SCÈNE III
ÉVERARD, VARADE. (Les deux hommes s'entre-regardent d'abord en silence, s’obserrant et s'attendant l’un l'autre.)
Vous m’avez tenu parole, monsieur; vous avez compris que demain comme aujourd’hui je serais sûr de l’indulgence de Dellemare, et que demain pas plusqu’aujourd’hui, vous n’auriez le droit de veiller sur mademoiselle Élise. Elle va donc tout à l’heure être ma femme, et votre premier engagement sera rempli. Mais ne vous semblera-t-il pas bien étrange que j’ose vous parler déjà du second?
ÉVERARD
Nullement. Je m’y attendais.
VARADE, surpris.
Ah! (a pan.) Quelle est sa pensée? (Haut.) C’est qu’une implacable urgence est là qui me presse ! Il vous serait à coup sûr intolérable qu’Élise fût la femme d’un banqueroutier. Eh bien , apprenez que toute la fortune qu’elle tient de sa mère va suffire à peine à combler le déficit de notre maison de banque.
ÉVERARD
Je le savais.