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ACTES PRODUITS PAU SUGGESTION

n'est pas soumis à des lois psycliologiques qui lui sont propres, et qu'il ne présente aueun symptôme dont on ne retrouve le germe à l'état normal. L'élude comparée des phénomènes de suggestion et de l'aliénation mentale montrera en outre que les troubles psychiques suggérés chez l'hypnotique olFrenl un grand nombre de caractères communs avec les troubles spontanc's, non provoqués, de l'aliéné : que l'hallucination hypnotique par exemple ne ditïère pas essentiellement des autres.

Grâce à ces comparaisons multipliées, l'opérateur s'oriente dans les études parfois si délicates de l'hypnotisme ; en sappuyant sur les résultats acquis de la science positive, il y trouve un contrôle, une direction, et Ihypnotisme, au lieu de servir de divertissement aux oisifs, devient une métliode utile d'expérimentation en psychologie et en médecine mentale.

La suggestion est une opération qui agit sur le système nerveux du sujet, en produisant des modifications analogues à celles qui sont déterminées par les excitations périphériques. Mais on est loin de connaître tous les ellets que peut produire Viciée qu'on introduit j^ar suggestion dans le cerveau de l'opéré ; il est même probable qu'on n'en connaît pas la millième partie. Loin de vouloir cacher ces lacunes de la théorie de la suggestion, nous croyons utile de les signaler à chaque instant. L'étude de la suggestion en est encore à ses débuts ; elle nous réserve sans doute bien des surprises.

Il nous parait assez probable qu'en s'adressant à un sujet a])proprié, la suggestion est capable de produire toutes les actions qui sont sous la dépendance du système nerveux. Nous émettons là une assertion qui n'est que vraisemblable, car les preuves directes nous manquent. Et, fùt-elle démoutn-e, il resterait encore à connaître l'étendue et les limites de l'inlluence du système nerveux sur le reste de l'organisme. La question de la suggestion se confond ici avec une grosse question de physiologie qui est encore passablement obscure.

Un chapitre nouveau de l'histoire de la suggestion s'est ouvert Fii.NET ei Férk. 10

dans CCS derniers temps. Divers observateurs se sont occupes des suggestions qui exercent une action non pas sur la vie psychique du sujet , mais sur des fonctions dites végétatives , circulation, calorification, sécrétion, digestion, etc.

Nous n'insisterons pas sur les faits vulgaires, comme ceux de purgation par suggestion, qui sont connus depuis fort longtemps, et qui ne présentent rien de; particulier, puisque l'on sait que certaines émotions morales produisent, à l'état normal, les mêmes ellets.

La plus importante de ces perturbations organiques produites par une idée est l'expérience de vésication par suggestion, faite par M. Focachon, pharmacien à Charmes; cet expérimentateur applique sur l'épaule gauche de son sujet endormi des timbresposte maintenus par quelques bandes de diachylon et par une compresse ; il lui suggère en même temps quon lui applique un vésicaloire, puis le sujet est gardé en surveillance. Vingt heures après, on enlève le pansement, qui est resté intact : Au dessous, l'épiderme épaissi et morlifié présente une couleur blanc jaunâtre ; cette région de la i)eau est entourée d'une zone de rougeur intense avec gonflement. Cet état fut constaté par de nombreux médecins, parmi lesquels M. Beaunis, qui présenta à la Société de psychologie physiologique, le 29 juin 1885, les photographies de ce vésicatoire (1).

Peu de temps après, le 11 juillet 1885, 31. Dumontpallier a communiqué à la Société de biologie des expériences dans lesquelles il a produit par suggestion chez des hystériques endormies des élévations locales de température de plusieurs degrés ; fait curieux, dont nous retrouverons l'analogue dans les suggestions de phénomènes psychiques, la région symétrique du corps présentait en même temps un abaissement de température.

Dans la même séance, MiM. Bourru et Burot, professeurs à l'École de Rochefort, publiaient des faits d'épistaxis et même; de sueur de sang, provoqués par suggestion chez un hystérique mâle hémiplégique et hémianesthésique. Un jour, l'un de ces

(1) Il paraît que, dès novembre 1810, un médecin italien du nom de Préjalmini avait obtenu chez une somnambule une vésication en appliquant sur la peau saine un morceau de papier sur lequel il avait écrit l'ordonnance d'un vésicatoire. Nous devons ce renseignement à l'amabilité de notre collègue, M. H. Ferrari, qui l'a trouvé dans le Journal de magnétisme animal de Ricard 1,2° année, 1840, p. 18 et p. 151).

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