point là te cri d'un dragon ! dit le mactiern.
— Ni la corne des pâtres de la baie, ajouta Witur.
— Écoutes I Interrompit une voix forte et haletante. Galoudek se retourna et aperçut Andgrim. il était debout
à quelques pas, la louve sanglante sur une épaule, l'arc pressé contre sa poitrine et l'oreille tendue vers la mer avec une avktité palpitante.
Il y eut un assez long silence. Tontes les tètes s^étaient penchées comme celle du jeune Normand ; enfin un second ippel retentit plus puissant et plus prolongé. Il passa par dessus Kermelen et alla se perdre au loin dans les landes..
Les traits d'Andgrim s'épanouirent.
— Tu connais le son de cette corne 7 s'écria Galoudek qui le regardait
^ Oui , mactiern , dit le jeune garçon.
— Et qu'est-ce donc enfin ?
*^ C'est U tonnerre du Nord I
La êuUê à une prochaine livraiion.
UtSTOERK DU COSTUiMfi EN FRANCE.
Yoy. Utt Tablai des années précédentes.
UtONKi 01 LOOIS Xt , CHAfILKa VIII ET LOUIS XII.
Costume mitUaire, -^ Iiouls Xf pratiqua tout le temps de son r^gne le système de la paix armée. Le perfectionnement des forces militaires de la Krance fut sa constante préoccupalion. Il chercha en premier lieu 1 donner aux francs-archers un esprit plus giierrler. Ciiosc fâcheuse k dire, vingt ans à peine s'étaient écoidés depuis la formation de cette milice nationale, que déjà elle succombait souS le ridicule. La bravoure des francs-archers entre ta table et le foyer était proverbiale , ainsi que leur prestesse à se meflire en sûreté quand paraissait Tennemi. Cest ainsi que l«s meilleures idées ont peine à prendre racine lorsque le préjugé est contre elles. Le moyen âge ne voulait pas croire qu'on pttt à la fois être soldat et cultiver la terre.
Quoique les francs-archers eussent montré dans plus d'une occasion qu'ils savaient se battre, leur iudiscipline, leurs habitudes bourgeoises à l'armée justifiaient les plaisanteries faites contre eux. Louis XI, pour les tenir en haleine, les soumit à la surveillance d'inspecteurs divisionnaires , et les astreignit à tenir garnison de temps à autre dans les diverses villes du royaume. 11 limita la quantité de bagage dont ils pourraient se taire suivre en campagne ; enfin, avec son esprit amoureux des détails, il régla jusqu'à leur équipement 11 existe un mémoire annoté par lui-même, où la façon du pourpoint , à l'usage des francs-archers, est arrêtée en ces termes :
« iiCur faut les jaques de trente toiles d'épaisseur ou, pour le moins, de vingt-cinq, avec un cuir de cerf. I.es toiles claires et à demi usées sont les meilleures. Et doivent lesdits jaques être de quatre pièces; et faut que les manches soient fortes eomme le corps. Et doit être l'i
<Jue la maache prenne près du collet et non pas sur Vos de Pépaule ; au:>si que le jaque soit large soui rais.selle et bien fourni. Que le collet ne soit pas trop haut derrière pour Tamour de la salade (1). 11 faut que le jaque soii lacé devant, avec une pièce sous Tendroitqui lace. Pour Taisancc du dit jaque , il faudra que Thomme ait un pourpoint sans manches ni collet, de Tcpaisscur de deux toiles seulement , cl qui n'aura que quatre doigls de large sur IVpaulc ; auquel
pourpoint il atlacliera ses chausses. De cette façon il flottera dedans son jaque et sera à son aise, car on ne vit jamais tuer personne à coups de main ni de flèche dedans un paiell jaque. »
Ainsi on faisait la giûcc aux fraucs-archers de la bri« gandine, pièce trop louixle qu'ils ne demandaient qu'à (Mer lorsqu'ils Pavaient sur le dos . Ou les soumellait au rc*gime exclusif du jaque. C'cs»l pourquoi un poêle qu" s'c^t
Quinzième siècle. — • Prince, graud ccu\cr cl valcl. — D'après la grande tapisserie de la BiWiothèquc nalionalc.
plus d'une fois égayé sur noire vieille milice nationale , a dépeint le type si plaisant du franc-archer de 13agnolcl ,
A>ec un pourpoint de chamois, l'arci de bourre sus et sous, Vn grand vilain jacpje d*Anglois Qui lui pcndoil j^l^(p^aux genoux.
