‹ Le magnétisme animalChapitre 58 sur 121 · ACTES SUGGÉRÉS · texte numérisé non relu

ACTES SUGGÉRÉS

ordres par écrit. Le sujet, dès qu'il avait lu les mots : <(. Je vais me lever » se levait. En somme, la seule condition nécessaire, c'est que l'image de l'acte à faire se forme nettement dans l'esprit du sujet.

Pour donner une idée de la précision mallK'mntique avec laquelle l'acte suggéré est exécuté au réveil, lun de nous a fait l'expérience suivante : « Nous montrons à la somnambule sur un plan uni un point fictif f[ue nous ne pouvions retrouver que par des mensurations multiples et nous lui commandons d'enfoncer un canif sur ce point après son réveil ; elle exécute l'ordre sans hésitation, avec une exactitude absolue ; un acte criminel serait exécuté avec la même ponctualité (1). »

Il est intéressant de savoir si le sujet qui est sous le coup d'une impulsion irrésistible se comporte comme un automate vivant sur son fonds passé, sur sa mémoire et ses habitudes, ou si au contraire ce sujet est capable de réflexion et de raisonnement comme un individu normal. Ce dernier cas se présente le plus souvent. Lorsqu'on a soin d'ordonner un acte un peu compliqué, pour lequel il est nécessaire de combiner des moyens, on voit le sujet imaginer ces moyens, qui ne lui ont pas été suggérés ; il fait œuvre d'invention, ce qui montre bien qu'on n'explique pas tout en le comparant à un automate. Par exemple on suggère aune malade d'empoisonner M. X..., avec un verre d'eau pure, qu'on lui dit être empoisonnée. Comment la malade s'y prendra-t-elle pour exécuter ce crime ? La suggestion ne lui a pas trac('' la voie à suivre. La malade tend le verre à M. X... en lui disant pour l'inviter à boire: « N'est-ce pas qu'il fait chaud aujourd'hui ? » ;on était en été) — A une autre malade nous commandons de voler le mouchoir de poche d'un des assistants. A peine réveillée, la malade fait semblant de se sentir étourdie ; elle se rapproche de la personne en titubant, et se laissant tomber sur elle lui enlève rapidement son mouchoir. Une troisième malade à qui on suggère le même larcin s'approche de M. X... et lui dit tout à coup : Uu'avez-vous donc sui- la main? Pendant que M. X... un peu interloqué regarde sa main, le mouchoir a disparu. Aucun de ces expédients n'avait été suggéré aux malades, qui les liraient par conséquent de leur propre fonds.

(1] C\\. Férc'', les Hi/pnotii/ufs hystériques, etc.

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Cette complexité du pliénomèhe nous montre que nous sommes ici bien loin du simple fait d'ime image de mouvement qui provoque le mouvement ; celte explication rudimentaire ne convient qu'à des expériences élémentaires.

Il y a chez les hypnotisés de nombi'cux exemples de résistance. L'ordre n'est pas obéi, le sujet ne l'exécute pas. Cet insuccès peut tenir à deux causes dillérentes, venir ou de l'observateur ou du sujet. Examinons d'abord la première de ces deux causes. L'un de nous a fait remarquer, il y a d<''jà longtemps, (jue l'acte est accompli avec dautant plus de rapidité et d'énergie (|ue la suggestion a été donnée avec plus d'autorité. « Lorsque; le commandement, dit-il, a été fait doucement, mollement, l'hypnotique se trouve, au réveil, dans un ('tat despi'it très intéressant à étudier ; on la voit inquiète, obsédée par l'idée fixe d'accomplir un acte ridicule ou dégoûtant, d'aller embrasser un crâne, ]iar exemple ; elle hésite longtemps, quelquefois même elle exprime son hésitation. « Je suis donc folle ! J'ai envie d'aller embrasser ce crâne. C'est absurde, je voudrais ne pas y aller, mais je sens que je ne résisterai pas. » Le fait est qu'elle y va. 11 faut ajouter que la personnalité île l'observateur entre quelquefois pour une certaine part dans l'efficacité de l'ordre donné ; une malade résistera à l'ordre venu de telle personne, tandis qu'elle obéira à l'ordre venu d'une autre. Quoi qu'il en soit, il est remarquable de constater que les anciens magnétiseurs avaient observé ces faits ; aussi recommandaient-ils à l'opt'rateur le ton d'autorité et au sujet la soumission absolue.

