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fait une étude particulière. Ils ne peuvent donc s'offenser d'être récusés comme juges dans leur propre cause , et comme n'ayant pas qualité pour prononcer sur une matière qui n'est pas véritablemeut de leur compétence.
Parmi les hommes de mérite dans les deux partis opposés, qui en dernier lieu sont entrés en discussion sur le point contesté de la réalité de l'aimant animal, on remarque deux antagonistes renommés par leur savoir et leur réputation ; on les a vus descendre dans l'arène , semblables à deux athlètes redoutables , s'y attaquer avec un noble courage , s'y prendre corps à corps 7 et s'y battre à outrance avec les armes brillantes du style et de la logique. Tous deux , à quelques restrictions près , conviennent des phénomènes extraordinaires et des guérisons éclatantes opérés par les procédés du Magnétisme ; mais l'un , celui qui le premier commença l'attaque , soutient que ces phénomènes merveilleux sont du domaine de l'imagination : l'autre } au contraire, prétend que certains prodiges
(lia)
miraculeux , dont je n'ai précédemment indiqué que la plus petite partie , ne sont dus qu'à un fluide magnétique animal qui sort du bout des doigts du magnétiseur, et dont tous les hommes ? et en générai tousles êtres vivans, sont doués à des degrés plus ou moins éminens. Il accorde enfin une entière croyance à la réalité de ce fluide électro-magnétique animal. Il en résulte qu'à la manière de l'aimant minéral qui fait mouvoir le fer, et l'attire et le repousse, on peut de même aussi, du bout du doigt , faire mouvoir, comme un automate , le somnambule en crise sur lequel on exerce une influence magnétique, et le réduire à agir, à obéir et à penser, au moyen d'un seul acte mental du magnétiseur, et sans le concours de l'imagination du patient.
Cette lutte importante s'annonça par un écrit intitulé Examen impartial du Magnétisme animal , qui se trouve inséré au tome XXIX, page 463 du Dictionnaire des Sciences médicales. L'auteur de Y Examen impartial , etc. , est l'un ( i ) des illustres
(i) M, Virey, docteur en médecine à Paris.
( "3 ) ooopérateurs de ce dictionnaire, qui travaillent à la construction de ce magnifique monument élevé de nos jours à la Physiologie ; que dis-je? à la Philosophie, et pour ainsi dire à toutes les sciences. L'auteur de Y Examen, etc., demande des faits positifs. Que Mesmer, dit-il; ou Tun de ses plus habiles successeurs , fasse tomber ce cheval en somnambulisme , ou cette brebis en crise , car ces animaux ont des nerfs et par conséquent de la sensibilité , alors je' reconnais l'empire du Magnétisme animal. Cet auteur est donc disposé à croire les miracles opérés par son adversaire ; mais il veut des expériences rigoureuses et des faits sans réplique, afin de prouver que les sens , qui sont les ministres fidèles de- l'imagination, auraient été dans l'impossibilité de transmettre à cette dernière des notions, des idées même imperceptibles., et démontrer enfin, que le fluide de l'aimant animal, qui sort du bout des doigts ou de telle autre partie du corps que ce soit, exerce sur des êtres vivaus une
action éîectro -magnétique, à Pinsu dé l'homme ou de ia bête , magnétisés.
Le gant jeté , il est ramassé avec fierté par l'auteur de la Défense du Magnétisme animal (i). Celui-ci, armé d'une foi vive pour le dogme sacré du Magnétisme , soutenu par sa propre conviction , et favorisé kx don de faire des miracles, pouvait à A'instant fôndre sans ménagement sur son ennemi , et le terrasser par un prodige ; il / pouvait , en étendant simplement la main , mais avec enthousiasme , avec ferveur, lancer du bout de ses doigts un faisceau de fluide animal , accompagné d'un acte mental de volonté $ il pouvait faire tomber à ses pieds son imprudent adversaire et le plonger dans un sommeil magnétique ; mais il préféra , au contraire , la méthode des héros dans Homère. Ces héros , enflammés pjr la vengeance, bouillonnant de colère 5 écumant de rage , et au moment
(1) Défense du Magnétisme animal, par J. P. F. Deleuzc* i vol. in-8°. Paris, 1819, Chez Belia-Lc Prieur, libraire, tjuai'ilcs Àugustins; n° 55.
( m5) même de se porter de terribles coups, dirigés par la haine 5 adressaient cependant d'éloquens discours à un ennemi non moins furieux , qui écoutait avec patience, puis répondait aussi longuement. De même le défenseur du Magnétisme animal , autant valeureux que courtois , débute par des complimens et un éloge obligé. Son antagoniste lui-même est forcé d'en conve«° irir (i). Tel encore un maître d'escrime, avant de commencer l'assaut, salue avec grâce et son rival et les spectateurs.
