‹ Le maître de forges [microforme]Chapitre 22 sur 26 · SOUS · texte numérisé non relu

SOUS

Puls

pen-

r" psÎ éné

reuse acception du mot.

signifie : science, probité, tr

— Voilà une candi, tait Moulinet. A DOUS deux, nous roudissement, Je Vais travail

l'our tous, son Ho avai et liberté!

lture que j'appuie, répés tiendrons l'arer imes fermiers, Comités, réunions, discours, c'est mon affaire, Nous enlevons l'élection haut la inain!

— El bien! mon cher préfet,

il ie semble que nous faisons un peu de

candidature officielle!

dit derrière le majestueux Monicaud martiale. Le préfet se retourna, lui avait marché sur Je pied, et nez avec le général,

une Voix connue si on SC [FOUVA nez à qui le dévisigeait d'un air soguenard. Le représentant civile adressa un sourire Winistration militaire.

— Eh! mon cher éuér] chez les gens, on ne PEUT pas avoir Fair de les combattre au dessert ! Politesse de digestion!

Puis, pivotant sur sos talons, il murmura entre ses dents: * Prétorien, va!"

— J'accepte, mes amis, disait Philippe, l'hon- NEUF que vous me faites. Non dans le but d'ambition, — vous savez que

de ladiministration AU représentant de l'ad-

, qua on à bien diné

je recherche peu les occasions de me mettre en avant, que J'espère une fois de plus po utile,

mais parce

UVOIf Vous être

Il y eut un grand tumultes des cris S'élevaient de la foule, et, pendant deux minutes, on ne vit que des bras agitant frénétiquement des chapeaux et des casquettes, Puis Le bruit tomba peu à peu, Claire s'était avancée à son tour:

— Quant à moi, mes amis, dit-elle. ie vous remeércie du fond du coeur Et vous, Gobret

e votre bonne pensée, + Puisque vous êtes le plus an-

cien de l'usine, pour tous vos camarades, venez im'embrasser.

Et gracieuse, souriante, elle tendit la joue au vieux contre-maître bouleversé, au supplice dans sa redingote noire un peu juste, et devenu tout rouge sous ses cheveux blancs. Gobret S'approcha, et, avec autant de précaution que si le doux visage de Ciuire eût été brûlant, comme le fer rouge que l'ouvrier était habitué à marteler, il exbrassa la jeune femme.

— Oh! madame, dit le brave homme, ne pouvant retenir une larme, les Derblay ont tojours été de braves gens, et vous êtes bien digne d'être de la famille.

Claire jeta à son mari un regard de triomphe. Les paroles de l'ouvrier lui semblèrent avoir rattaché les liens qui lunissaient à Philippe.

Athépais ricanait, en chuchotant avec La Brède et du Tremblays:

— Eh bien! Mais c'est tout à fait charmant:

nous nageons dans le socialisme.

Une acelamation énorme coupa la parole à la duchesse. Philippe venait de donner ordre de rouler quelques pièces de vin dans un rondpoint du parc, et il avait envoyé chercher la fanfare du pays En un instant, une estrade fut improvisée avec des planches. Et, hissés sur cet. échafaudage, les musiciens firent entendre les notes criardes de leurs instraments. Les viuuerons de la côte, attirés par le bruit, se mèlaient aux ouvriers de l'usine, et la vieille ho«tilité qui divisait le pays en deux camps était en voie de disparaître. Dans les grandes allées, à la lueur des lanternes multicolores, qui éclataient comme des fleurs fantastiques, dans la sombre verdure des arbres, cette multitude

TT Je) ——

agitée et bruvante seBblait une noire fourmilière.

