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EFFETS DE LA SUGGESTION

pi'incipales sont riialliicination et l'acte. Une grande partie de ces pliénomènes paraît s'expliquer par la grande loi de Vassociation des idées. On a déjà remarqué que toutes les suggestions s'adressent aux organes sensoriels du malade, et exigent la participation de son intelligence pour atteindre le but visé. Allant plus loin, nous constaterons que chaque suggestion comprend trois choses : d'abord, il y a une impression que l'on fait subir au sujet et qui est, suivant les cas, un(^ sensation de la vue, de l'ouïe (suggestion verbale), du toucher ou des autres sens; cette impression initiale, qu'on pourrait appeler Vimpression suggestive, a pour effet d'éveiller dans le cerveau de l'hypnotique une seconde impression, qui s'appelle Vélat suggéré; c'est, par exemple, l'image hallucinatoire. La première impression est le moyen, la seconde est le but. Maintenant comment la première impression, qui est directement produite par l'expérimentateur, peut-elle susciter la seconde, qui est tout interne et sur laquelle l'expérimentateur n'a aucune prise directe? En se plaçant au point de vue ]isy(!hologique, il faut répondre : C'est par association d'idées. La suggestion à forme positive n'est pas autre chose que la mise en œuvre d'une association mentale préexistant dans Vesprit de Vhypnotique.

Prenons un exemple. On dit à la malade : « Regardez; vous avez un oiseau sur votre tablier. » Aussitôt que ces simples paroles ont été prononcées elle voit l'oiseau, elle le sent sous ses doigts, et quelquefois même elle l'entend chanter. Les personnes inexpérimentées peuvent trouver merveilleux et même inexplicable qu'il suffise de parler à certains sujets pour créer dans leur cerveau une vision imaginaire. Il n'en est pas moins vrai que la suggestion d'hallucination est un fait dont l'association des idées rend bien compte. La parole qu(^ pi-ononce l'expérimentateui" est associée par l'éducation, par la répétition, en un mot, par l'habitude, à l'image mentale d'un oiseau, et voilà pourquoi elle provoque cette image, voilà pourquoi l'hallucination surgit. C'est la loi que lorsque deux impressions ont été souvent reeues ensemble, simultanément ou dans une succession immédiate, la présence de l'une tend à j-essusciter l'autre. La prodiu'tion de l'image hallucinatoire par afiirmation verbale ne fait que réaliser cette loi bien connue. En insistant un peu, on constaterait que cette espèce de suggestion rentre dans le groupe des associations par contiguïté.

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Au lieu de nous servir de la parole, nous prenons le regard de notre sujet, et lorsque ce regard, devenu mobile, suit docilement tous nos mouvements, nous faisons avec la main le simulacre d'un objet qui vole; bientôt le sujet s'écrie : le bel oiseau! Comment un simple geste a-t-il produit un eflet aussi singulier? Toujours par association d'idées. Nous avons éveillé limage de l'oiseau par une imitation grossière, en figurant avec la main le mouvement d'un objet qui vole. Ici, l'association qui entre en jeu diffère de la précédente, c'est une association par ressemblance.

Ainsi s'explique, pour le psychologue, le mécanisme de; la suggestion hallucinatoire, qui consiste essentiellement dans la mise en œuvre d'une association. Elle n'est qu'un cas particulier de la grande loi qui se formule ainsi : Lorsqu'une image est réveillée dans l'esprit, elle tend à reproduire toutes les images qui lui ressemblent, ou qui se sont trouvées ensemble avec elle dans un acte antérieur de conscience. En un mot, une image suggère l'autre. M. Paul Janet remarque à ce propos : « Quelques psychologues écossais, par exemple Th. Brown, avaient mêuKî proposé d'appeler cette loi loi de suggestion, et cette expression eût été beaucoup meilleure que l'autre. Je ne doute pas que ce ne soit de cette origine qu'est sortie l'expression de suggestion introduite par Braid dans la théorie de l'hypnotisme (1). »

De même que l'association du mot îi limage explique la suggestion d'hallucinations, de même l'association de l'image au mouvement explique la suggestion des actes.

Lorsque, devant les yeux d'une hypnotique, on exécute un mouvement quelconque, comme de frapper ses mains, on provoque dans son esprit la représentation de ce mouvement ; lorsque, restant immobile, on se contente de dire au sujet : « Frappez vos mains » , on éveille encore dans son esprit, par l'association des paroles avec les idées, la représentation du même mouvement : et si dans les deux cas indifféremment le sujet accomplit l'acte indiqué, si en d'autres termes l'image du mouvement devient mouvement, c'est que celte image est associée par l'habitude à des mouvements ; ou plutôt elle est comme le commencement, comme le premier degré du mouvement qu'elle représente ; c'est grâce à ce fait que le sujet exécute comme un automate

1) Revue politique et littéraire, août. 1884.

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