D'autre fois, la résistance du sujet provient de la nature de l'acte qu'on lui ordonne. Cette résistance est comme un reste de personnalité qui survit chez la malade ; c'est sa réaction personnelle, que le sommeil hypnotique n'a pas entièrement abolie. Ce fait de résistance se rencontre souvent chez l(;s grand(;s hypnotiques, mais il est plus fréquent dans certaines périodes que dans d'autres. Nous avons déjà fait remaripier que l'automatisme de la somnambule est beaucoup moins parfait que celui de la cataleptique ; la cataleptique est une mac^hine, la somnambule est une personne. Aussi la première se prète-t-elle facilement à tous les actes qu'on lui ordonne, tandis que la seconde oppose souvent une résistance qui finit par devenir gênante pour l'expérimentateur.

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Un grand nombre de sujets témoignent de leur honnêteté en se refusant à exécuter les vols quon leur commande. Les motifs de refus varient. Tantôt le sujet répond à l'opérateur: «. Non, je ne volerai pas, je ne suis pas un voleur. » Daulres fois, le motif est moins élevé. Beaucoup de sujets répondent naïvement à une suggestion de vol : « On me verrait. » Les suggestions d'assassinat peuvent provoquer les mêmes objections. Si on donne à Z... l'ordre d'assassiner 31. X.., en l'armant d'un coupe-papier, elle répond: « Pourquoi? il ne m'a pas fait déniai. » Mais en insistant, on triomphe de ce léger scrupule. Elle dit bientôt : « Puisqu il le faut, je le ferai. » On la réveille, et alors on la voit regarder M. X... avec un sourire perfide, elle touine autour de lui, puis tout à coup le frappe avec son poignard imaginaire. Mais on ne peut pas faire exécuter à cette malade ni à d'autres un assassinat sur la personne de n'importe qui. Citons encore un exemple intéressant de résistance invincible : « Une de nos malades avait conçu une all'ection très vive pour un homme ; elle avait eu beaucoup à en souft'iir, mais sa passion n'était pas éteinte. Si on évoquait la présence de cet homme, elle donnait immédiatement des signes d'une grande affliction ; elle voulait fuir ; mais il était impossible de lui faire consentir un acte quelconque qui aurait pu être nuisible à celui dont elle avait été la victime ; elle obéissait à tout autre ordre d'une manière automatique. » Xous citerons encore une de nos malades à qui il est impossible de faire dire sa prière ; un auti'i; à qui il est impossible de faire chanter la chanson qu'elle a composée contre l'un de nous ; une troisième qui résiste à l'ordre de souscrire un billet d'un million, et qui ne consent à signer que lorsqu'on abaisse considéi'ablement ce chiffre.

Certaines personnes endormies peuvent avoir l'illusion de la résistance, et croire qu'elles pourraient résister si elles voulaient. Ces illusions n'appartiennent pas au sommeil profond, nous ne les avons pas rencontrées chez nos hypnotiques. M. Hichet les a signalées chez quelques-uns de ses sujets. « Un de mes amis, dit-il, étant seulement engourdi et non tout à fait endormi, a bien étudié ce phénomène d'impuissance coïncidant avec l'illusion de la puissance. Lorsque je lui indique un mouvement, il l'exécute toujours, même lorsque, avant d'être magnétisé, il était parfaitement décidé à me résister, (^est ce qu'il a le plus de peine à

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comprendre à son réveil. « Gertainement, me dit-il, je pourrais résister, mais je n'ai pas la volonté de le faire. » Aussi est-il queUpiefois tenté de croire quil simule. « Quand je suis engourdi, me dit-il, je simule lautomatisme, quoique je puisse, ce me semble, faire auti-ement. J'arrive avec la ferme volonté de ne; pas simuler, et malgré moi, dès que le sommeil commence, il me parait que je simule. » On conqirendra que ce genre de simulation d'un plu-nomène se confond absolument av(^c la réalité de ce phénomène. L'automatisme est prouvé par le seul fait que des personnes de bonne foi ne peuvent pas agir autrement cpie des automates. Peu importe qu'elles s'imaginent pouvoir r(''sister. Elles ne résistent pas. Voilà le fait qui doit être pris en considération, et non l'illusion qu'(îlles se font de leur soi-disant pouvoir de résistance (1).

