SCÈNE V VAREDHA, ZARÂSTRA
Z A R À s T R A , sortant de sa tente.
Toi, Varedha!...
Il congédie les gardiens de sa tente.
VAREDHA.
Oui ! Pourquoi dans tes yeux Cette froide lumière?
A fêter ton retour victorieux, Je voulais être la première.
ZARÂSTRA.
0 prêtresse de la Djahi, De toi je me croyais haï
VAREDHA.
Ah ! rien ne ressemble à la haine Comme un amour désespéré.
Mes vœux de prêtresse, ainsi qu'une chaîne,
Me liaient à l'autel sacré.
Mais aujourd'hui, par ton triomphe même Admis au rang des Rois, Pour briser mes liens tes mains ont tous les droits, Et je peux t'avouer que je t'aime !
ZARÂSTRA.
Que dis-tu là ? Ne sais-tu pas Que ta déesse m'épouvante, Et que loin d'elle et de toi, sa servante, J'ai toujours détourné mes pas?
VAREDHA.
Pourquoi ? pourquoi lui rester rebelle ? Par elle tous les cœurs sont domptés ; C'est la déesse des voluptés ; Je suis sa prétresse et je suis belle. Écoute ! Ses mystères divins Troublent la raison comme des vins Dont l'enivrante odeur vous embrase.
Ah ! laisse-toi par eux embraser !
Laisse-toi, par l'oiseau du baiser, Ravir au paradis de l'extase !
Je suis belle.
Viens ! Pourquoi, pourquoi me rester rebelle ?
ZARÂSTRA, résolu.
Je ne t'nime pas 1
VAREDHA suppliante.
Zaràstra, viens! Écoute encor!... Tout bas!...
ZARASTRA, s'éloignant.
Non, non, je t'ai trop écoutée.
Adieu ! adieu !
VAREDHA.
Je t'aime. Écoute-moi! Viens.
ZARÂSTRA, s'en fuyant.
Non, non, non ! Adieu !