Ce n'est pas tout : il faudrait pouvoir décrire le combat; il faudrait avoir le talent d'en tracer à grands traits le tableau fidèle; mais, faute de savoir peindre , je suis condamné au silence. Je voudrais cependant donner un échantillon de la logique du défenseur de la doctrirre orthodoxe des Magnétistes. Il se plaint cf abord avec rai-
(i) Voyez à la page j5 du 17e rallier ( novembre 181 cj ) ■du Joiu'nal complémentaire du Dictionnaire des Sciences médicales , imprimé à Paris chez Paaekoucke , rue des Poitevins, n° 1^
( -»6)- ^on ? mais presque avec douceur ? de quelques inconvenances de la part de son adversaire. Gelui-ei, en effet , a grand tort; et parce qu'il tient en main le flambeau de la Raison pour éclairer l'attaque et montrer la Vérité à nu , était-il pour cela autorisé à lancer des épigrammes et des sarcasmes , à traiter de jongleries magnétiques des faits exagérés, transformés en miracles par les magnétistes? Il les suppose coupables de mensonges ou d'inepties , et les qualifie de charlatans ? de fous, de dupes et d'imbécilles. L'auteur de Y Examen , etc. , n'aurait pas été aussi hardi dans l'attaque , si les torches du fanatisme eussent été allumées , et si les noirs tourbillons de fumée qui s'en échappent avaient pu obscurcir l'éclat du flambeau de la Raison et voiler la Vérité*
Quant à l'auteur de la Défense , etc., il se fait admirer par la beauté de son style et fadresse de ses argumens. Il met de la grâce jusque daus ses dénégations formelles et dans ses contradictions palpables. Son antagoniste ; plus éloquent encore , et
C »7.) vraiment érudit,est beaucoup moins souple. C'est en vain qu'il accable son adversaire et le met en pièces ; mais celui-ci est un reptile , pétri d'atomes de feu , de génie r d'esprit et de courage. Chaque tronçon , séparé du chef, n'en conserve pas moins la vie et l'agilité des mouvernens. La tête , plus vivace encore, cherche à mordre son ennemi , en lui reprochant d'être de mauvaise foi , de ne rien comprendre au Magnétisme animal, de n'avoir rien observé, de n'avoir rien vu par lui-même ; d'où il résulte qu'un savant , Fun des plus habiles physiologistes de France, est récusé pour juge dans une matière qui est de sa compétence. Sans en démordre , enfin , sur la faculté dont il est doué, de faire des miracles à volonté , l'auteur de la Défense du Magnétisme animal rend un témoignage éclatant de sa croyance, et prononce son acte de foi avec une candeur et une componction vraiment touchantes. Voici son Credo ; il est conçu en ces termes :
Je crois à une émanation de moim ême , parce que ces effets se produiserd
{ "8 j sans que je touche le malade , et que rien ne produit rien : Ex nihilo niliil. J'ignore la nature de cette émanation ; je 7i e sais à quelle distance elle peut s'étendre $ mais je sais qu elle est lancée et dirigée par ma volonté $ car lorsque je cesse de vouloir, elle n agit plus (i).
On doit faire attention que ce Symbole des apôtres du Magnétisme animal contient des vérités essentielles et fondamentales , ainsi que les principaux articles de foi des magnétiseurs thaumaturges. LeGrand-pontife de la nouvelle religion des magnétistes s'en est expliqué , et il est infaillible. Remarquez bien que chaque Magnétiste est appelé à prononcer mot pour mot, et pour son propre compte 5 les paroles sacrées qui viennent d'être transcrites textuellement. Elles sent émanées du Chef suprême delà croyance a la réalité du fluide magnétique animal. 11 a donné à sa profession de foi la forme d' un octe^ d'un Symbole, qui com-
(i) ( .'lin p. \\ , pag î 72 île la seconde partie de la Défense du Magm'lisme animal.