(r) C'est-à-dire de manière h ne pas cmpcrlirr le jou du la par- .lîc postérieure du cascpic. Voy. la déûuilion dounèt: ilaus l'un dc"; prccèdcuts articles du genre de casque qu'on npiw^lnit falulc.
L'armement des francs-archers est l'objet d*un autre article du mémoire :
tf II semble que les francs-archers devraient se partager en qualie armes: les uns en voulges (1), les autres eu lances, les aulrcs archers cl les autres arbalétriers,
» Ceux qui iwrleraient voulges, les devraient avoir moycnncmcnl larges et quMls eussent un peu de ventre, avec bonne iranche et bon estoc Lesdils guisarmiers auraient en outre salados à visière, gantelets et grandes dagues sans épées,
I) Ceux qui porteraient lances , auraient aussi salades I
(i'* Sorte de lialleharde courlc otj
?y"'Ç3'DOgie
MAGASIiN PITTORKSQUE.
Tifiière et gantelets, et de plus une épée moyennement longue , roide et bien tranchante. Item , que leur lance soit de la longueur des lances de joute ; mais de même grossciu* partout, excepté qu'elles aient au l)as un peu d'entailhirc , et petit arrêt d'un demi-doigt de iiaut , denièrc rontaillure, pour leur donner façon. Et faut que le fer soit tranchant et un peu longuet.
» Les archers auront les salades sans visière ; arcs et trousses
et <^pées assez longues et roides; qui s'appellent épèes bâtardes. Et si veulent porter boucliers, il n'y aura point de mal , et qu'ils aient les dagues moyennes.
» Les arbalétriers devraient avoir salades à visière qu'ils pussent lever assez haut quand ils voudraient, et que le dessous de la viscère ne les arme pas si fort qu'elle cx)uvre la vue, et aussi que le côté droit n'arrive pas si bas à la joue que I: gauche , aftn qu'ils puissent asseoir leur arbrlcr & leur aise.
Commencement du seizième siècle.— Louu XII fuisaul son entrée à Gènes.— Miniature tl*un manuscrit de la bibliothèque natloi
hem , auront longues épées, et que la ceinture hausse l'épée par derrière, afin qu'elle ne touche à terre. Et seront leurs arbalètes de dix carreaux ou environ , et banderont à quatre poulies ou à deux. Vils sont bons bandeux. Et auront trousses empanées et cirées, de dix-huit traits au moins , et n'auront point de dagues. »
' Ce règlement , qui fut appliqué vers l/i68, remit les francsarchers à flot pour quelque temps ; puis leur indiscipline provoqua contre eux de nouvelles plaintes. A la bataille de Guinegate, pendant que les deux armées de France et de Flandre étaient aux prises, Ils abandonnèrent leurs lignes pour
aller piller le camp ennemi : celte faute nous fit perdre la Journée. La colère de Louis XI fut si grande qu^il cassa les francs-archers.
Dans ce temps, il n'était bruit que des Suisses : avec leurs habits de toile et leurs piques de dix-huit pieds de long, ils venaient d'anéantir l'armée bourguignonne, réputée la meilleure de l'Europe. Louis XI en attira 6 000 à son service ; it créa en outre divers corps de volontaires français, dont le total pouvait s'élever à 20 000 hommes, et ces nationaux, joints aux Suisses, constituèrent dès lors notre Xorce mili* taire en fait d'infanterje.
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MAGASIN PITTOIVBSQUB,
. Ui Soiases, du teqaps de Louis XI , s^ ressentaient cnoore de lear slmpliciié montagnarde. Us ne connaissaient pas ce Inxe de panaches, de roseues, de boufiiants dont on les voit ;Siirchargés.d|ns les tableaux d* Albert Durer. Us mettaient leqr anaour-propre ft ne point porter de fer» si ce n'est au ,boul,d« leur lance. Leur large poitrine n'4 tait, protégées qm par un pourpoint irès-serré qu'ils recouvraient en campagne 4*9.ne casaque ouverte sur le devant^ et à manches pendant^a^ Leur coiffure consistait en un large bonnet de laine frisde, de /a forme des bérets basques. Us affeclionnaient déjà les habits l^ariolés. Presque tous avaient leurs chausses et leurs manches faites d'une pièce rouge et d'une autre pièce bleue, blanche ou verte.