Parmi les phénomènes psychiques qui accompagnent l'impulsion motrice suggérée, il n"(;n est peut-être pas de jilus intéi'cssants que les motifs apparents donnés par le sujet à l'acte qu'il accomplit. Ces nouveaux faits nous montrent, comme l'illusion de la résistance nous l'a déjà montré, (jue l'hypnotique ignore absolument la source première de l'impulsion qu'il a reçue. Lorsque le sujet se réveille et qu'il accomplit l'acte dont il a reçu la suggestion pendant le somnambulisme, le plus souvent il croit agir librement ; l'acte qui lui a été suggéré, et par conséquent imposé par une volonté éti'angère, lui paraît être absolument de même nature que ceux qu'il accomplit de sa propre initiative. Il y a plus ; ignorant la viaie cause qui l'a fait agir, h^ sujet invente tel ou tel motif plus ou moins ingénieux, plus ou moins plausible, alin de s'expliquer à lui-même la raison de sa conduite. M. Uichet a le premier fait une étude régulière de ce phénomène. Nous lui empruntcms quelques observations : « B... étant endormie, je lui dis : Quand vous serez réveillée, vous enlèverez labat-jour de la lampe. Je la réveille, puis, après quelques minutes de conversation : On ne voit pas clair ici, ditelle, et elle enlève labat-jour. lue autre fois, je dis à B... endormie : Quand vous serez réveilk'C, vous mettrez beaucoup de sucre dans votre thé. Je la l'évi'ille, on sert le thé et elle bourre de sucre sa tasse. « Que faites-vous donc ? lui dit-on. — Je mets

(1) Ch, liichet, l'Homme et l'iiitellii/ence.

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du sucre. — Mais vous en mettez trop. — Ma foi ! tant pis ! et elle continue le même manège. Puis, trouvant sa boisson détestable : « Que voulez-vous, c'est une bêtise ! Est-ce que vous n'avez jamais fait do bêtises ? (D » L'un de nous a publié une observation analogue. « En compagnie de M. B..., qui est entré ce jour-là pour la première fois à la Salpêtrière, nous faisons des expériences d'hypnotisme sur une nonnuée C... hystéro-épileptique du service de M. Charcot. La malade est en état de somnambulisme provoqué. Je lui donne Tordre de poignarder à son réveil M. B... avec la lame de carton que je lui mets dans la main. Sitôt réveillée, elle se précipite sur sa victime, et la frappe dans la ri'gion précordiale ; >L B... feint de tomber. Je demande alors à la malade pourquoi elle a tué cet homme ; elle le regarde fixement un instant, puis avec une expression faiouche : « C'est un vieux c il a voulu me faire des saletés. »

Comment comprendre cette réponse ? — Il est évident que dans cette circonstance l'acte criminel n'avait pas de motif matériel, et il n'en a été suggéré aucun ; la malade, son crime accompli, a un moment d'hésitation avant d'en donner le mobile, elle sent une lacune de sa conscience, elle interroge l'aspect extérieur de sa victime ; elle n'a pas besoin d'un grand talent d'observation pour ôlre frappée de l'expression égrillarde du visage de M. B... Voilà la lacune remplie : ce monsieur ne l'a ni frappé(\ ni volée, etc. ; mais sa physiondmie l'accuse, elle n'avait aucune autre raison de le frapper, donc elle avait celle-là, car elle ne pouvait pas le frapper sans raison. Il faut rappeler à ce sujet que les épileptiques, après avoir commis inconsciemment un acte nuisible, peuvent, à l'exemple du sujet suggestionné, non seulement s'en reconnaître les auteurs, mais l'expliquer par des motifs plus ou moins raisonnables. Ce rapprochement nous montre une fois de plus que les hypnotiques constituent de précieux sujets d'expérience en médecine mentale (2). On peut ajouter à ce sujet que l'impulsion suggérée ressemble aux impulsions irrésistibles de certains aliénés, par deux caractères importants : l'angoisse du sujet

