ACTE DEUXIÈME
Comme à leurs cris retentissants Je mêlerais de fiers accents, Si j'étais aimée !
CHœUR, au dehors.
Faisons sa route parfumée !
Ah ! si j'étais aimée I Hélas ! hélas ! Descendons plus bas Encor plus bas dans les ténèbres.
Descendons toujours plus bas Là, je n'entendrai pas Ces chants de fête qui seront mes chants funèbres.
Tout en chantant, elle est desceuihie en eflet de plus en plus bas dans le caveau inférieur; on ne voit plus maintenant que son buste au-dessus du sol.
AMROU, paraissant sur l'escalier du fond.
Où fuis-tu, Varedha, ma fille?
Vers la mort !
AMROU
Et moi, je t'apporte la vie !
VAREDHA,. remontant vivement.
Ah ! quel espoir renaît dans mon âme ravie ! De m'avoir repoussée aurait-il du remord ? Il t'a dit qu'il m'aimait peut-être ?
AMROU
Non, mais j'ai consulté les dieux dont je suis prêtre. Les noirs Dévas m'ont inspiré. Espère, espère, Je te vengerai .
VAREDHA.
Moi ! me venger de lui ! Je ne veux pas, mon père.
AMROU
Puisqu'il te liait toujours !
YAREDHA.
Puisque je l'aime encore î
CHOEUR, au dehors.
Semons des fleurs sous ses pas !
AMROU
C'est de toi qu'il triomphe aussi. N'entends-tu pas?
Celui pour qui la ville se décore, Des vœux que tu formais foule aux pieds les débris. Et toi, lâchement, tu souris !
Et dans sa gloire oubhant ses mépris Tu l'aimes encor davantage.
Et pourtant, c'est de toi qu'il triomphe!... Mais quoil Cette gloire, est-ce avec toi.
Qu'il la partage?
Et si quelque autre femme...
VAREDHA.
Que dis-tu?
AMROU
Oui, si quelque autre femme en te volant sa gloire Avait dompté sa farouche vertu?
VAREDHA.
Non, non, je ne peux pas te croire, Lui, mon héros ! mon adoré !
AMROU
Ah ! dans l'orgueil dont il est enivré,
Cette autre femme, il l'aime!...
Viens! et tu me croiras!... Viens, et qu'à ton front blême Montent la honte et la fureur!