Soudainement la nuit fut traversée par un éclair brillant, et ]a Pretière bombe d'un feu d'artifice, commandé et Préparé avec srand M VStère par le baron, éclata bruvaimment dans les airs, jetant sur la foule «! ähie une Sante d'étoiles d'or. Puis les fusées sillonnèrent l’espace de leurs traînée de feu, et les tail lis dn pare S'illuminèrent des rouges des feux de Bengale,

Les musiciens s'étaient truments sur leurs SENOUX, AUX premières loges de l'estrile, ils suivaien le Vol capricieux des serpenteaux et Je SUFprenant chandelles romaines.

Le délicieux qu Tremblays, qui n jamais l'actualité, fredonnait d'une les premiers mots de la éhansou 1

pluie éblouis:

clartés vertes et

arrétés, of

leurs ins.

jaillissement des

é manquait VOIX aigre en connue :

Petit Pierre, hatuisse-moi, Que je voie Ja fusée volante...

Le préfet, se tournant Vers M avec enthovsiasme :

— Voyez-vous comme ] les feux d'artifice!

oulinet, Jui dit

e rouge fait bien dans

Quelle belle couleur!

— J'aime aussi beaucoup le vert, répondit

l'ancien juge, qui n'avait pas saisi l'allusion, — C'est la couleur de l'espérance, dit gracieu.

sement le trésorier-payeur, en saluant Moulinet, Le père de la duchesse comprit. 1} était lu-

cide pour ce qui touchait à ses intérêts, Il re-

garda l’ancien vivenr avor bienve

veillante. Ii le

Du reste,

trouva un homme très comme il faut.

celui-ci avait la plus belle paire de chevaux du département.

— Eh bien! monsieur Moulinet, dit le baron qui s'était approché, cela va bien? Vous paraissez enchanté!

— Oui, baron, répondit l’ancien juge avec expansion, Ce luxe, ces fêtes, cette animation, tout cela m'enchante. J'étais né pour la haute vie, Mes goûts protestent contre l'injustice de mon origine...

— Votret esprit suffirait à Ja faire oublier! dit Préfont, avec un sang-froid imperturbable,

Une rongeur immense illumina le ciel. (C'étaient les pièces principales qui s'allumaient. Sous un portique flamboyant, un petit enfant, dessiné, par des feux roses, couronnait une grande femme silhouettée par des feux blancs.

— L'Amour couronnant l'Industrie! dit le baron, qui se crut obligé d'expliquer l'allégorie.

— Connu! murmura le majestueux Monicaud à l'oreille du procureur général. L'année deruière, à Neufehâtel, où j'étais sous-préfet, on nous à servi l'enfant rose et la femme blanche, le soir de la fête nationale, sous ce titre: L'Avenir couronnant la France.

—- Et moi, dit gaiement le trésorier-payeur, je les ai vus figurer, autrefois, dans un feu d'artifice tiré à Ville-d'Avray, pour la fête du docteur Thompson, l'illustre accoucheur, sous cette désignation: L'Enfance couronnant la Médecine.

Un bruit terrible et une aveuglante clarté coupèrent la parole aux invités. Le bouquet, une gerbe embrasée, montait dans le ciel, s'étendant au-dessus des spectateurs comme une voûte de feu. Une gréle de baguettes noircies tomba sur la tête des plus avancés, au milieu des cris et

x du

Aaron rais-

C extion, aute *e de

lier !

ble, C'éient.

fant, une es.

e baie, caud der- , on ie, le Fenil

ir, je arti- ‘teur » décine.

couune dant e de LL Sûr is et

des rires. Puis Je ciel redevint sombre, et le pare, doucement éclairé par les lanternes vénitiennes, reprit son aspect. Comme si une main invisible eut donné le Signal, les instruments le la fanfare rugirent tous ensemble, jetant au vent de la nuit les premières mesures du quadrille. Puis un silence Suecéda pendant qu'une Voix gouailleuse de Samin criait: “En place Pour Ja contre-danse! *

Athénais fut soudain prise d'un caprice de grisette: elle eut une folle envie d'aller danser au milieu de ces PAYSans, Ce fut tellement im. périeux que, les Yeux brillants, les joues animées, ‘elle se tourna vers Philippe et se penchant vers lui:

— Oh! monsieur Derblay, ouvrons ce bal champêtre, .. Ce sera Charmant... Venez, vous danserez avec moi!