(!) Cil. llicliet, lu Mémoire et la personnalité dans U somnambulisme (Revue philosophique, mars 1882).

(2i Ch. Féré, Mofe pour serrir à l'histoire des actes impulsifs des épileptiqnes [Revue de mMeriue, 1S85).

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quand ou l'ompôche (raccomplir lacté, ot son soulagement après l'acte accompli.

Les suggestions à longue échéance sont possibles pour les actes connue pour les hallucinations. M. Cli. llichet a, le premier, attiré l'attention sur ces expériences (1). « B... étant endormie, dit-il, je lui dis: « Vous reviendrez tel jour, à telle heure. » Réveillée, elle a oublié cela, et me dit : « Quand voulez-vous que je revienne ? » — « Quand vous pourrez, un jour (pielconque de la semaine prochaine » — « A quelle heure ? » — « Quand vous voudrez. » Et r(''gulièrement, avec une ponctualité surprenante, elle arrive au jour et à l'heure qui ont été indi(iués. delà conduit quelquefois à des conséquences assez bizarres. Un jour, A... arrive (à l'heure (|ui avait été convenue pendant son sommeil), et sa première parole est pour me dire : « Je ne sais pas pourquoi je viens ; il fait un temps horrible, .l'avais du monde chez moi. J'ai couru pour venir ici, et je n'ai pas le temps de rester: il faut que je reparte dans quelques instants. C'est absurde. Je ne comprends pas pourquoi je suis venue. Est-ce que c'est encore un phénomène de magnétisme ? »

(^es expériences soulèvent les mêmes problèmes que les hallucinations à échéance fixe. Nous n'y reviendrons pas. Le seul point qui soit particidier aux suggestions d'ordre, c'est que, jusqu'à l'arrivée du moment fixé, le malade n'accomplit pas l'acte ordonné, alors même qu'on le met sur la voie et qu'on le lui rappelle. Supposons qu'on ait dit à un sujet: « Demain, à cinq heures, vous lirez la page 8 de ce livre. » Après son réveil, on lui montre le livre, on l'ouvre à la page indiquée; cela ne lui suggère rien. La suggestion ne se réalise qu'à l'heure dite, et ne peut se réaliser avant (2).

On ne saurait se dissimuler que tous ces faits ont des conséquences inquiétantes pour l'existence du libre arbitre. Depuis longtemps, les psychologues de l'école spiritualiste ont donné comme preuve du liljre arbitre le sentiment que nous possédons tous de notre liberté au moment où nous accomplissons un acte volontaire. L'histoire des impulsions suggérées montre ce que vaut ce sentiment subjectif, que l'on (devait à la hauteur d'une

(11 Periif philosophique j mars 1883.

(2) lîeauuis, le Sominniibiilisiiir provoqué. I^aillu'TC, 1886, p.

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prouve objc('tiv(% ol qui nCst poiu-ôlro qiiiino Hlusion. Les philosophes auront à se demander quelle eoniiancc il faul accorder à ce que Lcibnitz appelait le « sentiment vif interne de la liberté », puisque ce sentiment peut nous tromper à ce point. On a rappelé, à ce sujet, le mot profond de Spinoza : « La conscience de notre liberté n'est que lignorance des causes qui nous font agir. » Il faut avouer que ce mot s'applique parfaitement aux actes pi'oduits par suggestion hypnotique ; le sujet sc^ ci'oil libre parce qu'il a perdu le souvenir de la suggestion qui le pousse. Mais on soulèvera |)eut-étre la question de savoir si l'on peut raisonner de l'hypnotique, qui est. un malade, à l'homme normal et sain d'esprit. Quelques philosophes trouveront peut-être là une échappatoii'e. Nous ne voulons pas examiner la question à fond. Mais il nous senil)le que l'expérience hypnotique prouve au moins un fait important, c'est que le témoignage du sens intime n'est pas infaillible.