Quant à la cavalerie, elle acheva de recevoir sous le même règne cette belle discipline qui fut cause de nos succès en Italie. Grâce à l'invincible persévérance de Louis XI, les camps cessèrent d'être des bazars ; la soie fut bannie entièrement du costume, tant de&gens d'armes que de leurs officiers. Ce n'est pas sans de nombreux actes de sévérité quMl obtint ce résultat. Les contemporains crièrent beaucoup à la tyrannie ; le roi n'en poursuivit pas moins son œuvre. On verra par l'anecdote suivante quelle était sa rigueur sur ce chapitre.
« Un jour, il vit d'aventure entrer en sa chambre un gentil écuyer gendarme, qui commandait seize ou vingt lances sous un autre capitaine. Or le cas fut tel que cet écuyer, qui était bien mis et curieux de beaux habits, avait vêtu ce Jour-là un pourpoint de velours. Le roi demanda à aucuns d'auprès de lui à qui était cet homme et qui il était, a Sire, lui fut-il dit, » c'est un gentilhomme vaillant et de bonne sorte, qui a comn mandement sur vos gens d'armes. Il est à vous. — A mol , " ft'prii ie ruil [mi h Faquf-Dti'iï , h vnM rn'sl pa^^ je le nienic» n h moi ne sera jamaîs. Comiiipnt dîubtel il est - vêki de suie ; U C5t plus joli que jïïoÎ l n Disant ces mots , il iippelii le nïaréchai de France h UiitSvûonnïh de ca^spraux îpig*^s ledit geniilhumme, et de le mettre liors de sps rompagnles, a [tendu qu'il in^ voulait de tels jMïinpeux amour «le Uû, »
î-rft Inxc proscrit des armées d« mi de FninPe se n^ftigia ilaos cetles du dnc de lîeurgotîne. Chnries le téiiK^raire , quoique bon capital ne et tri^-enienrln à Torgan Isa lion des trou peu, pariagea Terreur de son sjt'cle. Il crtil la bniv^iire en habits nécesa^Ire au soldat pour lui df>niK't'c*^Ele ilii vmnr. M em des escadrons d'une tentie éi>lùnissan(<* que les |H*tîplc8 proclamaîeni invincibles , et qui iWEirlunt fundirenl e4)nmie neige dans trois retîcontrcs qifils c nrent avecïcs Stih'i*'^ On eipoî^f <*ncûrc dan» la calhédiuïe de Berne, h certain^ fours de féie , une partie des rtépDUÎllos tVJnies ,à la vill.^ apr^'S Granston et MoraL On y vnjr rtr^ jniî[[,.,fio^ *{(* v^Iotifs, des huques de drap d^or^ des mantelines en soie richement fourrées. Tout cela n'a reçu d'avaries que de la vétusté. I^es vainqueurs n'ont eu qu'à les prendre sans que ceux qui les avaient sur le dos aient faitd'elforts pour les défendre.
L'une de nos gravures est faite pour donner .une idée de la magnificence bourguignonne : c'est celle où l'on voit un jeune prince armé par son grand écuyer, qui lui attache le ceinturon de son épée , tandis qu'un varlet lui chausse ses éperons. Ce groupe est tiré de là grande tapisserie qui est exposée dans l'escalier d'honneur de la Bibliothèque nationale. ht, travail, ainsi que le dessin, sont d'environ l'an l/!i70.