Philippe resta immobile, hésitant entre le désir de refuser et la crainte d'être impoli, I] échangea un Coup d'oeil avec Claire.

La jeune femme avait päli en assistant à cette nouvelle et provocante tentative de la duchesse. Elle jugea que la mesure était comble, Et puis, elle s'était juré à elle-même de ne pins permettre qu'Athénais s'emparât de Philippe, Elle restait cependant indécise, anxieuse, craignant de déplaire à son mari. Une voix raillense retentit à son oreille, la voix abhorrée du due:

— Vous voyez? disait.il

Et, d'un geste, il montrait Athénais penchée vers Philippe et le tenant Sous le regard cares- Sant de ses yeux.

Claire frémit de douleur et de honte, Sa sou. france fut décuplée par cette imprudente inter.

vention du duc. A ce moment précis, comme si leur destinée se décidait enfin, les yeux de Philippe rencontrèrent ceux de Claire. La jeune femine, dans ceux de son mari, vit si nettement la contrainte et la lassitude, qu'elle fut comme entraînée par une force irrésistible. Elle fit trois pas, et, touchant légèrement le bras d’Athénais qui répétait: “ Nous ouvrons le bal ensemble, n'est-ce pas?”

— Pardon, si je contrarie tes projets, dit Claire froidement. Mais je voudrais causer un seul instant avec toi.

— Causer? fit la duchesse avec une surprise mêlée d'ennui. Comme cela, tout de suite?

— Tout de suite, appuya madame Derblay.

— C'est donc urgent”?

— Tout à fait urgent.

Athénais dévisagea son ennemie. (Claire soutint ce regard avec une telle fermeté que la duchesse, troublée, pressentant quelque grave incident, baissa les yeux et, d’une voix douce reuse :

— Qu'y a-t-il donc, ma chère belle? demandit-elle, en essayant de prendre la main de Claire.

— Suis-moi, tu :e sauras, répondit durement madame Derblay.

Et sans ajouter un mot, sans se re’ ‘urner vers Philippe, Claire, résolue, mais le ur palpitant, entraîna Athénais dans le pet:. salon désert.

Elles restèrent, pendant une seconde, debout, comme deux adversaires prêts à en venir aux mains. Au loin, sous la feuillée, l'orchestre ïnprovisé commençait à jouer, et le bruit sourd de la fouie excitée arrivait jusqu'au château par bouffées confuses, Tous les convives étaient

ne Si Phijeune ment mme e fit d’A- 1] en-

dit Tr un

prise ?

ay.

» SOUa du- "e inouce

andilairc.

‘ment

> vers palpin dé-

bout, "aux "e lnrd de i par aient

descendus dans Je parce, vrées à leurs seule fois en présence, — Asseyons-nous, Veux-t 1 ? blay d’une voix brève.

— Ce sera done long”? fit Ja duchesse, en étouffant à demi un impertinent bâillement, — J'espère que non, répliqua Claire, Athénais S’étendit dans 4n fauteuil. Elle al. longea une jambe, fixa les YEUX Sur la pointe op. née de jais de son Soulier, et le fit Miroiter lentement à la lumière des lustres, paraissant n'attacher aucune importance à ce que Claire avait à lui dire, — 1 s’agit d’une faveur que j'ai à te demander, reprit madame Derblay.

— Serais-je assez heureuse servir? demanda Athénais avec nonchalance, — Oui, L'autre Jour, à cotte chasse dans Ja fo. rêt, quand tn as emmené mon mari avec toi, tu m'as demandé si cela ne me déplaisait pas, et si je n'étais PAS un peu jalouse.

La duchesse frappa un petit COUP see avec son talon sur Je Parquet et dit :

— Je plaisantais!