Nous n'avons pas encore insisl(î sur la forme de la suggestion par laquelle on commande un acte à l'hypnotisé. Le plus souvent, on se contente de lui indiquer l'acte à faire: « A votre réveil, vous frapperez dans vos mains... » On peut aussi lui suggérer la volonté d'accomplir l'acte : « Vous êtes très en colère contre M. X...; à votre réveil, vous aurez l'intention de le frapper. » On peut aussi remplacer la suggestion de volonté par une suggestion d'impuissance: « Je vous ordonne de frapper M. X..., vous avez beau résister, vous serez obligé de m'obéir. » Dans tous les cas, le résultat est le même : l'acte suggéré s'exécute. Il y a cependant un abîme, au point de vue psychique, entre la situation de l'agent qui commet une action parce {juil le veut, et celle de l'agent qui obéit à une volonté étrangère contre laquelle il ne peut pas lutter. Mais l'hypnotisme nous montre que cette didV'rence est superficielle. On trouve dans les deux cas ce qu'on peut appeler en termes psychologiqu(!S la même impw/sî'o», et en termes physiologiques le même état dynamique des centres moteurs. Dans l'étude des hallucinations, nous avons déjà rencontn'' un fait semblable : « L'hallucination , le souvenir et la sensation , disions-nous ; ont évidemment pour base la même op(''ration ])hysiûlogu|ue se réalisant dans un même pohit des centres nerveux. Ce qui les distingue, ce sont les états de conscience secondaires qui accompagnent l'évocation de l'image. Dans \c souvenir, ces états

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<'oiisistont on jugements qui loealisent limage dans le passé. Dans riiallueination et dans la sensation, ces états consistent en jugements qui localisent Timage dans le monde extérieur. Mais ces localisations dans le temps et dans l'espace sont des actes surajoutés, qui ne sont pas nécessaires et qui man(iuent souvent. » Il en est de même, croyons-nous, dans les volitions. Le fait fondamental, c'est limpulsion ; tout autour peuvent se grouper des états de conscience secondaires qui font de limpulsion un acte volontaire ou un acte involontaire ou qui lui assignent tel ou tel motif; mais ce sont là des phénomènes accessoires et surajoutés, et non des parties intégrantes de l'événement.

Nous indiquerons en terminant la relation qui existe entre les attitudes cataleptiques et les attitudes produites par une suggestion donnée pendant le sonmambulisme. On peut, par suggestion, détei'ininer un sujet à garder pcMidant quelque temps une attitude, comme il le fait pendant la catalepsie. Cette conservation des altitudes, sous linfluence d'une idt'e, n'est pas indélinie ; sa durc'c dépend dun grand nombre de circonstances, dont les principales sont la force musculaire du sujet et la forme de la suggestion. Si on donne simplement l'ordre de maintenir le bras étendu horizontalement, le bras ne tarde pas à trembler, et la respii'ation devient irrégulière ; chez une de nos malades, qui est amyosthénique, le tremblement est très manifeste, et la chute du membre a lieu au bout de deux minutes ; mais si on affirme à la malade que son bras est devenu en bois, alors le bras étendu ne présente plus, à proprement parler, de tremblement, mais des oscillations lentes qui soulèvent le membre tout d'une pièce : la chute est retardée, elle a lieu au bout de trois minutes. Les attitudes que nous obtenons par suggestion chez nos sujets diffèrent, par conséquent, des attitudes qui leur sont imprimées pendant la catalepsie, et ces dillérences prouvent que la catalepsie de ces malades n'est pas un état produit par suggestion. Mais nous ne voudrions pas affirmer qu'en soumettant les malades à des expériences répétées de suggestion, on n'arriverait pas à leur donner des attitudes semblables à celles de la catalepsie vraie.

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