CURIEUX PROCÈS
Tous les journaux de Paris ont annoncé la décision de LA COUR SUPRÉME du royaume, dans le procès imtenté à M. J.-J.-A, Rican», directeur de l'institut magnétologique, et à mademoiselle VrreintE, somnambule, par M. Eugène Dufraysse-Lafeuillade, procureur du rai à Bressuire; mais la lupart des feuilles quotidiennes n’ont pu porter à la connaissance du public les faits incriminés. Commeil importe à l'intérêt de la science magnétologique, en même temps qu'à la réputation des deux accusés, que tout le monde puisse apprécier les circonstances les plus saillantes de ce procès étrange, en voici l'exposé succinct et exact :
M. Pihoué, malade depuis plusieurs années, traité vainement par les médecins de son pays et les savants de la capifale, ayant appris que mademoiselle D..,....:, du départé-
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ment dés Deux-Sèvres, considérée comme incurable par les médecins, avait élé guérie par les soins de M. Ricard, aidé des conseils dé mademoiselle Virginie, résolut de s'adresser à cé magnétiséur, et lui demanda une consultation de somnambule, Cétte consultation, donnée sur uné boucle des cheveux du maladé, ést de la plus grande vérité, au témoignage de tous, même des médécins ordinaires de M. Pihoué. Ce fait est acquis au procès.
La Consultation fut payée, au taux du réglement dé la maison, 50 fr. Le malade, joyeux autant qu'étonné d’une consul tation Semblable, résolut de se faire magnétiser, ainsi que je prescrivait la somnambulé. Ayant confiancé plus en l’éxpériènce de M. Ricard qu’en celle de tout autre magnétiseur, il pria Sa famille d'écrire à Paris pour engager le professeur de magnélologie à faire lé voyage de Bressuire. Madame Branger, srand'mère du malade, lui écrivit. Les conditions du voyage iurent réglées d'avance. M. Ricard et mademoisellé Virginie allèrent à Bressuire, virent M. Pihoué et lui donnèrent leurs soms, avec l'assistance de ses deux médecins ordinaires. Le mieux fut remarquable au bout de trois jours, M. Pihoué, sur l’avis de ses médecins, et du consentement de sa famille, voulut venir à Paris. M. Ricard consentit à l’emmener, à lui donner un logement chez lui, et voilà le malade en traitement dans l'institut magnétologique, soigné avec tous les égards imaginables. La femme et le beau-frère dun malade vinrent le voir et le trouvèrent dans unétat si satisfaisant qu'ils comblèrent M. Ricard de bénédictions et le prièrent de conünuer.
11 ÿ avait un mois que M. Pihoué était à Paris, lorsque le bruit de sa guérison s'étant répandu à Bressuire, M. le procureur du roi Lafeuillade fit arrêter. et conduire en prison le magnéliseur ainsi que latsomnambule. Pas la moindre plainte avouée, pas la moindre chose, rien qui pût motiver cette me-
2 à 7 n£ n à 3 1 tra sure} C'est encore démontré.
M. Pihoué dénonça la conduite singulière de M. le procureur du roi à Me procureur général de Poitiers : il écrivit à M Ricard des lettres dé consolation. M. Legressier, mairé ‘de lhouars, beau-frère de M. Pihôué, éérivit aussi au professeur une lettre dans laquelle il le comble d’éloges, én lui exprimant toute sa reconnaissance des soins donnés à M. Pihoué. Tout en
déplorant les rigueurs du parquet de Bressuire , dont la con-
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duite, dit-1l, est ..... (1), M. Legressier donne dans cette lettre, très-probablement, les moyens d'arriver à connaître les meneurs du procès, plutôt fait, selon lui, en vue d’emipécher la guérison de M. Pihoué, que par un motif réel de blâme contre les accusés. D'autres personnes ont aussi écrit à M. Ricard d'autres lettres qu'il tient en réserve pour démasquer, quand il le jugera opportun, toutes les machinations dont il est victime.
Depuis plus d’une année, la somnambule et le magnétiseur, persécutés affreusement, se-trouvent ruinés de fond en comble par ce malheureux procès, auquel ils étaient loin de s’attendre.
M. Ricard et mademoiselle Virginie ont été condamnés comme escrocs à Bressuire par des juges qui affirment que le magnétisme (dont ils ne devaient point, d’après leur premier considérant, apprécier le mérite et la valeur) est un pouvoir imaginaire, chimérique, repoussé par le bon sens, ét qu’on ne saurait admettre, prétendent-ils, sans faire abnégation de sa raison. |
Ils ont appelé de cette sentence, et le tribunal de Niort, par les mêmes motifs qui ont déterminé les premiers juges, a confirmé leur décision en aggravant énormément la peine prononcée contre les prévenus.
I! est démontré par tous les témoignages qu'aucune manœuvre, frauduleuse n’a été commise par les accusés; que la consultation, déclarée impossible par les deux tribanaux, est de la plus grande vérité; que le magnétisme, déclaré pouvoir imaginaire, avait guéri, pour ainsi dire, M. Pihoué d’une maladie épileptiforme dont il était atteint, comme il a guéri des milliers de personnes abandonnées de la médecine ordipaire ; que le malade, sa famille, ses médecins, ses amis, ont proclame haut, en face de la justice, leur reconnaissance envers le magnétiseur.
Sur pourvoi, la cour suprême a prononcé la cassation de l'arrêt qui a frappé M. Ricard et mademoiselle Virginie, parce qu'aucun des caractères de l’escroquerie n'existe dans le fait pas plus.que dans le droit, en cette affaire inéroyable. M. Mandaroux-Vertamy, chargé de la défense, a démontré à MM. les
(1) Icise trouve un mot qui a donné prétexte à un nouveau procés encore pendant, contre M. Ricard.
magistrats souverains la fausse application de la loi qu'ont faite contre les prévenus MM. les juges de Bressuire el MM. les juges de Niort,
Le plaidoyer de notre célèbre et digne avocai étant de nature nes , + 1118 . » , ; , à instruire encore les personnes adonnées à l'étude du magnetisme, je pense bien faire en le reproduisant 101,