‹ Le Maha-bharata. Poème épique de Krishna-Dwaipayana plus communément appelé Véda-Vyasa. C'est-a-dire le compilateur et l'ordonnateur des Védas. Traduit complétement pour la première fois du sanscrit en françaisChapitre 6 sur 11 · Munyâtai tclia yathâ bhavân, texte de Bombay · texte numérisé non relu

Munyâtai tclia yathâ bhavân, texte de Bombay

Quand Sahadéva eut réussi, vénérable monarque, à calmer Çaînéya, le fils du roi des Pântchâlains tint ce langage en riant : 9,185.

« Lâche, Bhîma, lâche ce petit-fils de Gini, accompagné de l'orgueil des combats : qu'il s'approche de moi, comme le vent d'une montagne. 9,186.

» Laisse-moi, fils de Rountî, abattre dans un combat sa colère sous mes flèches acérées, sa confiance dans les batailles et sa vie. 9,187.

» Est-il possible que j'accomplisse autrement l'immense affaire, qui s'est élevée ici pour les fils de Pândou? Voici les Kourouides, qui s'avancent. 9,188.

» Eh bien, Phâlgouna les arrêtera tous dans le combat : et moi, je ferai tomber sous mes flèches la tête de cet homme! 9,189.

» Il pense que j'ai le bras coupé dans la bataille, comme Bhoûriçravas : lâche-le ! Que je le tue, ou c'est lui, qui me tuera. » 9,190.

A ces paroles du Pântchâlain, le vigoureux Sâtyaki, soupirant comme un serpent, faisait de continuels efforts de' résistance au milieu des bras, entre lesquels Bhîma l'avait enchaîné. 9,191.

Mugissants comme deux taureaux, ces deux robustes héros, doués chacun de bras solides, le Vasoudévide et Dharmaràdja, se hâtent, respectable roi, d'employer de grands efforts afin de l'arrêter entièrement. Ces deux guerriers à l'arc immense, aux yeux rouges de colère, y réussissent enfin ; et ces nobles kshatryas tournent leurs attaques dans le combat contre d'autres héros, qui avaient le désir de combattre. 9,192— 9.193— 9,19/1.

Ensuite, le fils de Drona étendit le carnage au milieu

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des ennemis, comme la mort, fille du temps, parmi toutes les créatures à la fin d'un youga. 9,195.

Il terrassa les ennemis et fit avec ses bhallas une montagne de corps, remplie de troupes d'Yakshas (1) et de Bhoûtas, retentissante (2) de volatiles (3) carnassiers et de quadrupèdes carnivores, hérissée d'arcs pour lianes, de drapeaux en guise d'arbres, de traits à l'instar de cîmes, d'éléphants tués pour ses grands rochers et remplie de chevaux à l'imitation des Kimpouroushas. 9,196 — 7,197.

Puis, il cria avec une grande énergie et fit entendre de nouveau sa promesse à ton fils, éminent personnage.

« A cause que, se couvrant sous l'enveloppe du devoir, il a dardé sa flèche sur l'Atchârya, qui combattait, dit Youdhishthira (A), le fils de Kountî. 9,198—9,199.

» A cause de cela, je mettrai en fuite l'armée devant ses yeux, et, quand je les aurai dispersés tous, j'immolerai le Pàntchàlain scélérat. 9,200.

» Je ferai mordre la poussière à tous ceux, qui oseront m' attaquer ; c'est la vérité, que je te promets là ! Fais revenir l'armée sur ses pas ! >> 9,201.

Ton fils à ces mots fit exécuter un demi-tour à l'armée, et répandit une vaste crainte par son immense rugissement de guerre. 9,202.

Alors eut lieu, sire, le choc des deux armées Kourouide et Pândouide ; il fut encore terrible, comme celui de deux mers soulevées. 9,203.

Le fils de Drona raffermit le pied des Rourouides irrités, et la mort de Drona accrut l'attention sur eux-mêmes des Pândouides et des Pàntchâlains. 9,20/i.

(1-2-3) Pakshisanghoushtan yahshaganâkoûlan, texte de Bombay. (4) Les deux éditions portent ce texte fautif évidemment; on a cru et voulu mettre, sans doute : Açivatthâman, le fils de Drona.

AOO LE MAHA-BHARATA.

Tous ces guerriers en courroux, pleins de la plus vive ardeur, et qui contemplaient la victoire dans leur âme, manifestèrent la plus grande énergie sur le champ de bataille. 9,205.

De même qu'âne montagne (1) repousserait une montagne, et comme un océan (2) frapperait ses coups sur un autre océan ; ainsi étaient, Indra des rois, les Kourouides et les fils de Pândou. 9,206.

De part et d'autre, les guerriers, pleins d:ardeur, firent résonner des milliers de conques et des myriades de tambours, 9,207.

Or (3) , le bruit de ces armées était immense, comme un prodige, et ressemblait au fracas d'une mer, dont les flots se bouleversent. 9,208.

Alors, le fils deDrona de manifester l'astra de Nârâyana. Des milliers de flèches à la pointe enflammée apparurent et dirigèrent, comme des serpents à la gueule enflammée, leur vol sur l'armée des Pândouides et des Pântchâlains, pour coucher mort les fils de Pândou sur la terre.

Elles couvrirent dans un grand combat les plages, le ciel et l'armée; tels, dans un moment, les rayons du soleil remplissent le monde. 9,211.

D'autres projectiles se manifestèrent sous la forme de boulets enflammés, forgés de fer noir, semblables à des astres dans un ciel sans tâche, maître de la terre, ou de çataghnîs divers, ou d'innombrables {!i) massues et de

(1-2) Çilautchtchayai çaîlas..., çâgarau yathâ pratihanyéta. texte de Bombay.

(3) Tuniswanas, même édition.

(4) Bahoulâgadfis, texte de Bombay.

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disques au tranchant de rasoir, pareils au disque du soleil, qui envahirent les quatre points du ciel. 9,212 — 9,213.

Les Srindjayas, les Pântchâlains et les Pândouides tremblèrent, éminent Bharatide,à la vue de l'atmosphère, toute remplie de ces espèces de projectiles. 9,21/i.

Plus combattaient les grands héros des Pândouides, et plus s'accroissait, maître de la terre, la puissance de ce charme. 9,215.

Taillés en pièces avec cet astra Nârâyanain et consumés comme par le feu, ils étaient tourmentés de tous côtés dans le combat. 9,216.

Tels que le feu brûle une forêt de bois sec au départ de la saison froide, ainsi l' astra, seigneur, incendiait l'armée des Pândouides. 9,217.

Ybudhishthira, le fils d'Yama, de tomber dans une profonde terreur, quand cet astra déchaîné répandit la mort dans son armée. 9,218.

Dès qu'il vit s'enfuir ses troupes, hors d'elles-mêmes et l'indifférence du Prithide, il tint alors ce langage: 9,219.

« Fuis, Dhrishtadyoumna, fuis avec l'armée des Pântchâlains; et toi, Sâtyaki, marche sur ses pas toi-même, environné des Andhakss et des Vrishnides. 9,220.

» Le vertueux Vasoudévide montrera ici la patience de sa personne : il peut enseigner un moyen de salut au monde (1), pour ne pas dire à lui-même. 9,221. <

» Il est inutile de soutenir un combat, je le dis à vous tous, guerriers. En effet, je vais entrer avec mes frères dans le feu d'un bûcher. 9,222.

» Avoir, dans un combat effrayant, infranchissable,

1) Çréyas, texte de Bombay.

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