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AUTOMATISME

physionomie actuelles, en eoncentrant en même temps son attention sur ses propres émotions (1). »

Les suggestions d'attitude constituent le degré le plus simple de l'aulomatisme. On peut, en outre, fiiez certains sujets en catalepsie, déterminer un certain nombn' de mouvements coordonnés, en plaçant leurs membres dans une certaine position, par exemple en approchant leur main de leur nez ; alors ils se mouchent ; ou bien en imprimant à leurs membres certaines impulsions qui continuent indéiiniment ; ainsi, si on fait tourner les deux poings du sujet autour lun de laulre, il continue ce mouvement automaticjue jusqu'à ce qu'on l'arrête mécaniquement ou par suggestion. Ces phénomènes relèvent du pur automatisme, et s'expliquent en grande partie par les lois de l'association des mouvements.

Un degré plus élevé consiste dans ce qu'on peut appeler avec Heidenhain l'automatisme d'imitation. On commence par prendre le regard du sujet, en le regardant fixement, puis on recule ; le sujet se lève, il suit l'observateur dont il ne quitte pas les yeux, et imite tous ses mouvements, quelle qu'en soit la nature. On peut le faire rire, siffler, chanter, moucher, frapper des mains et des pieds. Le malade réfléchit les actes de l'opérateur, comme un miroir ; il imite avec la main droite les mouvements de la main gauche de l'opérateur placé en face de lui. C'est ce que Despine a désigné sous le nom (Vimitalion spéculaire. ' L'automatisme peut aussi être provoqué par rappel de l'usage d'un objet ; le procédé est plus détourné , l'automatisme est d'un ordre plus (Complexe : par exem|de si on met un pain de savon entre les mains de la cataleptique, elle le remue entre ses mains <-omme si elle voulait les laver. Si on lui présente un parapluie, elle l'ouvre et s'abrite dessous en frissonnant, comme si elle sentait venir l'orage. La perception visuelle ou le contact de l'objet réveille automatiquement une série de mouvements qui, à l'état normal, sont associés à la même impression des sens. La malade vit sur son fond d'habitudes ; elle n'invente rien. Un objet inconnu ne provoque aucune suggestion.

Ce n'est pas le lieu d'insister sur les analogies qui existent entre

(1) Eléments di' la philosophie de l'esprit humain, trad. Peis>;e, t. III, p. 111, F. Alcan.

liixET et Fkré. 14

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les mouvements, les idées cl- les actes sugg(''rés chez les hypnotiques et les mouvements et l(;s idées spasmodiques chez les aliénés. Nous dirons seulement que chez ces derniers il n'est pas l'are quun acte impulsif soit dc'terminc' aussi par la vue d'un objet approprié : M. Max Simon rapporte l'exemple dun savant qui fut pris tout d'un coup en se rasant de l'idée obsédante de se couper la goi'ge et qui ne put résister qu'en abandonnant son opération. On pourrait citer bien dautres laits analogues.

Certains actes qui ne sont pas purement mécaniques , connne l'action décrire, par exemple, qui nécessite la mise en jeu, non seulement de la main qui trace les caractèi'es, mais encore de la pensée qui les coordonne dans un certain ordre, ne peuvent pas être suggérés par la seule présence; de linstrument qui sert à les accomplir. Si on met une phnne entre les doigts de li... en catalepsie, elle la prend, mais mollement, et la laisse tomber au bout de quelques instants, sans avoir fait un mouvement pour s'en servir. Si, tandis qu'elle la tient, on lui dicte à haute voix les mots les uns après les autres, ou, mieux <'ncore, syllabe par syllabe, on arrive à lui faire tracer quelques phrases avec l'orthographe qu'elle connaît ; mais les lignes sont irrc'gulières, précis(!nient parce qu'elles sont écrites sous l'induence de suggestions successives et sans lien pour le sujet. Cependant, en prenant soin de rectifier la position de la main, on peut obtenir un autographe à peu près impossible à distinguer de ceux qui sont composés pendant la veille (l).

L'absence de dessein se reconnaît à plusieurs signes. La malade à qui on a donni' un pain de savon se lave les mains indélinimenl: une fois, on a laissé l'expérience durer deux heures (Kegnard). Si la malade se chausse, elle lace et délace indéfiniment les courroies ; si on lui donne son travail de crochet, elle répèle la même maille, et fait une chaînette sans fin (juelle ne relie pas au reste de l'ouvrage. Quelquefois, l'acte commencé continue indéfiniment, entretenu par le contact de l'objet, qui suggère l'idée de s'en servir. Le plus souvent, ([uand la suggestion es(, épuisée, le sujet s'arrête et se fige en catalepsie. On observe une sorte de balancement entre les attitudes cataleptiques et les phénomènes psychiques i)roduits par suggestion. Dès qu'on inq)ressioime un

(Ij Cil. Féré, les Hijpuoliqnes, etc.