( ïl9 } mence par Credo, pour en mieux faire ressortir l'importance. C'est dans cet acte de foi que réside le dogme auquel doivent se rapporter tous les développemens de la doctrine. Il nous l'assure, et nous le dit avec énergie : « Je crois à une émanation de moi- » même ; je crois que cette émanation , que » ce fluide, qui est inhérent à mon organi- » sation, agit ad libitum ; c'est-à-dire , si » je veux ou si je ne veux pas. Je sais de » science certaine que ce fluide qui sort du » bout de mes doigts , et dont la réalité ne » peut plus être mise en doute , est essen- » tiellement obéissant à ma volonté ; qu'il » n'attend que mon ordre mental pour » agir avec la rapidité de l'éclair : car lors- » que je cesse de vouloir, mon émanation, » ou mon fluide animal P n'agit plus. » Cependant la modestie, qui est l'apanage de l'infaillibilité , a déterminé le Souverain pontife ? par amour pour la vérité , à déclarer humblement que la nature de cette émanation magnétique animale ne lui a pas encore été révélée. « Je ne sais , dit-il , si » elle est matérielle ou spirituelle, » Cet
aveu est fort adroit ; il ne veut pas se brouiller ni avec les Matérialistes , ni avec les Spiritualistes. II dit encore : « Je ne » sais jusqu'à quelle distance mon fluide » peut s'étendre.» On doit remarquer ici une obscurité , bien légère pour les vrais adeptes , mais que les incrédules , qui ont une intelligence dure , comprendront difficilement ; car en parlant de son fluide ou de son émanation, on demande au Chef révéré des vrais croyans si les mots fluide ou éma* nation 7 dans le sens qu'il l'entend, sont synonymes avec volonté. On le croira sans peine après avoir îu ce qui suit , et après s'être convaincu que la volonté du magnétiseur peut faire voyager la volonté du magnétisé 5 car Facte de foi doit être également prononcé par le magnétisé et le magnétiseur. II s'ensuit que le magnétisé somnambule ,y qui a la faculté de transporter son émanation intellectuelle à différentes distances , pour y voir et apprendre ce qui s'y passe , a bien certainement le droit de prononcer aussi , pour son compte, le paragraphe de l'acte de foi , ou il est dit : Je ne
\sais jusqu'à quelle distance mon émanation peut s'étendre. Mais tout va s'éclaircir. Poursuivons. C'est toujours le Grand-prêtre qui parle , ou du moins c'est la paraphrase fidèle des sublimes principes qu'il professe. « Si j'ignore à quelle distance l'éma- » nation , le fluide animal ou la volonté de » l'homme peut s'étendre, je sais très- » positivement que cette émanation peut » aller fort loin. J'en ai des témoignages » incontestables d'après les faits , gestes et » miracles , exécutés et opérés par moi- » même , vérifiés de la manière la plus » scrupuleuse, et qui ont été publiés dans m mes propres récits imprimés , ainsi que » dans les relations que j'ai censurées et j) approuvées avec intégrité, et quiprouvent » à l'évidence que mon fluide, accompagné y> d'un acte mental de ma volonté , a le » pouvoir de faire voyager, avec la vitesse » de la pensée , l'âme de certains somnam- » bules lucides , sur lesquels j'exerce mon » influence» » Ici on doit observer une nouvelle obscurité qui résulte de la distinction bien précise entre l'émanation qui obéit et
l'acte mental qui commande ; mais en y réfléchissant ? il paraît probable que ce fluide animal 5 qui agit au moyen d'un acte mental, doit être considéré comme la volonté elle-même , et se confondre F un et l'autre. « Si je ne sais pas encore , dit-il , jus- » qu'où mes Somnambules voyageurs ( i ) » peuvent aller j je sais du moins où ils ont y> été ; j'en ai déjà fait voyager dans tous » les départemens de la France, et prin- » «paiement dans les villes d'extrême » frontière. Je suis enfin parvenu à en * lancer au - delà des mers et jusqu'en » Amérique ; d'autres en ont envoyé aux y> Indes- Orientales. (2) » On doit comprendre parfaitement que pour des voyages de ce genre , ce n'est que le premier pas qui coûte. Au surplus, presque toutes les relations de cures magnétiques font men-
(1) Les Magnétistes donnent celte dénomination à certaius somnambules qui voyagent spontanément dans les espaces , ou qui ont été formés à ces sortes de voyages. Nous verrons ci après qu'ils ont envoyé des Somnambules voyageurs jusque dans la Lune. ^
(2) Madame M***.
( "3) tion de petits voyages de la même espèce. Vous y verrez fréquemment qu'on ordonne à un somnambule de s'occuper de la santé de telle ou telle personne absente y qui est dans la même ville , où dont l'habitation ne serait éloignée que de quelques lieues. Le somnambule se transporte auprès du malade ; il voit la maladie , il en fait la description , et ordonne le remède. Quand le magnétiseur est curieux, il questionne le somnambule sur ce que fait ^ sur ce que dit la personne absente ; de cette manière, on est informé des plus petits détails. J'ai vu des relations dans lesquelles un somnambule faisait la description exacte de l'appartement d'une personne éloignée ; il indiquait jusqu'à l'emplacement, la forme et la couleur des meubles. Cependant le somnambule n'avait jamais vu ni l'appartement, ni la personne. On apprenait aussi de petites anecdotes , quelquefois scandaleuses ; car lesabsens, quelqu'éloignés qu'ils puissent être, n'en sont pas moins surpris sur le fait. Aussi le Grand-pontife s'est-il fortement élevé contre de pareilles expé-
riences, dont il fait un cas de conscience. Ces expériences pouvaient porter le trouble dans les familles.
L'auteur de la Défense du Magnétisme animal ? et ses fidèles disciples , se procurent ainsi l'innocent plaisir de visiter, en moins de dix minutes, leurs amis et connaissances ahsens , fussent-ils disséminés sur la surface du globe , aux distances les plus considérables. Ils obtiennent, par ce moyen , des nouvelles fraîches sur l'existence et la santé des personnes qui leur sont chères. Lorsqu'ils apprennent que ces personnes sont incommodées , ils leur expédient des consultations somnambuliques faites d'office , ou bien ils leur écrivent pour les engager à envoyer des cheveux ou d'autres objets qui auraient appartenu , ou qui auraient été portés par le malade. Aussitôt que ces objets sont arrivés , ils sont remis entre les mains d'un somnambule lucide , qui , en les posant sur son front ou sur son épigastre , voit matériellement ou spirituellement le malade, en décrit la maladie , indique les remèdes. L'ordonnance
- ( »5) est transmise , et , lorsqu'elle est exécutée , la guérison s'opère.