Le prince est habillé d'une demi-armure : Jaque de velours jpiqaé de clousd'or avec gardes aux bras et aux épaules. Des fCjnQuill^r^ , grevières et demi -cuissots sont attachés pardessus ses chausses. Un gorgerin de mailles, complète son ^rm^ment. Il a sor la tête un petit chapeau de satin noir» fareii k ceux que poruient les chevaliers du Saint-Esprit du temps de Louis XIV. Le grand écuyer porte pour coiffure un bopnet de velours. 11 est armé de plein iiarnois. Une dalmajtiqtie ou Godard en broderie d'or recouvre son armure. Le bau- ^er de velours qu'il porte en écharpe est pour soutenir l'épée (l'ipp^rat que les grands écuyers tenaient dans les cérémonies devant les rois et princes souverains. Qu'on remarque
parmi les pièces de SQn Uai^noia la fofme bombée^ d^ ^''l^.^f appliquées sur ses épa\iles ; c'est! uni; mode italienne, qui i\i\ générale, non-seulement en 3our(p>gne» mais dans toute la Jbrance. £lle détermine d'une faison tpute piiriiculi^^re Tépo-: que de Louis XL > . . i
Passons aux règnes suivants. Celui de CharLes YIU est ('ud des plus pa.uvres que nous oonnaissions e]Q fai( ^t monuments. A en juger par quelques figures d'une exécution trèsimparfaite, il ne changea pas l'armure chevaleresque; il ne fit qu'en perfectionner certaines pièces. C'est alorsqucfut trouvé le système usité depuis pour l'articulation des épaulières ; c'est alors aussi que la mode ridicule et gênante des poulaines fut abandonnée pour faire place à des chaussures arrondies du bout, suivant la forme du pied; on appela cela (les sollereii.
Il est difficile de dire ce que la mode rapporta de la première expédition d'kalie ; peut-être les panaches tombant du cimier sur la nuque, comme on en voit aux figures du temps de * Louis XIl ; peut-être les saies ou sayons , sorte de tnniques ajustées de corsages et froncées de la jupCf qui remplacèrent à la fois les huques et les j«mi ruades.
Une scène d'intérieur, qui se trouve âmn Hilstoriographe Jean d'Anton, nous fait a^st^ r h la toileitf rtiiliiaire de Louis ^H. Elle nous servira de îeite pcnir constâier les changements survenus entre Kr^KKfue di' l^inl^ %I et les premières années du seizième siècle. l/ameedol<* ne place 5 l'année 1507, pendant l'expédition des Franç^ii» conire GênCîi.
« Le roi se reposait à Asti ; et lui , un jour, se .^entant dispos , dit qu'il se voulait essayer en bùti Ijarnaîs rt chevaucher un des coursiers de son écurie pour s'en aider à la bataille, laquelle chacun espérait. El comme ce jour, je fusse entré en sa chambre (c'est Jean d'Auton qui parle) pour lui vouloir bailler quelque écrit joyeux que j'avais en la main , je le trouvai en pour{K>iut avec peu de gens, et messireGaléas de Sainl-Séverin,son grand écuyer, aussi en pourpoint, lequel lui chaussait ses sollerets et harnais de jambes avec les cuissots. Ce fuit, demanda la cuirasse, et avant que la vouloir prendre, dit audit niesslre (îaléas : n Je la veux voir premièrement sur vous, car mon linrnals est prescpic fait pour vous. Après que ledit écuyer Tut armé de ladite cuirasse , le roi la regarda de tous côtés et la trouva bien faite, disant : « Je cuidc qu'elle me sera bonne et bien aisée, n Et fil désarmer celui écuyer, puis se lit armer de sa dite cuirasse et de toutes les autres pièces; et essaya dessus son harnais une sayc d'orfèvrerie bien riche, et tout autour semée d'écriteaiw où était écrit en leltres romaines : Nescis quid ve^per trahat, ce qui est à dire : «l'u ne sais quelle chose le soir amène. »
Le meilleur commenlaire à ce passage est la figure équestre de Louis \II qui accompagne notre article. Elle représi>nie le roi dans le costume qu'il portait le 28 avril 1507. jour de son entrée triomphale à (îêncs : armé de toutes pièces, une hoiissiiie ù la main et l'armet en tête ; par dessus sa cuirasse une sayc cramoisie, brodée en or d'A couronnés, qui formaient le chiffre de sa chère Anne de Bretagne. On remarquera la visière de l'armet, pièce dont jusque-là le casque avait été dénué ; la couronne de perles et de panaches montée sur le ioriil ou bourrelet du cimier; l'épée courte ou estoc attachée ù l'arçon de la selle , indépendamment de Vêpée d'armes passée dans la ceinture ; les harnais du cheval ornés de perles, son chanfrein d'acier, la selle et la housse en velours galonné d'or, les caparaçons pareils à la saye du cavilier. Tous ces détails sont de lu plus grande fidélité historique ; il n'est pas jusqu'à la couleur noire du cheval qui ne soit spécifiée dans les relations de l'entrée à Gênes.
