‹ Le magnétisme animalChapitre 17 sur 121 · HYPNOSE PAR ACTION PSYCHIQUE · texte numérisé non relu

HYPNOSE PAR ACTION PSYCHIQUE

tion. On peut même dire que, toutes les fois que le sujet est averti qu'on va l'hypnotiser, son esprit concourt au succès de l'opération, et le sommeil résulte en partie dune action psychique.

La production de l'hypnose par action psychique a surtout été mise en lumière par l'abbé Faria, qui provoquait le sommeil par intimation. Son procédé consistait à dire au sujet, d'une voix impérieuse : « dormez ». Parfois, sans prononcer aucun mot, il suffit de faire un geste de commandement. Le procédé de Faria est rarement employé d'une façon aussi simple, le plus souvent on remplace l'intimation par Vinsinuation. On produit le sommeil, par exemple, en disant au sujet qu'il a envie de dormir, qu'il se sent lourd, que ses paupières tombent, qu'il n'entend, qu'il ne voit plus, etc., ou encore, comme nous l'avons observé, en faisant semblant de dormir soi-même. Ces procédés de douceur réussissent parfaitement chez les sujets qui ont déjà été endormis par d'autres procédés et on comprend qu'ils réussissent du premier coup sur des sujets particulièrement disposés, qui viennent se faire endormir dans un but de traitement, et qui ont confiance dans l'opérateur et dans le résultat de l'opération. Ce n'est là du reste que de la suggestion à l'état de veille.

Souvent cette suggestion se dissimule sous diverses manœuvres qui ont fait admettre autrefois l'existence de la magnétisation à distance. On peut endormir un sujet entraîné en faisant des passes à travers une porte, pourvu que le sujet sache bien qu'il y a là un magnétiseur qui cherche à l'endormir ; cette expérience, par laquelle on a voulu démontrer que le somnambulisme est produit par un fluide s échappant du corps du magnétiseur et traversant les corps opaques, prouve tout simplement que ridée fixe qu'on est hypnotisé, c'est-à-dire une impression psychique , suffit à endormir. On peut expliquer de la même façon comment une personne à Paris peut endormir un de ses sujets qui est en province, quand ce dernier sait le jour et l'heure où l'opération doit commencer; ou comment on endort certains sujets en leur faisant toucher des objets auxquels on attribue à haute voix des vertus magnétiques. Ainsi s'explique l'action tant vantée autrefois de Veau magnétisée et des arbres magnétisés. Mais l'expérience la plus frappante est la suggestion de sommeil

à longue échéance. On affirmé au sujet, avec le sérieux et lautorité nécessaires, que dans tant de jours, à telle heure, il s'endorniii'a spontanément. Au jour fixé, quand l'heure arrive, la suggestion se réalise ; le sommeil saisit le sujet au milieu de ses occupations et dans qu(»lque lieu qu'il se trouve.

Beaucoup d'auteurs qui ont reconnu la puissance de la suggestion comme agent hypnogénique ont voulu voir la suggestion partout. Tel est Braid qui affirme que le concours de l'imagination du sujet est indispensable au succès de l'opération ; « l'hypnotiste le plus expert, dit-il, s'exercera en vain si le sujet ne s'y attend pas, et s'il ne s'y prête pas de corps et d'âme. » De nos jours, quelques auteurs ont soutenu que l'attention expectante était la cause de tous les phénomènes hypnotiques, comme de tous les phénomènes de la méthallothérapie ; Schneider et Berger expliquent la production de l'hypnose par une concentration unilatérale de l'attention. Ce sont là des affirmations trop absolues. 11 existe toute une série d'agents purement physiques qui sont capables de provoquer le sommeil sans le concours de l'imagination de l'opéré, contre sa volonté et à son insu.

En terminant, nous mentionnerons quelques-unes des expériences faites par l'un de nous (l), qui confirment l'idée déjà indiquée par Braid, que l'hypnose résulte d'un épuisement de l'influx cérébral. On peut donner la preuve expérimentale que les excitations sensorielles de toutes sortes qui provoquent l'hypnose agissent par épuisement, car le premier etïet de ces excitations est une exagération généralisée de la motilité. Si on dispose dans la main droite du sujet la poignée d'un dynamographe, de telle façon qu'elle soit seulement maintenue, sans pression, et si on endort ensuite le sujet par un procédé quelconque, on peut constater qu'entre l'excitation et le sommeil, il se produit une décharge motrice. Les doigts pressent d'une manière très intense le dynamographe ; de plus, ce mouvement est généralisé à tous les muscles du corps. Il est donc probable que l'excitation hypnogène met en jeu une activité qui s'épuise.

Mais ici nous rencontrons une difficulté. Comment la théorie de

(1) Ch. Féré, Inhibition et épuisement, Soc. de Biologie, 7 mai 188G. — Impuissance et pessimisme (Revue pliilosoi^hique, juillet 1886.) — La médecine d'imagination iPi'ogrès médical, 1886, p. 717j.

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