On ne prétend pas nier que de tels procédés n'aient produit quelquefois des phénomènes intéressans ; mais si on avait eu soin d'en accompagner le récit de toutes les circonstances qui pouvaient en faire disparaître le merveilleux , il en resterait encore assez pour l'admiration des observateurs attentifs de la pratique du Magnétisme , ou plutôt de la médecine d'imagination. Le rapport nécessaire qu'on doit au préalable établir entre le somnambule con-> .suite et le malade absent 5 suffit pour procurer des notions de la maladie sur laquelle on donne souvent des détails au somnambule. J'ai été témoin de ces sortes de complaisances , et il m'a paru qu'avec de pareilles notions , des médecins auraient pu également donner de très-bonnes consultations. J'ajouterai que plusieurs magnétiseurs m'ont répondu à ce sujet ? qu'en instruisant les somnambules de toutes les particularités concernant les malades consultans , ou abrégeait le temps ? on fatiguait
( »6) beaucoup moins le somnambule, et on obtenait plus facilement les ordonnances nécessaires pour diriger le traitement et parvenir à la guérison.
On ne fait pas d'ailleurs assez d'attenlion que le plus grand nombre des drogues prescrites par les somnambules ont peu de vertus positives et beaucoup de vertus supposées. C'est le plus souvent l'imagination qui, par son pouvoir immense , imprime à ces mêmes drogues, insignifiantes par elles-mêmes, une propriété de commande, et toutes les vertus enfin que le somnambule et le malade leur attribuent. On explique, par ce moyen , la variété extraordinaire des prescriptions et ordonnances des somnambules pour les mêmes maladies. Il est vrai que la différence des tempéramens pourrait justifier cette variété tlaris le traitement. Par ce moyen , les Vrais croyans trouvent des réponses à toutes les objections. Quoi qu'il en soit, presque toutes les relations de cures magnétiques offrent des circonstances assurément invraisemblables. Le merveilleux s'y
( I27 ) glisse à chaque page. Il n'est guèie de somnambules qui n'y soient représentés l'omrae plus ou moins doués de facultés miraculeuses , et principalement de voir, pour ainsi dire matériellement et sans changer de place 3 des événemens réels, effectifs , qui se passent à des distances très - éloignées , et en rendre compte , comme si le Somnambule en eût été témoin oculaire. Ce que je viens d'exprimer, les magnétistes le prétendent en général, et plusieurs l'attestent et disent l'avoir vérifié positivement. On ne me dira pas que ce sont de fausses allégations de ma part : pour s'en convaincre, on peut lire toutes les relations imprimées ou manuscrites qui contiennent des faits de Magnétisme animal. En vain m'objecterait-on que je n'ai pas bien connu les procédés du Magnétisme, que je ne les ai pas mis en pratique , que je n'ai point vu de faits remarquables ? ou que je les ai mal observés ; je ne m'en laisserai pas imposer par de pareilles dénégations. J'ai lu ou parcouru presque tous les livres qui traitent
du Magnétisme ; j'ai vécu parmi les magnétiseurs 5 je les ai vus magnétiser, et j'ai magnétisé avec eux. J'ai comprimé mon incrédulité pour mieux les laisser raisonner, et plus souvent déraisonner et pousser leurs prétentions jusqu'à l'extrême. Souvent j'ai entendu raconter les mêmes faits qui s'étaient passés sous mes yeux : ils ïïiek paraissaient méconnaissables , tant ils étaient défigurés par l'enthousiasme et l'exagération de ceux qui en avaient été témoins, ou qui les avaient eux - mêmes produits. Personnemieuxquemoi ne pourrait déjouer le système hypothétique d'un fluide magnétique que l'on suppose sortir, dans un degré plïis ou moins éminent , du bout des doigts de tous les hommes en général , comme les magnétistes l'assurent. Personne plus que moi n'en pourrait démontrer l'absurdité , si j'avais l'art d'écrire avec plus d'ordre ; si je possédais , enfin ? le secret de persuader ceux qui auront le courage de lire un écrit fait à la hâte , dont il m'a été impossible de coordonner toutes les parties, car je le compose en ce
( I29 ) moment , page à page, pour en fournir le texte à l'imprimeur. Je n'ai pas même le loisir de relire ce qui précède , pour éviter des redites qui paraîtront sans doute bien fastidieuses à beaucoup de lecteurs. Je ne comptais enfin donner que deux ou trois pages à' Introduction , et je ne sais encore où je m'arrêterai. Je laisse donc courir ma plume au hasard , et s'égarer sur les différens tons du sérieux et de la plaisanterie. Je me les suis permis pour lutter contre l'erreur et repousser des opinions qui commençaient à peser sur l'esprit d'une certaine classe d'hommes crédules et irréfléchis. Si je rends compte de détails aussi peu intéressans, c'est pour solliciter l'indulgence à laquelle je n'ai pas droit. Le sort en est jeté, je n'ai d'autre prétention, en publiant un pareil écrit, que de déterminer peut - être quelque savant, quelque physiologiste, à mettre autant et plus que je ne l'ai pu faire, le courage et l'assiduité nécessaires pour observer et pratiquer par eux - mêmes les procédés du Magnétisme , avant de
prendre la plume pour redresser des opinions erronées. Cette entreprise, que Je ne fais qu'indiquer ici avec de trop faibles moyens , me semble n'avoir pas encore été remplie assez complètement par les habiles Physiologistes qui nous ont cependant déjà si puissamment éclairés sur le fond de la question : mais , il faut en convenir, ces physiologistes célèbres 3 qui se sont avec raison déclarés les ennemis d'un système absurde , ont en général trop peu observé et mis en pratique les procédés du Magnétisme , pour juger de l'utilité qu'on pourrait en tirer sous les rapports de la médecine d'imagination., et s'en servir en outre pour faire faire un pas de plus aux sciences et, aux connaissances humaines , sur-tout en matière de psycologie.