— Eh bien! Ty dVais tort.

Derblay, car tu disais vrai Athénais, extrêmement tendre dans Son fauteuil des,

Athénais et, Claire, li.

» forces, étaient encore une

dit Madame Der-

POUF pouvoir te

déclara Madame

étonnée, COSSA de s'é- Se {int sur ses gar- = Toi, jalouse® qit elle,

— Oui, — De moi? Ppuya la duchesse.

— De toi! répéta Claire. Et, avec nn sonrire

COntraint elle ajouta: Tu vois que je suis fran-

‘he, Il me semble que mon mari s'occupe de toi

Plus qu'il ne convient, et je m'adresse directement à toi pour que tu mettes un terme à une assiduité, à laquelle tu n’attaches évidemment aucun prix, et qui m'est très pénible.

La petite duchesse se dressa et, d’un ton poin- {u comme une vrille: À

__ Ma chère amie, c'est à ‘ton mari qu'il faut demander le remède à ton mal. Moi, je n'y peux rien !

— Ki, tu peux couper court à cette intimité.

Athénais se laissa retomber languissante au fond de son fauteuil. Elle voyait maintenant où Claire voulait en venir. Ainsi, c'était un désarmement qu'elle demandait. La jeune femme adoucit toutes les aigreurs de sa voix, et, avec upe aménité plus exaspérante que Sa raideur passée :

— Et comment y pourrais-je arriver? En accueillant mal ton mari? D'abord, ce serait m'imposer un rôle bien désagréable. Et, ensuite, croistu le moyen bien efficace?

Elle souriait en parlant ainsi, avec l'air de bravade d’une femme sûre de son ascendant.

— Aussi, reprit Claire avec sa tranquille sé rénité, n'est-ce pas cela que je veux te proposer.

— Qu'est-ce donc?

Madame Derblay hésita un peü, puis hardi ment:

— C'est de t'éloigner pour quelque temps di notre maison.

Athénais bondit, et, cessant de se dominer:

-— Y songes-tu? cria-t-elle.

__ Oui, dit Claire avec autant de douceur que sa rivale avait d’âpreté. Et c’est sur le ton de la prière que je te le demande. Accuse-moi d'êtr folle; mais fais cela: il y va de mon bonheur.

ecteune ment

poin-

faut peux

ité.

te au nt où lésarme 4avec ideur

nn acm'imsuite, ir de ft,

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d'êtr:

eur.

— Et sous quel prétexte veux-tu que je m'é.

loigne reprit Athénais. Que dirait-on d'une sé. Paration si brusque qu'elle ressemblerait à une rupture?

— Nous nous Chargerons de manière satisfaisante.

L'insistance de Claire embarrassa beaucoup Athénais. Elle pensa que madame Derblay était plus forte qu'elle n'avait cru, et que, si elle se laissait entraîner à la moindre concession, tout

était perdu. Elle résolut de trancher dans le vif

l'expliquer d'une

— Nous pouvons ne Pas réussir, dit-elle, Et ce serait désastreux Pour moi. Tu as été franthe; je vais l'être. Je suis nouvelle dans le monde où m'a fait entrer le duc de Bligny, je m'y plais, et je tiens à y sarder la place que j'ai déjà su m'y faire. Mais on y est très rigoriste, Aussi tu comprends que si la famille de mon Mari me fait froide mine, on trouvera là une octasion de me discuter, Je suis si jalousée! Et adieu mes rêves! Ni tu as ton änour, moi j'ai mon ambition, Je COMprends que tu tiennes à protéger l’un, souffre que je défende l'antre.

Claire se mit à trembler, Elle ne se conte bait plus qu'avec peine, L'envie Jui venait de Saisir cette nisérable, et de l'écraser:

— Ainsi, tu refuses? dit-elle d'une voix étout fée,

— À contre-coeur.

toi à ma place!

Et l'irunie était tellemen:

put réprimer un sourire.

