‹ Le mageChapitre 5 sur 41 · SCÈNE V VAREDHA, ZARÂSTRA · texte numérisé non relu

SCÈNE V VAREDHA, ZARÂSTRA

Z A R À s T R A , sortant de sa tente.

Toi, Varedha!...

Il congédie les gardiens de sa tente.

VAREDHA.

Oui ! Pourquoi dans tes yeux Cette froide lumière?

A fêter ton retour victorieux, Je voulais être la première.

ZARÂSTRA.

0 prêtresse de la Djahi, De toi je me croyais haï

VAREDHA.

Ah ! rien ne ressemble à la haine Comme un amour désespéré.

Mes vœux de prêtresse, ainsi qu'une chaîne,

Me liaient à l'autel sacré.

Mais aujourd'hui, par ton triomphe même Admis au rang des Rois, Pour briser mes liens tes mains ont tous les droits, Et je peux t'avouer que je t'aime !

ZARÂSTRA.

Que dis-tu là ? Ne sais-tu pas Que ta déesse m'épouvante, Et que loin d'elle et de toi, sa servante, J'ai toujours détourné mes pas?

VAREDHA.

Pourquoi ? pourquoi lui rester rebelle ? Par elle tous les cœurs sont domptés ; C'est la déesse des voluptés ; Je suis sa prétresse et je suis belle. Écoute ! Ses mystères divins Troublent la raison comme des vins Dont l'enivrante odeur vous embrase.

Ah ! laisse-toi par eux embraser !

Laisse-toi, par l'oiseau du baiser, Ravir au paradis de l'extase !

Je suis belle.

Viens ! Pourquoi, pourquoi me rester rebelle ?

ZARÂSTRA, résolu.

Je ne t'nime pas 1

VAREDHA suppliante.

Zaràstra, viens! Écoute encor!... Tout bas!...

ZARASTRA, s'éloignant.

Non, non, je t'ai trop écoutée.

Adieu ! adieu !

VAREDHA.

Je t'aime. Écoute-moi! Viens.

ZARÂSTRA, s'en fuyant.

Non, non, non ! Adieu !

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