MAGASIN PITTiDRK^QUE/
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|rté, éfthé'Tei ciSThpAgtties^ofi U lance était toujônrs comptëe pK^tif six 'OU sept cd^lfera, l'adjonction dé taîit d^homrtiei à' vkt «cul n^éxîstrfîr qn'^admirilsirialtvemcnt: car, en marclw» cotftthe en baUfllc, les arch«M et couttliers , compagnons de lÉiafnce, formaleni des escadrons à part, ayant ieun gai-dbms particuliers et déi bflfeiers & eux qui ne d<lpendaient' que du cffief suprême de la compagnie.
La maison du roi fèrmaft aussi plusieurs corps distincts. En preinler Heu étaient Içs deux cents gentilsiiomhies cfcia gartfe, parUigés en deux' compagnies et formés de vétérans d^ëlfte, presque tous èyant porté enseigne et guidon dans rarméc. Ils chevauchaient autour du roi, la hache k la main, àrtnésdu harnaisclievaleresque, et richement habillés de leurs armés. Venaient ensuite les ?îngt-dnq archers écossais, appelés les archers du corps , tous vêtus d*un sayon blanc brodé «Ter idu haut en bas, avec une couronne sur le milieu de la |k>ftrfne. Les quatre cents archers français, autres gardes du Cô)rps, avalent sayonset hoquetons tout brodés d'or, aux cou-* lêtif s et dé vises du roi. Les couleurs de Louis X!I étalent le cratmoisi et le blanc ; ses devises, TA couronné et le porc-épic
Les archers de la prévôté de Thôtel, non éompris parmi les archers français , avaient nue épée brodée sur leurs hoquetons. Les archers des toiles, affectés à la garde et au service des tetitcs, étaient habillés de rouge ; euGnles Gent-Suisses de la garde portaient le costume de leur pays , avec les couleurs du roi, et force plumes dont ih recevaient deux livraisons par an.
Voici les corps qui complétaient l*armée française en deboi^ de la garde royale :
Les corps d'infanterie qui avaient remplacé les francsârchers, formés pour la plupart de Gascons et de Picards, et dès lors devenus redoutables sous le nom d*Aventuriers ;
Les Suisses ;
Les lansquenets (tond^Jirn^cftf) , mercenaires allemands qui n'étaient qu'une doublure des Suisses, maniant comme eux la pique et les mousquets si lourds , si imparfaits , si incommodes, appelés dans ce temps-là hticquebutei (d'oô est venu arquebuse). Les lansquenets étaient empanachés comme les Suisses, mais mieux garnis d^armes offensives. Ils avaient sin* la poitrine le hallecrel , cuirasse faite de lames mobiles et à recouvrement « à kiquelle nos vieux auteurs donnent quelquefois le nom d'écre visse;
Les conducteurê ou eondoltieri, gendarmerie italienne , plus légère que la française , et mieux appropriée aux re*connaissances ;
Enfin les Albanais, antre corps de cavalerie légère qni n'avait pour arme qUe la lance et l'yatagan. « Ils estoient tous Grecs, dit Philippe de Gommines, venus des places que les Vénitiens ont en Morée et devers Duras ; vestus à pied et à cheval comme les Turcs, sauf la teste où ils ne portent ceste toile qu'on appelle lolliban (turban). •
LES LOGEUI\S.
Lorsque, par une belle matinée d'été, vous sortex de Paris et gagnez la campagne, sur un fond verdoyant, snr des lointains azurés,, vous voyez se détacher des épisodes pleins de charme. Tout ce qui vient au devant de vos yeux leur agrée : 'ce sont des chariots pleins de légumes frais, de fruits veloutés ; ce sont des profusions , des bottées de fleurs ; la route aussi s'égaye et s'embaume sur les bas côtés, brodés de marguerites blanches , de chicorées bleues , de pâles valérianes et de coquelicots^ éclatants; Au milieu , les cliancelantes ca- Tioles , les rapides chars-à^ncs , vous amènent de radieux visage , des joues roses, 'des yeux brillants ; même dans les pesantes dilig<Hices qui forcent les voilures légères à s'écarter,* vous voyez les voyageurs réveillés, ranimés par Pair pi- "qnant'du niatin et Papprocfae de la grande vii4e , présenter, •or l'ioipéiiale et aux portières , de riantes figures. La pro-
menade omliragéie de» piétons a sa part de mbnvcMeni et d»> joie, fci Un jeune garçon Men déconplé, i la narclit nmarif et rapide , a« regard femie et franc , porte son paquet nwié dans soÀ mouclMlr, et vient , léger de bien , riche d'espoir, chercher de Touvrage on du service k Paris, Là c^eSt une' jeune fille, plus lente en sa Tnardie, et (fui s^amose aux flenreties dh sentier, mais qui b*est pas moins insonoiantia et' moins gaie. L'espérance fait danser soii prisme devant tous jles regards que le irotre croise en passant,
8i vous revenez vers le soir, le tableau n*esi pin» le même. ,U semble que, comme Janus, le dieu aux dcnx visages, vaoi . ayez tourné le dos à l'avenir et à ses protoeaseS, pour ne plus voir que le passé et ses déceptions. IV^ut et qui entrait dast' la ville était gai , frais , i>eaii , parfumé ; tout ce qol ea aori : est repoussant et livide.
