SCÈNE I Harry Bride et Wlllie Shelton
WiLLiE. — Enfin, soit, puisque vous ne cessez de me dire que cela a une grande importance, je le garderai, ce nom d'emprunt que vous m'avez donné... Cela ne me gêne pas...
Bride. — C'est d'ailleurs le nom de feu votre mère...
WiLLiE (amusé). — Comme un prince, alors, je voyage incognito ? C'est vraiment drôle... Je ne vois pas cette nécessité de cacher à tout le monde mon vrai nom, surtout ici, en Europe... {Regardant un croquis posé sur le guéridon) Au fond, cela m'est égal, bien égal... Je vous ai promis de me taire là-dessus, je tiendrai parole, parce que c'est vous, et que vous êtes le vieil ami de mon père... Vous avez lutté à son côté, avitrefois, en Amérique... Je vous obéis aveuglément, comme à lui-même... {Harry lui tapotte l'épauU avec satisfaction) Et puis, je ne déteste pas un peu de mystère. . . Mais vous me direz le pourquoi ?
Bride {souriant). — Oh, cela n*a rien de terrible... Votre père vous le dira, dès votre rentrée...
WiLLiE. — Bon, d'accord ! {Montrant le paquet) Là, ça tiendra, n'est-ce pas? — Dites donc, le courrier est en retard, ce matin... Miss Ethel a donc le désir de revenir... Cela perce dans chacune de ses lettres... Son père est bien capable de le lui permettre : il fait tous ses caprices...
Bride. — Sauf celui-là. Je lui en ai écrit sérieusement.
WiLLiE. — Mais pourquoi ? Ah oui, j'oublie : le secret pour elle, le mystère pour moi !
Bride {souriant). — Supposez que l'un et l'autre se tiennent... {Examinant le paquet) Avez-vous ficelé cela solidement, pour la traversée ?. . {Jean Vaingret, en costume de Uver, parait sur le balcon)