EXCITATION DES TENDONS ET DES NERFS
au moment où la contraction vient d'être obtemie ; la malade esit aussitôt rendue cataleptique et la contraction du muscle excité persiste pendant un certain temps.
Il est possible de faire contracter isolément un grand nombre de muscles, tels que le frontal, le myrtiforme, le triangulaire des lèvres, ou bien de faire contracter plusieurs muscles à la fois, de façon à obtenir ce que Duchenne (de Boulogne) appelait des contractions combinées expressives. Avec le doigt ou un petit bâton à extrémité arrondie, on reproduit sur la face d'un sujet plongé en léthargie toutes les belles expériences que faisait Duchenne sur des sujets éveillés au moyen de l'électricité. Ces études, qui ont été poursuivies avec une grande précision par yVSl. Charcot et Richer (1), permettent d'établir expérimentalement la part qui revient à chaque muscle dans l'expression des passions. En effet , sauf quelques exceptions , l'action musculaire due à Ihyperexcitabilité reste exactement localisée au muscle qu'on a directement excité; l'action de ce muscle n'entraîne pas celle des autres muscles qui lui sont habituellement associés pour rendre une expression émotionnelle. Par exemple, en appuyant le doigt ou l'extrémité mousse d'un crayon sur le point moteur du grand zygomatique, on parvient à faire contracter ce muscle isolément, ce qui donne l'expression du rire faux; il faudrait, pour obtenir le rire franc, faire l'excitation simultanée du muscle orbiculaire palpébral inférieur. Enfin, Ihyperexcitabilité des muscles de la face permet de mettre en mouvement des muscles qui échappent généralement à l'action de la volonté, par exemple ceux du pavillon de l'oreille.
Mais ce n'est pas seulement en agissant sur le corps charnu des muscles que l'on peut provoquer leur contraction; l'excitation mécanique de leurs prolongements fibreux, de leurs tendons produit le même effet.
Excitation des tendons. — Les effets de l'excitation des tendons sont surtout bien marqués au genou. Si, chez un individu normal, on frappe sur le tendon rotulien, le muscle triceps de la cuisse se contracte, ce qui provoque une courte secousse dans le membre avec extension de la jambe. Les hystériques présentent fréquemment à l'état de veille une exagération de ce réflexe tendi-
(1) Op. cit. p. 56.
neux. Mais dans la léthargie provoquée, on constate quelques caractères nouveaux; d'abord une diffusion du réflexe qui se traduit par une secousse généralisée à toute la moitié correspondante du corps, et ensuite une tendance marquée à la coniracture.
Excitation des nerfs. — L'excitation mécanique des troncs nerveux périphériques est surtout intéressante par ce fait qu'elle produit la contracture de tous les muscles tributaires du nerf excité. 11 en résulte que le membre sur lequel on expérimente prend une attitude caractéristique, qui est déterminée par la distribution spéciale des rameaux du nerf excité dans les muscles de la région. On a dit que l'hyperexcitabilité nearo-miisculaire constitue une démonstration anatomique de la réalité du sommeil nerveux ; il est certain du moins que c(^ ]ihénomène ne peut pas être simulé, même par des sujets munis d'une instruction anatomique solide.
Les nerfs du membre supérieur, qui sont facilement accessibles à l'excitation mécanique, sont choisis en général pour la démonstration de cette propriété neuro-musculaire de la léthargie. Le nerf cubital peut être facilement atteint dans la région du coude,
FiG. 1. — Griffe cul)italc (d'aim'-s MM. Cliairot et Riclior).
au fond de la gouttière formée par l'olécrane et l'éphrochlée. Si on exerce en ce point une pression mécanique avec le doigt, on voit aussitôt la main du sujet se contracturer dans l'attitude représentée par la figure. C'est la griffe cubitale. (Fig. 1.)
Les caractères fondamentaux de cette grille, qui présente