ECIIOLALIE 211

sujet par siiiii-goslion, la catalepsie cesse; dès que la sugi^esliou prend lin, la catalepsie reparaît.

Pendant l'activité automatique, il reste possible de diviser k; sujet en deux. Voici, par exemple, une malade devant qui on a placé une cuvette, un pot à eau et du savon; aussitôt que son regard est attir»' sur ces objets, la malade, avec une spontanéité ap|)arente, verse leau dans la cuvette, prend le savon et se lave les mains; elle le fait avec un soin méticuleux. Si, à ce moment, on ferme un des yeux, un côté du corps devient léthargique, une des mains s'arrête , mais l'autre n'en continue pas moins son mouvement (l). De même, pendant (jue la malade fait du crochet, si on lui ferme un œil, la main correspondante s'arrête, tandis fpie l'autre main continue à faire seule les mêmes mouvements, devenus inutiles pai' leur isolement. Cependant, comme le remarque M. Kicher, il semble y avoir une part d intelligence dans les mouvements qu'exécute la main unique ; on la voit qui cherche, en prenant appui sur les genoux ou sur la poitrine, à suppléer au défaut de la main qui manque.

Aucun de ces phénomènes n'est propre à la catalepsie ; on peut tous les reproduire avec la plus grande facilité chez des somnambules. Mais dans la catalepsie, les mouvements sont plus simples, plus automatiques ; ils ont quelque chose de fatal.

Nous croyons utile de rapprocher des faits d'imitation automatique, si faciles à provoquer pendant la catalepsie, la voix d'écho ou écholalie.

Ce phénomène est connu depuis longtemps des pathologistes. Il a été découvert chez 1<'S hy|>notiqu('s par M. Rerger (de Breslau). On le produit en appli(iuanl la main sur le crâne du sujet en somnambulisme, sur son front, ou sur sa nuque ; aussitôt le sujet qui, jusqu(!-là, H'pondait netleuient aux questions (pion lui posait, cesse d'y répondre, mais les n'pète; il est comme transformé en phonographe. On peut le faire chanter, crier, tousser, élernuer ; on peut lui faire répéter des mots prononcés des langues étrangères ; il rc'pète tout avec uiu' fidélité qui est souvent étonnante. Certaines uialades conservent aussi l'inlonalion : ou peut leur fair(! chanter un air de musique ; quand on applicpu* contre l'oreille un diapason en vibration, la nialadt; rcpioduil exactement

(1) nicher, op. (it.,\). (Î93.

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le son du diapason avrc sa Irautcur et son caraclèi'e vibratoire. Enfin, dans cet étal, le sujet imite automatiquement tous les gestes de lobservaleur (Charcot).

MM. Marie et Az.oulay (1) ont mesuré le temps de réaction dans récholalie. Voici quel a été le dispositif adopté. Le sujet en expérience portait appliqué contre son oreille un téléphone. Sa bouche était garnie dune mentonnière construite de telle sorte que, lorsque le mot « toc » était prononcé par le sujet, lui signal électrique s'inscrivait sur le tambour de Marey ; daulre part, le téléphone fixé était intercalé dans un circuit comprenant un contact électrique et un signal de Déprez inscrivant, lui aussi, sur le même cylindre. Ainsi, lorsque le contact électrique avait lieu, il se produisait en même temps un bruit dans le téléphone et un signal sur le tambour; Ihystérique disait >< toc » chaque fois quelle entendait le bruit du téléphone, de telle sorte que l'on avait ainsi le temps de réaction personnelle de la malade, pour les impressions auditives.

A létat de veille, ce temps était de 39 centièmes de seconde.

— Dans le sommunbulisme, 33 — ■ —

— Dans lécholalie, 31 — —

Les actes ne diffèrent des mouvements (jue par leur complexité. Ce sont des mouvements associés et adaptés par le sujet à un but quïl désire atteindre. Nous nous placerons dans la phase de somnambulisme pour les étudier.

On procède généralement par suggestion verbale. Il faut commander l'acte directement. M. Heidenhain a observé que, lorsqu'il disait à son frère hypnotisé : « Si j'avais une montre, je désirerais savoir l'heure », cette parole n'était suivie d'aucun eflèt. S'il disait au contraire : <( Montre-moi ta montre », l'ordre était obéi sur-le-champ. Nous sommes arrivés de notre côté à donner des

(1) Soc. (le pxjjchologie, 18 mai 1885.

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