Claire s'avança et, cessant de dominer S& €Oière :

Mais, en conscience, mets.

vive qu'Athénais ne

— Que je me mette à ta place? fit-elle avec vio

lence. C'est toi qui t'es mise à la mienne, et qui veux t'y mettre encore! Depuis que je te con- Dais, tu me poursuis de ton envie et de ta haine. Fille, tu m'as pris mon fiancé; femme, tu essaies de me prendre mon mari ! Je n’ai pas su garder l'un, je saurai t'arracher l’autre!

— Ah! c'est ainsi! s'écria Athénais, blémissant de rage. Eh bien! soit! Levons le masque! En vérité, la dissimulation me pèse! Oui, depuis mon enfance, je te rends en haine tout ce que toi et tes pareilles vous m'avez prodigué de dédain. Tu m'as écrasée pendant dix ans de ton nom, de ta fortune et de ton esprit! ch bien! vois! aujourd'hui j'ai des millions, je suis duchesse, et tu en es à me demander grâce!

— Prends garde! dit Claire, je ne suis pas d’un sang à me laisser longtemps insulter impunément.

— Et moi, répliqua la duchesse, je porte un nom qui me met au-dessus de ta colère

— J'en appellerai de la conduite que tu tiens envers moi!

— À qui? demanda Athénaiïs en ricanant.

— Au monde.

—— Lequel? Le tien, où je suis montée? Ou le mien, où tu es descendue?

— A celui, quel qu’il soit, où il y a des honnétes gens pour qui respecter les autres est un devoir, et se faire respecter soi-même est un droit. Dev ant celui-là, entendstu? je répéterai hautement ce que je viens de te dire. Je te montrerai telle que tu #s. Er nous verrons si le nom que tu portes, si grand qu’il soit, suffira à cacher ta bassesse et ta fausseté.

La duchesse voulut répondre, elle chercha vainement dans son coeur enfiellé. Ses lèvres :ais-

Ju le

inén delroit.

autererai | que er ta

| vaiiais-

sérent échapper vu sifle.

‘nt. Réduue au si.

lence, elle tenta au

moiis d'insulter du geste.

Mais elle vit, devun elle, Claire si Inenaçante, les Yeux ardents 4 Les in ins agitées, qu'elle ent peur. Elle recula et, Laissaut la voix :

— C'est un scandale que tu cherches?

— C’est une exécution ane je vais faire! Une dernière fois, vonxun COUSenÜr à ce que je te demande ?

— Non! cent !

grinçant des den:

— Alors, tu vas

Des pas faisaient cri et un bruit de voix joveuses enfrait par les fenétres du salon. Sur le Perron, Plilippe parut. donnant le bras à Ja baronne. Le due, riant 9 La Brède, suivait, Précédint Moulinet qui ce tait attaché au baron.

Ils virent Athénais et Claire, santes, debout en face l'une de l'autre, Lt tude des deux jeunes femmes était tellement si gnificative que tous s'arrétor nt, pleins de stu- Peur. Alors Claire, le front haut, sûr de sa conscience, forte des douleurs subies, s'avança

au milieu du salon, et désignant Athénais d’un geste écrasant :

— Duc, emmenez votre femme, dit-elle, si vous ne voulez pas que je la chasse de chez moi, devant tout le monde!

Bligny resta impassible. Un pâle sourire glis- Sa sur ses lèvres, Mais Moulinet, n’en croyant pas ses oreilles, hagard, les bras au ciel, s'était élancé,

— Chasser ma fille, la duchesse ma fille! ré péta-t-il avec emphase, comme si, en elle, on eût touché à tont l’armoria]l de France.

Fépeta Athénais en

Süble de Ja terrasse,

päles, fré:

— dÿà —

Athénais, se tournant vers le duc, cria d’une voix perçante:

— Monsieur, me laisserez-vous insulter de la sorte, Sans me défendre?

Bligny fit deux pas vers Philippe, avec un calme parfait.