J'en reviens à nos somnambules clair- Toyans? auxquels je voudrais donner une dénomination plus générale et plus appropriée à la faculté de prévision dont ils sont véritablement doués. Cette faculté de prévision , sans être miraculeuse , n'en est
( '3i ) pas moins surprenante , ainsi que les plus célèbres médecins en conviennent.
Si la pratique du "Magnétisme devient un art susceptible de prendre les dehors d'une véritable science , et si les savans , après l'avoir délivrée des entraves qui en arrêtent les progrès , et avoir repoussé les opinions dont l'ignorance l'a obscurcie ; si , dis-je, les savans venaient à cultiver cette nouvelle science, il deviendrait nécessaire d'adopter quelques nouveaux termes scientifiques plus expressifs, quant au sens, 'et plus laconiques, pour éviter des périphrases qui embarrassent le style dan s les discussions »ù la répétition du même mot se trouve iouvent indispensable. La dénomination e Somnambule , dont le terme scientifique [ui lui correspond est hjpnobate (i)? ne evrait être employée que pour désigner teux qui marchent en dormant sans s'e'eiller , et ne convient nullement pour ex-
(i)Hypnobate , s. m. , Somnambule, qui marche en dorlantj tiré du grec uttvoç (hypnos ), sommeil , et de Bava bainô ), je marche.
( i32 ) primer une personne endormie par les procédés du Magnétisme , qui 5 sans quitter le siège où elle est assise , parle , répond , voit la maladie des personnes présentes ou absentes, et transporte son imagination à des distances plus ou moins éloignées. C'est ce que prétendent^ les magnétiseurs , eu ajoutant que, dans certaines circonstances, leurs somnambules voyent le présent , ■ le passé et Pa venir; Pour désigner ceux-ci , il faudrait un terme dont l'acception fûtplus générale. Voulant remplir ce but , je propose le mot Hypnoscope (i) , qui désignera ceux qui voyent pendant le sommeil : je propose également l'adoption des mots Hypnopole ', Hypnocîiatie , Hypnoscopie , Hhypnomancie et Hypnocritie (2) , dont on voit la signification dans les notes ci-
(1) Hypnoscope , s. in. , celui qui voit en dormant; tiré du. grec v-ïïvhç l hypnos ) , sommeil , et de (mania ( skopéô ) ,je vois y je regarde , je considère.
(a) Hypnoscopie , Hypnomancie , Hypnocratie , Hypnocritie , s. f. , et Hypnopole , s. m. , tirés de wVvo* ( hypnos) , sommeil , et de monto (skopéô ), voir, considérer ; de /uxvtux { matiteia ); divination y de kçvtqs ( kratos ) 7 force , puis*
jointes. La néologie (i) de pareilles- expressions ne paraîtra pas extraordinaire \ si on considère que le Dictionnaire de V Aca~ demie française nous a mis sur la voie y pour former des termes nouveaux aussi utiles et aussi justes. Déjà on trouve , dans ce Dictionnaire, tom. Ier, pag. 708, et tom. II, pag. 194, de la 5e édition in-4% Paris , 181 4 5 les mots Hypnotique et Orarocritie. Deux autres Dictionnaires , trèsestimés (2), ont aussi adopté les expressions Hypnobate y Hypnologie , Hypnologique , Hypnotique (3). Ils ont encore admis les
I ' I I III III ■■ I — — ■ ———Kg
sance ; de x.piva ( krinô ) , et k^tik-^ ( kritiki ) , Juger , jugement \ et de wahùi ( pôlein ) , vendre , faire trafic. Ce dernier mot sert de dénomination pour ceux qui tirent un profit ou font un petit trafic de la pratique du Magnétisme.
