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CONCLUSIONS PSYCHOLOGIQUES

une unité. La réflexion montre pourtant bien vite que cette prétendue unité est composée d'éléments nombreux et hétérogènes, qu'elle est une association, un groupe, une fusion, un complexe, une multiplicité (1). L'image dune boule est une résultante de sensations complexes de la vue, du toucher et du sens musculaire. Il est donc intéressant de savoir si, quand une image est associée par contiguïté à plusieurs autres, l'extériorisation de la première entrahie celle des autres. C'est ce qui a lieu dans une foule d'hallucinations, qu'on peut comparer à une mémoire en action. M. Heidenhain avait donné à un étudiant hypnotisé une série d'hallucinations dans lesquelles il l'avait conduit à l'amphithéâtre, puis au jardin des plantes, où les lions étaient sortis de leurs cages; quelque temps après, le même sujet, ayant été endormi de nouveau, eut spontanément la même série d'hallucinations. De même, il suffit de rappeler à l'hypnotique un souvenir de sa vie normale, ou plutôt de le lui suggérei' sous forme d'hallucination pour que le souvenir des événements qui ont suivi soit évoqué à son tour, et forme un tableau ou une scène hallucinatoire. C'est ainsi qu'on peut forcer un sujet à revivre un morceau de son existence, et surprendre des secrets qu'il n'aurait jamais livrés à une interrogation directe faite pendant la veille, peut-être même pendant l'hypnotisme. Nous citerons comme exemple le chanteur dont M. Mesnet a raconté l'histoire ; si on lui présente une canne recourbée qu'il prend pour un fusil, ses souvenirs militaires ressuscitent ; il chargea son arme, se couche à plat ventre, vise avec soin et lire. Si on lui présente un rouleau de papier, et qu'on fasse passer devant ses yeux une lumière, les souvenirs de son métier actuel de chanteur de café-concert ressuscitent; il le déroule et chante à pleine voix. Enfin, lorsqu'on fait un récit à Ihypnoiique et qu'on l'endort ensuite, il n'est pas impossible qu'une fois mise sur la voie elle n'ait l'hallucination successive de tous les événements qu'on lui a racontés.

Cette aptitude des images hallucinatoires à se suggérer mutuellement montre que la loi de l'association des idées par contiguïté peut s'exercer sans que l'intelligence et la volonté du sujet y prennent la moindre part ; une image provoque l'autre, en vertu

(1) Th. Ribot, Maladies de la mi'moire, p. 1"), Paris, F. Alcan.

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du lien qui les réunit, et la seconde suggère de la même façon la troisième : c'est une des plus belles manifestations de lautomalisme cérébral.

En poussant l'analyse un peu plus loin, on remarque que, dans ces sortes d'hallucinations, ce n'est pas seulement l'image, i)rise en elle-même, qui s'extériorise, mais le lien d'association unissant plusieurs images. En eiïet, cette association donne à Ihallucinalion sa forme, elle détermine les images à s'extérioriser chacune à son tour, en suivant l'ordre où elles sont groupées dans l'esprit. Cela prouve que la loi posée par Dugald Stewartau sujet des états de conscience s'applique également aux relations de ces états. Mais qu'est-ce qu'extérioriser ? C'est croire qu'une chose est réelle. Extérioriser une image, c'est croire qu'elle constitue la réalité. Donc, s'il est vrai que nous avons une tendance à extérioriser les associations d'images existant dans notre esprit, cela revient à dire que nous avons une tendance à croire que les choses sont liées dans la réalité de la même façon que leiu's images le sont dans notre esprit. Cette idée n'est pas neuve ; il y a longtemps que Stuart Mill l'a formulée ; l'hypnotisme la confirme de la façon la plus saisissante.

Généralisant, nous pouvons dire que, toutes les fois que deux images sont associées, il en résulte une affirmation implicite à l'existence d'une relation entre deux choses, c'est-à-dire un jugement, et que, par conséquent, le jugement se ramène à une association d'images extériorisée.

Un des caractères les plus frappants de l'hallucination hypnotique est la fixité de son siège. Prenons V hallucination du portrait, qui est instructive à tant d'égards. Si par suggestion on a fait apparaître lui portrait sur une plaque de carton dont les deux faces offrent une apparence tout à fait identique, l'image sera toujours vue sur la même face du cai'ton, et, quel que soit le sens dans lequel on le lui présente, l'hypnotique saura toujours placer les faces et les bords dans la position qu'ils occupaient au moment de la suggestion, de telle façon que l'image ne soit ni ren-

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