— Approuvez-vous, monsieur, dit-il, ce que madame Derblay vient de dire à la duchesse?

Etes-vous disposé à vous en excuser, ou êtesvous prêt à en prendre la responsabilité?

Ce fut net, poli et tranchant comme l'acier.

Claire attacha sur son mari des regards pleins d'angoisse, Philippe allait-il Ja désavouer, ou prendre hautement son parti? Elle eut un instant d'incertitude horrible, pendant lequel elle souffrit plus qu'elle n'’vait jamais souffert,

A la voix de Bligny, i: maître de forges s'était approché. Na haute taille se développa dans toute Sa mâle vigueur. 11 dépassa le due de la tête, puis, gravement et avec une énergie qui fit tressaillir tous ceux qui écoutaient :

— Monsieur le duc, quoi que fasse madame Derblay, quelque raison qu'elle ait pour le faire, je tiens tout ce qu’elle fait pour bien fait!

Le due salua avec une incomparable élégance; il se tourna vers La Brède, auquel i] fit un signe, et dit:

— C’est compris!

Puis, offrant son bras à Athénais décomposée, il sortit, suivi de Moulinet éperdu, et du fidèle La Brède, qui murmurait :

— Diable d'affaire! Deux cousins! Bligny est l’offensé il prendra le pistolet, Le maître de forges est un homme mort !

Claire, en voyant s'éloigner sa rivale humiliée et vaincue, ne songea pas aux terribles consé-

) À eins

, Ou inselle

tait lans e la i fit

ame ture,

nee,

ne, )s6e, dèle

" SI * de liée lise

‘ dit:il En vous défendant, c'é

quences qu'allait entraîne Elle poussa un eri de triomphe, et allant à son mari avec une reconnaissance passionnée :

— Oh! merci, Philippe! dit-elle. Et elle lui tendait vaguement les bras.

En un instant son ardeur nari redevenu impassible.

— Vous ne me devez

l son Coup d'audace.

tomba. Elle vit son

: pas de remerciements,

tait mon honneur que je défendais.

Et Claire resta muette et sombre,

— N'oubliez pas que vous reprit-il, et qu'il faut que de ce qui s'est passé.

Il'offrit son bras à Ja baronne, dont Les n« r'fs étaient si ébranlés qu'elle avait à la fois envie de rire et de pleurer. Claire essuYa une larme qui glissait sur sa joue, et, souriant tristement au baron qui était resté aupres d'elle :

— Venez, dit-elle. puisqu'il le faut, danser !

avez des hôtes ici, personne ne se doute

allons

La nuit parut cruellement longue à Claire.

Rentrée dans son appartement, elle comprit toute la gravité de la situation et en fut épouvantée. Certes, elle avait agi dans la plénitude de son droit. Bravée, menacée, outragée chez elle par une ennemie sans pitié, elle s'était révoltée et l'avait chaseée, Mais sa querelle particulière était devenue générale, Son mari avait été con traint de prendre fait et cause pour elle, et elle le voyait maintenant lancé contre le due. Elle avait devant Les veux lénigmatique sourire di Blignv quand il avait dit: * C'est compris,” Ce sourire la faisait frissonner, Elle savait quel dangereux adversaire était Blignv. Ni fallait ep venir à un combat, Philippe n'était-il pas sous le coup d'un effroyable danger? Elle avait vu, à la fin de la soirée, Octave et le baron sa boucher avec La Brède et Moulinet. Elle avait interrogé le baron et son frère: ils avaient re pondu évasivement, Pair contraint, affirman que les pourparlers aboutiræient à 48 arrabgt nent,

Claire chercha quel arrangement poureairt in tepvenir entre ces deux hommes qui se hais saient. Le duc avait nettement posé les fern de la question: Ou des exeuses, on là respons bilité, c'est-à-dire une réparation. La jeum me ne s'arrêta pas une senle minute à Pidés son mari pôt faire des exrnses, "était don duel.

