‹ Le maitre d'ecole drame en cinq actesChapitre 13 sur 97 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

ÉVERARD, la baisant au front.

Élise ! — Fabien ! et toi aussi, ma brave Permette !... (n leur «rre

la main.)

ÉLISE

Revenu! il est revenu! ma gaieté est revenue! Ah! que je suis contente!

ÉVERARD, avec une émotion profonde.

Élise!... je vous revois donc! je vous entends! Trois semaines d’absence, on croit que ce n’est rien ! on a été mort trois semaines, voilà tout!

PÉRINETTE, pour détourner Ércrard d Élise.

Et comment arrivez-vous si tard, monsieur?

ÉVERARD

J’avais quitté la voiture à Septmoncel pour voir en passant la malade, chez Taboureau... (a Ru»e.) Mais vous voilà, mon cher sourire, et je me sens revivre !

PÉRINETTE

Monsieur, vous ne remerciez pas M. Fabien, qui vous a si bien remplacé ici ?

ÉVERARD

Comment vont-ils, ami, tous nos chers petits?

• FABIEN

Aussi bien qu’ils peuvent aller, vous absent.

ÉVERARD

Je ne suis pas absent quand tu es là, Fabien!... Si ce n’est un peu pour mademoiselle Élise, j’espère.

• PÉRINETTE, l'interrompant.

Et comme M. Fabien l’a bien soignée, la Claudine Taboureau !

* ÉVERARD

A merveille! Il n’y a plus que ses nuits qui ont un reste de fièvre. Laissez-moi votre main, Élise... (n met ie bras dàiise sou» le

sien, va à l’armoire de chêne, l’ouvre, et verse quelques gouttes d’iui flacon dans une petite

floie.) Tiens, en retournant chez toi, Fabien, remets à Taboureau cette petite fiole. Qu’il en verse deux gouttes, — deux

LE MAITRE D’ÉCOLE

gouttes seulement, recommande-le-lui bien ! — dans la boisson que j’ai ordonnée.

PÉRINETTE, partant entre Éverard et Élise.

Pour lors il faut que M. Fabien s’en aille avant que tout soit fermé chez les Taboureau. Aussi bien, monsieur, vous devez être las, et il est bon que tout le monde vous laisse vous reposer.

ÉLISE, riant.

Pour le coup, tu es malade, toi aussi, ma pauvre Périnette,

malade d’envie de dormir !... (s'arrêtant devant la figure inquiète de Périnette.)

Oh! mais qu’as-tu? pardonne!... est-ce que tu souffrirais vraiment?

Ah ! voilà bien ces cœurs tout pure, tout frais épanouis, qui ont le bonheur de n’avoir rien à cacher! Ils ne soupçonnent même pas qu’il peut y avoir près d’eux un pauvre sentiment secret qui souffre.

ÉLISE

Ai-je donc ce tort-là, mon ami?

FABIEN, bas à Éverard.

Merci !... (mut.) Je profite de l’avis de Périnette, et je pare.

ÉVERARD

A demain. Je me suis occupé de vous tous à Paris. Périnette, il se peut que, d’ici à quinze jours, on m’envoie une grâce... qui t’intéresse.

PÉRINETTE

Une grâce?...

ÉVERARD

Et toi, Fabien, viens de bonne heure, nous aurons à causer ensemble.

FABIEN

Cher maître, on ne peut jamais vous quitter sans emporter au cœur quelque chose de bon : souvenir ou espérance. A demain, (s'inclinant devant Élise.) Mademoiselle. ••

ÉLISE, lui rendant son salut.

Monsieur Fabien...

(Fabien sort.)

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