‹ Le maitre d'ecole drame en cinq actesChapitre 62 sur 97 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

ÉVKRARI), DELLEMARE, pim tard ÉLISE.

* ÉVERARD

Et maintenant, monsieur, je vais vous parler à vous.

DELI.EMARE.

Et vous allez me dire quel est votre droit pour vous jeter ainsi entre Élise et moi?

ÉVERARD

Oui, je vous le dirai. — Mais d’abord convenez que vous ne sauriez avoir contre cette enfant aucun sujet de colère. Je l’ai élevée à vous respecter, à vous aimer. Elle est bonne, douce, dévouée, et si bien habituée à la joie, et d’humeur si heureuse et si charmante, qu’un méchant même aurait honte d’opprimer cette grâce et de persécuter ce sourire!

DELLEMARE.

Votre droit, monsieur Éverard? il s’agit de votre droit!

ÉVERARD

J’y arrive. Ah! ce droit, jusqu’ici je n’en ai guère usé que pour souffrir! J’ose à peine embrasser Élise au front. Je ne la tutoie seulement pas. Jamais je n’ai pu l’aimer à cœur que veux-tu.

DELLEMARE.

Mais, encore une fois, votre droit de l’aimer ainsi?

ÉVERARD

Écoutez : — Un jour, il y a quinze ans de cela, elle était toute petite, elle avait trois ans à peine, un mal horrible avait frappé ce pauvre ange et en moins d’une semaine me l’avait réduite au souffle. J’ai fait un peu de médecine, mais vous pensez bien que je ne m’en étais pas fié à moi seul : j’avais appelé lus meilleurs médecins de Lyon et de Paris. Tous ils m’avaient abandonné l’un après l’autre. Mais le plus grand, celui en qui j’espérais comme en Dieu, n’était pas venu en-

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