(1) Néologie , s. f. , du grec vios (néos), nouveau*; et de Mys ( logos ) , mol, parole , discours*
(2) Dictionnaire étymologique des mots français tirés du grec , par M. Morin; seconde édition par M. Guinon.2 voK in-8?. Paris > 1809 , et le Dictionnaire universel de Roiste*
(3.) Hypnobate , Hypnologie , Hypnologique , Hypnotique , tirés du grec vttvos ( hypnos ) , sommeil, et de Ç*iv& ( bainô ) , je marche ; de *«wç (logos) , parole , d:?~ cours , etc..
( i34) mots Onirocritie , Oniro critique \ Oniromancie , Ohiroscope , Oniroscopie , Onirocratie 3 Oniropole[\) , qui tous sont des termes scientifiques , dont l'emploi ne peut que, devenir utile dans les discussions sur l'art de provoquer le sommeil lucide des Hypnoscopes. Il ne faut pas désespérer que l'Académie française ne leur accorde tôt ou tard le droit de bourgeoisie 3 et que peutêtre elle ne repoussera pas les hypnoscopes et se familiarisera avec Xhypnomancie ^ etc. Un fameux magnétiseur, qui depuis peu d'années avait déjà fait schisme dans la religion magnétique 5 a senti également la nécessité de substituer un nouveau terme à celui de somnambule . Il adopta celui à'Ëpopte (2), sans en donner l'étymologie ,
(1) Onirocralle , Onirocritie, Onirocritique , Oniromancie , Oniroscope, Oniroscopie, Oniropole , tirés du grec" ovetpoç ( onéiros ) , songe; et de kçutoç ( kratos ) , force, puissance ; de xfiTixq (kritiki ) , et xp/v# (krino ) , jugement , examen, juger; de puvTttct, (mantéia), diiànation; de <?*ô%ka> ( skopéo ) ,je pois , je considère ; de xa>Xt7v ( pôlein) , trafic fjfuer , vendre.
(1) Epopte , tiré du grec ivoirien» ( epopteuo ),je vois , je considère j et sVosr7tp ( epoptir ) ; un inspecteur f un voyant.
mais qui est sans doute tiré du grec , et qui véritablement paraît correspondre à la dénomination que quelques théologiens donnaient à certains prophètes , en les appelant les Voyans : cependant le mot Épopte me paraît incomplet 5 puisqu'on n'y trouve rien qui rappelle le mot sommeiL La dénomination de Hjpnoscope est donc plus convenable. Ce magnétiseur est feu l'abbé Faria , que j'ai connu. On a imprimé y après sa mort ^ un premier volume de son ouvrage, intitulé : De la Cause du sommeil lucide (i). Je me propose d'en rendre compte dans un numéro prochain de nos Archives. J'ai dit plus haut que l'abbé Faria avait fait schisme parmi les magnétiseurs , parce qu'il n'admettait pas les deux principaux articles de foi des magnétistes-
(i) De la Cause du Sommeil lucide, ou Etude de la- Nature de P Homme \ par I'Abjsé Farta, Bramine , Docteur en théologie et en philosophie ; ex-Professeur de philosophie à l'Université de France; Membre de la Société Médicale de Marseille. ifcr vol. , in-8°. Paris, 1819. Se vend chez madame Horiac, rue de Ciichy , n? 17. Le second- volumen'est pas encore imprimé.
. ( '36 ) enthousiastes, savoir : la nécessité de la volonté pour magnétiser, et la réalité du fluide magnétique. Il nen fallut pas davantage pour qu'il fût traité d'hérétique. Voici
, au tom. ier.
