‹ Le maitre d'ecole drame en cinq actesChapitre 41 sur 97 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

J’aime Élise. Quand et comment cet amour est né? Je n’en sais rien, je l’ai toujours respiré, je crois, avec l’air vif et pur de notre montagne. J’aime Élise. Quel effet m’a produit Paris, le monde, et ce que j’ai entrevu de ses bonheurs et de ses honneurs? l’impression d’un affreux exil. Quel est tout mon désir et tout mon rêve? de vivre avec elle, auprès de vous, dans l’horizon que voilà. Un amour, un ciel. J’aime Élise.

ÉVERARD

Oui, tu l’aimes! Et tu mérites ton amour, et tu mérites le

Sien ! (Lui écartant de la main les cheveux du front.) Ah ! C CSt beau , C est

heureux, la jeunesse!... Mais, Fabien, ton devoir est dans l'action, et ta place est à Paris. Ainsi, vous me quitterez, vous me laisserez seul, je ne vous aurai plus!

FABIEN

Et pourquoi ne pas nous suivre?

ÉVERARD

Non ! je ne le peux pas, je ne le dois pas. Fabien! tu es digne de la première place dans le cœur tl’Élise; tu es digne de m’effacer, moi, dans sa vie! c’est bien! c’est la loi humaine! Succède au vieillard, jeune homme, et ne t’inquiète pas d’un peu de mélancolie jalouse qui, au fond, ne fait que mieux ressortir sa tendresse et sa joie. J’aurai assez de vbtre bonheur pour vivre, et, quand il y aura des tètes blondes, eh bien, tu me les prêteras. ,

Âh ! mon maître ! mon père ! ( Bruit de voix du côté du parc.)

ÉVERARD, tressaillant.

On vient! c’est' lui, sans doute! — Laisse-nous, Fabien. Je vais peut-être avoir à subir une épreuve plus sérieuse que

la tienne. (La porte du parc s'ouvre. Detlemarc et Varade paraissent.)

FABIEN

Mon ami, un dernier mot. Vous me conseillez d’espérer?

ÉVERARD, lui serrant la main. #

Espère ! (Fabien entre dans la maison.)

LE MAITRE D’ÉCOLE

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