Philippe s'était enfermée dans son cabinet, s

laire, ; tountée, > SON » par ée ci ilière à CON t elle Eile re ch Co quel allait | pas avait n sa avait

DE

NT

tué au rez-de-chaussée, au-dessous de la chambre de Claire. Il n'ignorait pas que la rencontre qui se préparait entre le due et lui serait sérieuse. Les pourparlers s'étaient engagés le soir même entre les quatre témoins, et l'affaire étant d'une simplicité extréme dans sa uravité, !

avait été rapidement conclu.

L'arme choisie par Le due était le pistolet, La

‘accord

distance trente Pts, le fon à volonté. i'hilippe accepta ces conditions sans répugnances, (Quoi que avant peu pratiqué le pistolet, il était au fusil de première forc Et, sûr de son es up oeil, il pensait, ave ue joie farouche, que, SE risquait de recevoir li mort, il était à peu prés certain de la donner. Entre ces deux hommes, doués d'un courage ésal et d'un sang-froid à toute épreuve, était impossible de choisir d'avance le vainoneur., Mais il n'étai pas dou feux que lun des deux ne fût condamné

Un bruit de pas, résonnant sur ga tête dans le silence de la nuit, fit tressaillir Philippe, H écouta. C'était une marche régulière vontinne, automatique, celle de la pauvre fenune, qui sonf

frait de si ernelles angoisses, sépuirée seulement de lui par lepaisseur d'un plancher, mais # éloignée cependant par l'implæcable volonté du mari ontragé

Une faible clarté, ami at le jour, le rap pela aux soucis matéries qui devai occupe ses derniers instants, [1 voulut, s'i | Æpa r'AŸS

ait. donner à sa soeur un ferme apæui, avait hr ppréciep le solides oualite I inaPquis de Beaulieu. Dans ce jeune homme, il avait deviné Hi esprit et un coeur sage

Si avait répondu par ua ref: la demand

que Claire Ii avait adressée, ce haivait été 210

pour rester fidèle à sa tactique conjugale et frapper un coup plus dur que tous les autres sur le coeur de la jeune femme. 1] sentait, à ce moment-là, approcher la crise définitive, et il s’était promis de réparer promptement le tort qw’il faisait à Octave, Suzanne, d’ailleurs, l’aimait. Et à la pensée de causer un chagrin à cette enfant, qui avait été la douceur de sa vie, son coeur se fondait,

I] résolut de marier les deux jeunes gens, et, pour donner plus de solennité à son consentement, il lui prêta la forme testamentaire. Tranquille et recueilli, il prit ses dispositions, fit deux parts de sa fortune, lune pour Suzanne, l'autre pour Claire, priant “sa chère femme de bien vouloir l’accepter, en souvenir de la profonde tendresse qu'il lui avait vouée ”. H choisit, parmi ses ingénieurs, un directeur probe et capable, pour occuper sa place. Et, ayant pourvu à tout, il songea à dormir quelques instants. Il lui fallait avoir la main ferme et le coup d'oeil sûr. 11 s'étendit sur le large divan du cuir et, poussant un soupir, il ferma les yeux.

Au château de la Varenne, l'émotion était grande, Athénais était revenue de Pont-Avesnes dans un état”de rage inexprimable. A4 mo ment où celle qu'elle haïissait semblait être défi nitivement abattue et à sa merci, un coup de vi gueur la remettait debout, hautaine et triom phante, Et, c'était elle, la duchesse de Bligny. qui se voyait humiliée, chassée, vuincue! Ca elle ne pouvait se dissimuler que cette ruptur éclatante allait lui faire. un tort irréparable.

Tonte ja famille du duc prenait parti pour Claire, Les motifs de la rencontre seraient con nus et son expulsion hontense serait racontée,

rapr le inotait fai- Et ant, r se

» €t, nteranfit nne, e de prohoie et ournts.

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