comme il s exprime , a ce sujet
pag. 38, 4° et 4^4 : (( il n'y a rJen qui
» puisse justifier la dénomination de Ma- >> gnétisme animal..... Ce root ne prête » aucun appui à l'inexactitude dç la clénoïi mination.... A-t-on jamais prouvé qu'il » existât une vertu Aimantique dans les » procédés en usage?.... Je ne puis conce- » voir comment l'espèce humaine fut assez » bizarre pour aller chercher la cause du » somnambulisme dans un baquet, dans » une volonté externe ,. dans un fluide ma- » gnétique animal, et dans mille autres » extravagances de ce genre..... JLa volonté » externe serait-elle la cause du sommeil » magnétique?.... Ce qu'il y a de plus dé- » cisif contre les partisans de cette volonté » externe , c'est que l'expérience démontre » qu'on endort les Époptes ou somnam- » bules : avec la volonté , sans la volonté f » et même avec une volonté contraire. »
f *37 ) Voici un terrible aveu d'un des plus grands magnétiseurs connus , qui avait fait une étude particulière des procédés du Magnétisme , et avait acquis /par une grande pratique , une expérience supérieure à celle de la plupart des magnétistes les plus enthousiastes et les plus opiniâtres. M. l'abbé Faria avait donc le droit d'émettre , sur le système du fluide magnétique animal, une opinion qui mérite la plus sérieuse attention 5 et qui a jeté tous les magnétistes dans la plus grande consternation. Voici ce que cet habile magnétiseur dit encore à la page 1 7 de son ouvrage : «Le Magnétisme, quant » aux procédés , n'est point absurde ni ri- » dicule. » Il dit, page io : « La découverte » de cette pratique doit faire époque dans » les annales des connaissances humaines.... » Pour l'apprécier à sa juste valeur, il » faut une habileté plus que commune de » la part des juges et de leurs délégués. » Il assure, page 3s : «J'ai tenté des expé- » rien ces de somnambulisme lucide sur » plus de cinq mille somnambules , et j'ai » vu tout ce qu'il est possible de voir en ce
>! genre. » Ce premier volume , qui a été publié sous son nom , renferme des raisorinemens remarquables sur la cause du sommeil lucide , et la doctrine qu'il y professe n'offense pas autant la raison £t le bon sens, que le font la plupart des écrits de certains magnétistes qui dédaignent l'abbé Faria. Les expériences et les phénomènes qu'il cite ne sont pas pour la plupart invraisemblables , et il ne répugne pas d'y .ajouter foi comme aux miracles multipliés dont les relations des autres magnétistes sont remplies. Ceux-ci sont tellement accoutumés aux prodiges, qui, à les entendre 9 se renouvellent si fréquemment à leurs yeux , qu'ils n'y font plus d'attention et y ajoutent foi sans difficulté.
Les petils voyages que les somnambules sont accoutumés de faire pour aller , sans sortir de chez eux , visiter dans le voisinage des malades absens qui habitent la même ville ou se trouvent répandus dans les différens départemens de la France, ont merveilleusement contribué à encourager les voyages de long cours»
( «3g ) On a vu; ainsi que je l'ai déjà dit , des somnambules aller en Amérique et aux Indes Orientales. Mais on ne s'est pas borné là. Des magnétiseurs expérimentés sont parvenus , par la force de leur fluide magnétique animal , à faire arriver quelques somnambules jusque dans la Lune.
Sans doute , ainsi qu'en physique, oii la vitesse est en raison du plus ou moins d'énergie de la force motrice, de même aussi , en Magnétisme, le somnambule se transporte d'une manière plus ou moins aecéléi ée , en raison de l'énergie qtfun magnétiseur emploie pour former un acte mental de volonté au moment où il donne un ordre de départ à un Hypnoscope.
C'est ainsi qu'on a pu expédier depuis peu quelques Somnambules voyageurs jusques à la Lune ; et l'on sait que la distance de cette planète à notre globe varie de 81 mille 729 à 91 mille 119 lieues, suivant les circonstances de son cours à travers notre système planétaire. Plusieurs magnétistes ajoutent foi à ce voyage ; mais ils sont un peu embarrassés pour le cous*-
tater. Cependant , d'après leur propre conviction , ils n'ont aucun doute qu'on ne puisse un jour, par le moyen du fluide magnétique animal ? faire arriver un de leurs meilleurs somnambules voyageurs jusqu'au soleil, qui est à 34 millions 7615680 lieues de distance dé là terre , et l'engager à pousser des reconnaissances jusqu'au Sirius et à Y Arcturus y les deux plus brillantes étoiles suspendues à la voûte des cieux , et visiter,, chemin faisant, les autres étoiles , qui , en général, sont 27 mille fois plus éloignées encore de notre globe , que nous ne le sommés du soleil.
J'ai lu plusieurs relations manuscrites extrêmement curieuses, écrites sous la dictée de somnambules voyageant dans la Lune. Aussitôt que je pourrai me les procurer, j'aurai soin de les insérer dans nos Archives , pour en régaler le public. En attendant , je vais essayer d'en donner une idée. On y voit que les somnambules sont parvenus à résoudre cette question bien intéressante , qui consiste à savoir si les planètes sont habitées comme la Terre,
On doit être bien persuade' que ce n'est pas le fil de l'analogie qui a guidé les som* nambules dans leurs observations ) c'est sur les lieux mêmes qu'ils ont recueilli des notions justes. Cependant on ne veut pas affirmer que les objets dont ils constatèrent l'existence furent vus par eux matériellement ou spirituellement ^ le Grand-maître ne l'a pas encore décidé. Ge qu'il y a de certain , c'est que les hypnoscopes magnétiques ont vérifié qu'il existait réellement dans la Lune des êtres vivans et sensibles, qui jouissent , comme nous , du spectacle de la ^nature et de ses avantages; qu'ils naissent, se reproduisent et périssent de la même manière. I^a description qu'ils donnent de ces êtres lunaires ne les représente pas sous un aspect agréable , ni doués d'une intelligence supérieure à la nôtre. Ils leur donnent une forme aplatie et une démarche rampante. Il est difficile d'apercevoir dans cette description peu intelligible, une créature ressemblant à l'homme. Peut-être n'ont-ils vu qu'un animal. Lorsqu'on aborde un monde nouveau , il est
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rare d'y apercevoir au premier coup-d'œil ce qu'il y a de plus intéressant à observer. Quant à l'organisation de la matière à la superficie de cette planète habitée, ce qu'ils ©nt vu leur a paru d'une couleur verdâtre, à-peu-près semblable à celle qui recouvre la surface de la terre , et ayant les mêmes propriétés générales. On pourrait croire , d'après cet exposé , que les somnambule w'ont considéré les choses que dans le lointain. Ils n'auraient donc pas véritablement mis pied à terre sur le sol de la Lune ? Cette conduite prudente leur était recommandée , pour ne pas s'exposer à être dévorés par les bêtes féroces qu'ils pouvaient y rencontrer. Nos somnambules n'ont rien dit sur la question importante de l'atmosphère de la lune ; ils n'ont pas pensé à observer si cette planète est environnée d'une couche de fluide plus dense que celui qui remplit les espaces entre les corps célestes. Ils auraient dû cependant apercevoir des montagnes dans la Lune, puisque Galilée a mesuré géométriquement la hauteur de Tune de ces montagnes, par la projection
clés ombres. Il a trouvé qu'elle était du double plus haute que les pics les plus élevés que nous connaissons sur la terre.
