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DES PRÉDISPOSITIONS HYPNOTIQUES

puis il survient en quelques minutes, puis en quel(|ues secondes, et enfin presque instantanément. A ce moment, le sujet tombe entièrement à la merci de son magnétiseur. II est intc'ressant de remarquer que ces faits sont l'expression d'une loi de physiologie générale, la loi de répétition. Des expériences nombreuses de psychométrie ont montré que : l" lorsqu'un acte est répété un grand nombre de fois, avec des intervalles de repos suffisants, chaque série de répétition s'accompagne dun gain dans le temps de réaction ; 2° Le gain de temps décroît à mesure que le nombre des répétitions augmente ; 3° Il finit par atteindre une limite difficile à dépasser.

Mais ici s'impose une question des plus controversées à la période actuelle de l'histoire du magnétisme animal. Tout individu est-il susceptible dètre endormi artificiellement par les procédés que nous avons exposés en masse? Ou bien faut-il pour obtenir ce résultat que le sujet soit prédisposé par un état morbide ? Y a-t-il une névrose hypnotique, pour employer l'expression de JM. Ladame, en dehors de laquelle l'hypnotisation est impossible? ou encore les névropathies, et en particulier l'hystérie, doivent-elles être considérées comme une prédisposition indispensable ?

Nous avons déjà dit qu'au point de vue de sa production, le sommeil artificiel ne pouvait pas être séparé du sommeil spontané, physiologique ; et nous ajouterons qu'à la limite, dans ses formes atténuées, il n'en diffère pas par sa nature, ni par ses caractères. Nous admettons volontiers que, sur un sujet quelconque, en répétant, en variant et en prolongeant suffisamment les tentatives, on peut produire un sommeil artificiel, puisqu'on peut provoquer la fatigue. Avant d'affirmer que le résultat est impossible, il faudrait au moins que les tentatives eussent été faites, et en bonne logique, c'est aux sceptiques à faire la preuve négative. Mais il n'en est pas moins certain que la plupart des névropathes et surtout les hyst(''riques offrent une prédisposition très nette au sommeil hypnotique et que leur sommeil diffère du sommeil naturel par des caractères physiques spéciaux.

Or, c'est précisément cette adjonction des caractères physiques spéciaux qui constitue le point le plus important de la question ; car ces phénomènes d'ordre somatique servent de preuve aux

manifestations psychiques, extrêmement complexes, qui les accompagnent.

Jusqu'à présent, on a pu dire que c'est seulement dans l'hypnotisme des hystériques, dans cette forme décrite par MM. Charcol et Hicher sous le nom de grand hypnotisme, que l'on a découvert des phénomènes physiques imprimant à leur sommeil un caractère spécial. Nous admettons certainement qu'on peut dans la grande majorité des cas provoquer artiliciellement un épuisement suffisant pour amener le sommeil. Mais le point sur lequel la discussion reste ouverte est le suivant: étant démontré qu'on peut toujours endormir un individu artificiellement, en découle-t-il nécessairement que cet individu doit d'un sommeil spécial qui n'est pas le sommeil naturel?

Quand même cette question serait résolue dans le sens de l'affirmative, quand même il serait établi qu'aucune personne n'est absolument réfractaire à l'hypnotisme, nous nous croirons toujoui's en droit d'aflirmer que les phénomènes hypnoticpies consistent dans un trouble du fonctionnement régulier de l'organisme. Ainsi que M. Barth l'a dit récemment, on peut donner mal à la tête; à tout le monde ; mais ce n'est pas la preuve que le mal à la tête soit un état physiologique. Nous n'admettons donc pas l'opinion de certains auteurs qui traitent l'hypnose comme un état physiologique et paraissent plus préocenipés de la séparer des autres névroses que de l'y rattacher (1).

Une question secondaire se rattache directement à la précédente : un individu liypnotisable peut-il être hypnotisé sans son consentement, et même malgré sa volonté contraire? Beaucoup de personnes se sont émues à l'idée qu'un étranger pourrait les suggestionner et disposer d'elles comme de simples automates. Il y a là, certainement, un danger pour la liberté humaine, danger qui grandit avec la répétition des expériences. Quand une personne a été souvent endormie, on peut l'endormir à son insu de plusieurs façons différentes : d'abord, pendant son sommeil naturel, en pressant légèrement sur ses yeux ; puis, à l'état de veille, si elle est hystérique, en la surprenant par une excitation forte, un couj) de gong, un rayon électi'ique, ou tout simplement un geste brus-

(1) M. Ochorowicz a imaginé, sous le nom d'hi/pnoscope, un instrument qui met en évidence la sensibilité particulière de certains sujets à l'aimant. Ces sujets paraissent eu eflct plus facilement hypnotisables.

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