Sans parler de la funèbre charrette et de la lugubre pnacession d'animaux éclopés qu'on mène à la voirie, au lien de/ .monceaux de fleurs, de légumes, de fruits, vous trouvez dt longues et repoussantes files de charrois qui étaient de aav-* séabondes fanges, de dégoâunts amas deftimier; au lieU' du hardi jeune gars, de l'insouciante villageoise, vous ren^ contrez des hommes vieillis avant le temps, des femuMS flétries et dégradées. Vos yeux se détournent de ces froatraoudeux ou menaçants, de ces traits abrutis , de ces vraments. souillés. La misère et le vice ont rois leur hnpor cachet sur. tous ces malheureux- à la démarche abordle , ao coup d'oeil tour ft tour impudent ou honteox.
Cependant ces deux courants, fun de fralchenr et de «te,: l'autre de décrépitude anticipée, de corruption et de mort, se rencontrent ao centre de la vHie. Là ils se naélent, se confondent, et ce qui était entré par et bon tropsouveal ne rea^ sort plus qtie gangrené.
C'est chez les logeurs, où le droit de coucher io<08 un toit se paye de quau^ à six sous par nuit, que l'hbnnéte ouvrière sans asile , que le bravé jeune campagnard , que ceux qui cherchent à gagner leur vie par un louable travail, se trouvent en contact avec des hommes et des femmes qui ont perdu l'habitude d'un honorable salaire, et que le manque d'ouvrage et d'éducation , la paresse , de fonestes droonstances ou des penchanu videux plongent dans la dépravatloa. G*est là que, dans un océan de vices et de souffrances, se viennent perdre , pour en accroître les flots Impurs, tout ce que lea campagnes et la province nous envolent de limpide et de nalL
Les récits de ceux qui, dans un Intérêt de salubrité ou de philanthropie , ont étudié les quartiers pauvres de la viUe^ et parcouru les bouges oft s^engioutH one aMdhenreuie pap«-> lation en proie aux ulcères de l*âme et du corps, sont ef-^ frayants.
« Visitez , écrit M. Perreymont en 18â0 , les maisons des rues de la Mortellerie, de la Coutellerie, et les rues qui avolsinent THôtel de ville , cdies de la Pedte-Pologne près de l'abattoir de Miroménil , les aboutissants de la rue Saint* Honoré depuis le Palais-Royal jusqu'à la rue Saint-Denis, les mes hors barrières depuis cdle d'Austerlilz jusqu'à cdle du Maine, et tant d'autres, et vous verres comment les maçons, les cordonniers, les repasseurs de couteaux, les vitriers, les ramoneurs, les tailleurs, les terrassiers, les pdntres en bâtiments, sont entassés dans d'infâmes chambrées. • • A peine l'air se renouvelle-t-il dans ces soml>res réduits , où le jour ne pénètre qu'en se glissant dans une cour étroite , espèce de puiis infect oà viennent se dégorger les eaux ménagères.»
Le docteur Bayard , dans sa Topographie médicale dé Paris, raconte qu'en une pièce au quttrième ^tage, qni nV ^alt pas cinq mètres carrés, il trouva • vingt-trois individus^ ftommeS et enfants, couchés pèle tn^e sur dnq lits. L'air de •cette chambre éiak tellement Mfêct , ajoute-t-il , que je fut pris de nausées. Les souliers et les vêtements de ces lndlvii> dus répandaient une Odeur aigre et Insupportable qui dond-^ nail Jes autres exlialaiaon& »