TRANSFERT DES ACTES
Nous avons soumis à rnction do raimant los mouvements et les actes à formo unilatérale suggérés pendant l'hypnotisme, et nous avons constaté que ces phénomènes unilatéraux sont soumis au transfert comme les hallucinations et tous les symptômes physiques de l'hypnotisme (1).
Après avoir endormi une de nos malades, nous plaçons sur une table, à peu de distance, un buste de Gall ; nous suggérons à la malade de faire, avec la main gauche, des pieds de nez au buste. Un aimant est placé à proximité de la main droite. On réveille la malade. Aussitôt qu'elle voit le buste, elle fait un pied de nez de la main gauche ; après trois ou quatre secondes, elle recommence ; nous comptons ainsi une série de quatorze pieds de nez, qui sont tous exécutés de la main gauche. Les derniers mouvements sont atténués, le geste est mal dessiné ; elle porte la main à la hauteur de sa bouche, sans ouvrir les doigts. Cependant, la main di'oite commence à trembler légèrement. La main gauche s'arrête. Notre malade paraît inquiète, elle tourne la tète d'un côté et d'autre; elle apostrophe le buste de Gall : « Il est dégoûtant, cet homme. » Elle se gratte l'oreille avec la main droite, puis commence à faii'e avec la main droite une série de pieds de nez. Ces gestes persistent pendant dix minutes. Elle se rend bien compte que ces gestes sont ridicules ; quand elle s'arrête un instant, il nous suflit d'esquisser un pied de nez au buste pour qu'elle recommence immédiatement. Nous retirons l'aimant, et le transfert s'opère d(; droite à gauche, avec; les mêmes caractères. Nous donnons à la malade un travail pour occuper ses mains ; elle interrompt régulièrement son travail, chaque trois ou quatre secondes, pour faire son pied de nez. De temps en temps, elle se plaint d'une douleur de tête oscillant d'une région pariétale à lautre.
Ici, on est en présence du transfert d'un acte qui, quoique suggéré, commandé pendant le somnambulisme, n'en a pas moins toutes les apparences d'un acte volontaire et libre. La
(Il Rente pliilo.sopliiqiu', janvier et mars 188.").
LE MAGNETISME AMMAL
malade trouve des raisons spi'cieuses pour expliquer son acte; elle dit que le buste « est dégoûtant » et e'est pour ce motif, croit-elle, qu'elle lui fait des pieds de nez. Remarquons que, lorsqu'elle s'ai'rète, il suffit d'esquisser le geste, pour amorcer la malade, et lui faire reprendre son geste moqueur : ceci prouve bien la force de l'exemple, ou plus exactement, l'influence de la représentation du mouvement sur le mouvement.
L'expérience qui suit prc'cise le résultat du transfert et montre que l'acte transféré est symétrique de lacté suggéré. INous inculquons à une malade endormie l'idée de faire des chillres, avec sa main droite, comme de juste. Nous la réveillons; un aimant est caché à proximité de sa main gauche. Elle écrit jusqu'au nombre douze de la main droite, puis elle hésite, change la plume de main, et commence à éci'ire de la main gauche. Les chillres qu'elle a tracés sont correctement écrits en miroir; la malade exécuter donc avec la main gauche des mouvements syniétricpies de ceux qu'elle a tracés avec la main droite. L'aimant a transféré les mouvements de l'écritui'e des chitfres. 11 est à remarquer que pendant qu'elle écrit de la main gauche, il lui est impossible d'écrire de la main droite ; elle est devenue gauchcre de la main droite.
Fii;. l:i. — ExpùicKct; ilii llj juin 1,SS4. Transfert ^\^• l'inipulsion d'ccriic j ar raimaiil.
La figure 13 reproduit la première expérience de transfert de l'écriture qui ait été faite. Les caractères ont été tracés de la
Fie. 14. — Exiicik'iicc (lu '2'.) n()\C'nil)re 18,s4. Traiisloit ilo rim|iulsiuii ir('(iire liar l'aimaiil.
main gauche. Les trois premiers chilïres sont seuls écrits en miroir.