LA SÉPULTURE
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Une coutume ancienne et déplorable veut que les morts de l'Hôtel-Dieu , pour qui nul ne réclame, soient descendus dans vnie salle basse, où ils servent de sujets aux savants et aux élèves en médecine.
Les femmes qui avaient aime Stell firent re-
demander sou corps et l'ensevelirent. Marie obtint de la Reine-Mére qu'on l'enterrât aux Charmes, dans un endroit sauvage et solitain^ situé au bord de la pièce d'eau où il y avait des rochers, des broussailles et de grandes ombres de sapins; le convoi eut lieu aux flambeaux. Auréole Ab-Hakek et quelques amis suivaient. Le ciel était sans lune. On marchait en silence. Le vent soufflait dans les feuilles et ridait l'eau. Quand on fut arrivé au lieu où l'on avait creusé la fosse, et ce lieu découpait vivement en ténèbres, à la clarté des torches , la grande architecture de ses rocs abruptes et funèbres, on fit halte. Un prêtre secoua sur la bière un rameau trempé d'eau bénite, et l'on pria à voix basse. Alors on vit sortir de la fosse, lentement et dans les ténèbres, deux mains. Une femme se leva sur son séant, écarta un voile de cheveux noirs qui lui recouvrait le visage, et se nouant à deux bras autour du cercueil do Stell : (c Oh ! v s'écria-t-elle, « je t'attendais!
Cette femme était Amalthée.
On essaya en vain de la détacher du cercueil ; elle y tenait comme une rémora lient à la <piille
LK MAGICIEA. 297
d'un vaisseau : alors , ayant reconnu qu'elle était raide et morte , on la jeta avec Stell dans la fosse.