Quoi qu'il en soit , les Hjpnoscopes ne sont pas positivement en contradiction avec les savans astronomes qui , d'après les observations précises et multipliées qu'ils ont laites sur la réfraction que devaient éproug?r les rayons de lumière en passant à iravers l'atmosphère lunaire , ont prononcé que , si cette atmosphère existe , elle doit être d'une rareté extrême , environ mille fois moins dense que celle de la Terre, et supérieure à celle du vide qu'on forme dans les meilleures machines pneumatiques. Il s'ensuit que les animaux terrestres , auxquels l'air est absolument nécessaire, ne pourraient respirer et vivre sur la lune. D'oii l'on conclut que , si Cette planète était habitée ,- ce ne serait que par des êtres d'une espèce particulière.
D'autres phénomènes magnétiques , moins brillans peut-être, mais aussi miraculeux, en raison des conséquences qu'on peut en tirer, ont été présentés par l'auteur de
la Défense du Magnétisme animal , pour combattre son adversaire , qu'il essaie aussi de mettre en contradiction avec luimême. Il veut, en outre, le convaincre avec certains aphorismes recrutés dans le domaine des hypothèses.
Pour dernière analyse , jetons un coupd'œil sur ces phénomènes , sur ces aphorismes 3 et sur les contradictions attribuées à Fauteur de Y Examen impartial , etc.
Ceux qui liront la Défense du Magnétisme animal pourront se former une idée de la logique de l'auteur,, de la force de ses raisonnemens, et de l'effet que cette logique et ces raisonnemens ont dû produire sur l'esprit d'un adversaire incrédule; car celui-ci , en admettant les phénomènes les plus éclatans du Magnétisme , rejette les faits invraisemblables , non prouvés , attribués au Magnétisme , et il repousse les aphorismes hypothétiques non démontrés et contraires aux saines idées reçues par les savans. L'auteur de la Défense du Magnétisme animal, auquel ^ dans cette circonstance 5 on pourrait peut-être repro-
cher de manquer de jugement ., n'en persiste pas moins à mettre en avant les faits équivoques, et des principes contestés, présentés sous la forme d'Aphorismes auxquels il a ajusté des miracles qui ont opéré sa propre conviction. Si on prouve la fausseté des faits et des principes , alors le système du Magnétisme animal est renversé de fond en comble.
Ces principes ou aphorismes ont un air. de famille avec les aphorismes de Mesmer ? sur lesquels on voit qu'ils ont été calqués. Je vais en choisir un petit nombre pris au hasard. Ils offrent les propositions suivantes, transcrites textuellement, maïs avec quelques légers changemens nécessaires5 et sans en altérer le sens. On pourra le vérifier.
I. « La substance spirituelle agit sur la » substance spirituelle , et le mobile de » cette action , c'est la volonté. » (Voyez page 25 de la Défense du Magnétisme animal. )
La conclusion que les magnétistes tirent de cet aphorisme ? est que l'esprit ou l'âme
( .,46) «d'un magnétiseur peut faire agir, mouvoir et obéir l'esprit ou l'âme d'un magnétisé , par un acte de la volonté du magnétiseur , au moyen d'un geste de la main , ou même sans geste, sans contact, sans l'intervention des sens, et dans une indépendance entière des agens physiques. Les magnétistes ont proclamé dans tous leurs écrits ce faux principe, que tout homme raisonnable est en état d'apprécier et de juger ; mais ceux-là avaient besoin de preuves : aussi ont-ils fabriqué , à plaisir ^ des miracles auxquels eux seuls ajoutent ^oi, et qu'eux seuls ont vus. Je vais prouver ci -après qu'ils donnent eux-mêmes les moyens de les convaincre de méprises et
d'illusions dont leur imprévoyance les rend victimes.