SCÈNE II
Les mêmes ; Jean Vaingret
Jean. — Bonjour, mes amis.
WiLLiE. — Bon 1 dormi ?
Jean. — Non...
WiLLiE. — Bonjour, Jean ! {Bride salue amicahnuni de la main] Bien dormi ?
Bride. — A votre âge, pourtant...
Jean. — Je suis vieux, Monsieur Bride, parce que je n'ai pas de sérénité... De jour en jour je me sens plus vide, plus impuissant... (// rentre)
WiLLiE (à Bride). — Si quelqu'un dit qu'il est changé depuis quelques semaines, il a bien raison...
Bride (soucieux). — Oui, c'est extraordinaire... (Willie entend venir son ami, va à sa rencontre sur la terrasse et lui serre les mains ; puis il lui indique la photographie fixée au mur)
Willie. — Tu oublies tes succès, ton « Rêveur » !
Jean {descendant). — Avec des fers à ses pieds, oui !..
Bride. — Monsieur Vaingret, le passé nous suit, là, dans l'ombre ; la vie est ici, devant nous, dans la lumière ! Voyez cette fraîcheur matinale : quelle délicieuse journée elle nous annonce !
Jean. — Le courrier n'est pas encore venu ?
Willie. — Non. {Un temps) Alors, ceci n'est pas trop mal, à ton goût ? (// lui montre le carton ficelé)
Jean. — Qu'est-ce que c'est ?
Willie {écrivant l'adresse sur le paquet). — Mais les quatre dessins que j'envoie à Miss Ethel...
Jean. — Ah, oui... Tu as très bien travaillé, Willie. J'admire ton bel effort... Ne perds jamais ton ardeur !
Willie. — Je l'espère bien !... {Prêt à partir] Le temps d'aller mettre ceci à la poste et nous revenons... (// sert la main de Jean et sort par la droite, suivi de Bride)