GUÉRI AU MOYEN DU MAGNÉTISME, PAR M, RICARD
Dans l'œuvre de la création, où l’on rencontre à chaque pas des preuves de la puissance et de l’amour de Dieu, $'il est des circonstances où le philosophe observateur s’arrèté comme sur pris et désorienté devant quelques imperfections où la volonté de l'être suprème semble avoir faibli, s’être départi de sa bonté providentielle, c’est bien en face de certaines infirmités de naissance qui affligent une partie du genre humain, minime en réalité, mais encore assez nombreuse pour contrister des cœurs accessibles à la pitié. Où chercher, en éffet, une excusé pour la bizarrerie de la nature, qui, marâtre envers quelques imfortunés, les prive dès leur naissance d’un des organes les plus indispensables pour établir le rapport normal entre l’individu et le reste de l'univers ?
Voyez entre autres le sourd-muet de naissancé : son cerveau aussi bien conforme que celui dé tout autre est cependant con= damné à demeurer toute la vie Comnie une sorte de table rase où l’idée, la pénsée surtout né viendra refléter aucune de es images viviliantes; la machine est complète sous tous les autres rapports, mais faute d'un rouage la voilà enrayée dans sa marche, condamnée à une torpeur continuelle, indéfinie… .
Long temps la médecine s’est évertuée à rectifier éette abèrration de la nature ; mais, malgré les travaux de MM. Itard et Meniere, cette maladié était demeurée jusqu’à ce jour dans le rang des affections incurables. Cette conviction fut de tout temps si profondément euracinée dans tous les esprits, que ne pouvant triomplier de l'obstacle, on s’occupa de le tourner par une éducation spéciale, une éducation lente et pénible, à l’aide de laqueïle des hommes tels que l'abbé Sicard et l'abbé de l’Epée obtinrent des résultats magnifiques sans douté, mais qui sont bieü tristes, bién incomplets, quand on les compare à la nature elle-même. N’est-il donc aucun moyen qui soit meilleur? Pardon ; — mais il n’a pas encore droit de bourgeoisie dans la science, et avant qu’il ait acquis ce droit, défense à tout médecin dé l'employer sous peine de l'éxcômmunication univérsitaire. Héuréusement que ces foudtes pas plus que celles
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du Vatican ne sont fort à craindre par le temps qui court ; nous qui les redoutons très-médiocrement, nous nous hasarderons donc à prôner une médication . .... magnétique! le mot est lâche !
Or, plus heureux que beaucoup de novateurs dont les systèmes éclos dans le sitence et le far niente du cabinet lancent bravement leurs conceptions avortées avant qu’elles n’aient eu la sanction de l’expérience, M. Ricard travaille à propager un moyen qui, entre ses mains, a été couronné du succès le plus éclatant. Il s’agit donc d’un nouveau cas de surdi-mutité radicalement guéri par le magnétisme.
Le jeune enfant soumis aux magnétisations de M. Ricard élait sourd-muet de naissance; sans cela, comment serait-il venu à l’idée de ses parents de le confier aux soins d’un médecin magnétiseur ? Cependant, comme la mauvaise foi et l’incrédulité ne se font pas scrupule de nier les faits les mieux avérés, M. Ricard se mit en mesure de leur riposter victorieusement, et bien lui en prit. Entre ses mains sont deux certificats dont voici la teneur :
« Nous, maire d’Ingouville, chef-lieu de canton, certifions à € qui il appartiendra que le jeune Hurtrelle, Hippolyte-Léo- « pold, fils de Jean-Louis Hurtrelle et de Carpentier, Marie- € Anne-Françoise-Marguerite, né en cette ville, le 7 juin 1834, « est sourd et muet de naissance.
« En foi de quoi nous lui avons délivré le présent et y avons fait apposer le sceau de cette commune.
« En l’hôtel de la mairie d’Ingouville, le 15 mars 1841.