‹ Le Magasin pittoresqueChapitre 98 sur 185 · SS · texte numérisé non relu

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Une croix \t séparait des ÉUUdu Bourguignon. A ce pieux symbole, qui n'a?ait arrêté en 1A20 ni le roi d'Angleterre ni le doc de Bourgogne» Charles vn adjoignit des fossés, des tours et des morailles.

Aprte l'annexion de la Bourgogne ao royaume de France , en 1A77, Moret, ne se trouvant plus sur le chemin d'aucune guerre , entra dans la période pacifique d'où il n'est plus sorti.

Cette ville était alors le siège d'un comté et d'un bailliage. An nombre des seigneurs qui relevaient du comte , figurait le seigneur de Fontainebleau. Les ofliders de cinquante prévôtés se réunissaient deux fois par an aux assises du bailli.

Hcn^ IV en mariant Jacqueline de Beuil à René du Bec , marquis de Vardes , la créa comtesse de Moret. Ce fut d'elle que naquit Antoine de Bourbon, dont les aventures ont été l'objet d'une chanson populaire , et dont la fin est restée un problème historique.

Le comté de Moret passa de la maison de Vardes à celle de Chabot-Rohan , et fut engagé plus tard à l'intendant des finances Caumarlin.

Vers le commencement du dix-scpllème siècle , on voyait au milieu de Moret les ruines d'un château qui avait appartenu aux Templiers, et qui dépendait de la commandcrie de Saint-Jean à Corbeil.

Moret avait iroU portes qui subsistent encore aujourd'hui : la porte de Paris ou de' France, la porte de Bourgogne ou du

pont de Loing et la porte d'Orléaûs. Les deux premières s'ouvrent aux deux points extrêmes d'un même diamètre (voy. 18^1, p. 29).

Hors de la ville , non loin de la porte de Bourgogne , étaient deux pdeurés : celui de Pont-Louvé et celui de Saint- Mamert. Dans le premier , s'il faut en croire les mémoires du temps , aurait vécu la célèbre abbesse noire qui a servi de prétexte à de si cruelles calomnies contre la pieuse Marie- Tiiérèse.

D'autres souvenirs se rattachent aux environs de Moret C'était dans la partie de la forêt, qui avoisinc cette ville, que se trouvait la maison de chasse, dite de François I*' (voy. 183Û, p. 2C5; 18/i2, p. 195). En 1826, par suite d'une spéculation ridicule, elle a été enlevée des lieux qui la vivifiaient. Réédifiée à I^ris sur la lisière méridionale des Cbamps-ÊIy-> sées, elle étale vainement les délicates sculptures que lui prodigua le ciseau de Jean Goujon. C'était im monument historique ; ce n'est plus qu'un simple objet de curiosité.

Moret , tout au contraire , émeut le souvenir et plaît aux yeux ; et comme , en outre , le commerce des farines , des boiis, des vuis , des bestiaux et des pavés lui est encore plus propice que ne lui étaient les visites royales et la guerre , il a pu se passer de ces deux éléments sans voir décroître son ancienne prospérité.

En 1720, il avait essuyé nue perle beaucoup plus grave : le Ix>ing avait cessé d*être navigable. Mais les services que

Vue de Moret, dcpartemsnt de Seine-et-Marne.

lui rendait cette rivière ne tardèrent point à être suppléés par le prolongement du canal de Briarc jusqu'à la Seine.

11 ne reste maintenant des fortifications de Moret que les deux principales portes, celle de Paris et celle de Bourgogne. Les tours et les murs s'écroulent chaque jour, et le vieux «liâieau n*oflre plus que des ruines au-dessus desquelles plane tristement le donjon à terrasses. Mais la ville même et l'église paroissiale , gracieux édifice du quinzième siècle, sont restées debout parce qu'elles représentent des intérêts permanents; et si les beautés naturelles des alentours ont aussi prouvé quelque altération , si la change du laboureur, si la

piociie du carrier a ellacé les diarmants profiU de quelques sites, c'a été au profit de l'ulHité publique.

Moret compte aujourd'hui quinze à seize cents babiunts. Placé sur la grande route de Paris à Lyon, il est mis en communication avec la Loire et Orléans par le canal de Briarc.

BOREAUX D'ABOMHEUERT £T DE VEATE,

rue Jacob, 30, près de la rue des Petlts-Augusthis.

Imprimerie de L. Mahhkit, rue Jacob, 3o.

BIAGASIN PITTOHKSQUE.

SSS

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