‹ Le maitre d'ecole drame en cinq actesChapitre 89 sur 97 · ACTE V · texte numérisé non relu

ACTE V

VABADE.

Mais voici ce que vous ne savez pas : je ne ferai face moimôme à des obligations personnelles immédiates et terribles, nous ne pourrons nous soustraire, Élise et moi, à la ruine et à la honte, qu’en engageant dès à présent une partie des biens que vous nous avez promis... Oh! d’ailleurs, soyez tranquille! en six mois mon crédit rétabli aura refait ma fortune.

A moins que le jeu ne l’ait de nouveau défaite.

VARADE

Cela me regarde, et, si vous consentez?...

ÉVERARD

Je refuse.

VARADE, avec colère. •

Vous refusez!... Soit! dites non aujourd’hui, la nécessité vous fera dire oui demain !

ÉVERARD

Vous m’assuriez cette nuit que vous aviez foi dans ma parole. Eh bien ! je vous jure sur l’honneur que cette fortune, nécessaire^peut-ôtre à votre salut, mais plus nécessaire encore à l’avenir d’Élise, — vous ne l’aurez pas, moi vivant !

Ah! prenez garde !

VARADE, s'oubliant.

ÉVERARD

A quoi donc?

VARADE, «e reprenant.

Pardon!... je m’emporte! j’ai la fièvre! Mais je serais bien fou de m'effrayer !

ÉVERARD

Voilà que vous ne croyez déjà plus à mon serment?

VARADE

Je crois à votre faiblesse. Est-ce que vous pourrez jamais voir de sang-froid déshonorer le nom que va porter Élise?

ÉVERARD

Aussi ne verrai-je pas cela.

LE MAITRE D’ÉCOLE

VA BADE

Comment?

ÉVERARD

Je quitte ce pays, je quitte la France, je quitte 1-Europe.

VAR ADE

VOUS partez !... (Entre ses dents.) Ah î il Veut partir !... (Haut.) ^ ous

laissez Élise à l’abandon?

ÉVERARD

En mon absence, un ami sûr lui remettra les revenus de biens qui sont à elle. Mais ces biens, je les emporte, et jusqu’à ma mort je les garde ; — mon testament a tout réglé d’avance.

V ARADE.

Votre testament?...

ÉVERARD

11 est prêt depuis quinze jours; car ce n’est pas dans un mois ni dans une semaine que je pars, c est ce matin même.

VAR ADE

Ce matin!... ce matin!... — Oh! mais quel est votre but?...

ÉVERARD

Je veux vous enlever toute espérance de me convaincre et toute chance de vous sauver.

VARADE

Mais quand j’épouse Élise, à quoi vous avance ma ruine?

ÉVERARD

Retournez donc la question : quand votre ruine est inévitable, à quoi vous sert d’épouser Elise?

VARADE

Ah! ie comprends! le vaincu espère encore qu’il fera reculer le vainqueur en le menaçant de se faire sauter avec lui.

ÉVERARD

Vous l’avez dit. Ah ! vous riez des larmes et vous esquivez les défis! ah! vous n’êtes vulnérable que par le calcul soit : j’ai calculé! — Il vous faut tout de suite et à la fois, n est-ce

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