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té,
es commentée, grossie par un monde qui la détestait. A cette pensée, Athénais grinça des dents, et des désirs de carnage lui bouleversèrent le Coeur. Elle eût vonin être à la place du due, Pour que Ja besogme sanglante fût micix «1 plus sûrement faig Elle rôva Claire venve. Elle Ia vit en noir, pâle, éplorée, maudissant l'heure où elle avait outragé sa rivale, Elle pensa qu'en la frappant dans l'époux qu'elle aimait. elle allait l'atteindre à la source même de sa vie Elle & clata d'un rire affreux, lança violemment ses gants et Son éventail sur Ja table du salon dans lequel elle venait d'entrer, et, se tonrnant vers son père et son mari qui la regardaient silencieux :
— Cet homme qui défend celle qui m'a in sultée, dit-elle avec rage, 1} faut qu'on me le tue!
I y eut un instant de sti peur. Moulinet, atterré par la tragique exelamation de sa fille. Le duc, étonne de trouver dans Athénais une inten sité de haine égale à la sienne. H en voulait ce pendant à la duchesse d'avoir amené un éclat qui s'était terminé, pour elle ei pour fui, par une retraite humiliante, 11 la bläma: de n'avoir pas su se contenir. Habitué aux perfidies enveloppées de bonne grâce et aux haines cachées sous des sourires de son monde aristocratique, il trouva Athénais horriblement commune et ma ladroite, En fin de compte l'attitude à la Boria, prise par Ja jeune femme, l'agaça. F1 la re- #arda tranquillement, et d'un ton léger:
— Tuer cet homme! Vens en parlez à votre aise ma chère. Ces phrases-E1 font très bien dans un mélodrame, Dans la vie ordinaire, el les sont parfaitement ridicules. Déshabituezvous done des grands mots et des grands bras!
Puis, avec un froid sourire:
* Au surplus, tenez pour certain que je ferai tout mon possible pour que vous ayez satisfaction.
— Permettez, monsieur le duc, dit alors Moulinet, sortant d’une laborieuse méditation. Je voug vois disposé à pousser les choses à outrance...
— N'avez-vous pas entendu votre fille, cher monsieur? dit Bligny.froidement. Me croyezvous assez peu attaché à mes devoirs pour ne pas défendre ma femme?
— I ne s'agit pas de cela, reprit Moulinet. Vous avez, je dois le reconnaître, agi avec une correction parfaite. Mais ma fille est une folle de vous exciter à la violence, C’est à la concilation qu'elle devrait vous exhorter, Tout peut encore arranger,
Pas quand il s'agit de gens tel que M. Derblay et moi, Croyezinoi, monsieur Moulinet, Hnposez silenee à votre excellent coeur. Etouf lez les plaintes du candidat alarmé, et laissez aller les choses telles qu'elles sont réglées... Je vous souhaite le bonsoir: j'ai à causer avec La Brède avant de me coucher,
Et saluant sa femme et son beau-père avec tranquilité le due sortit.
FH y avait environ deux heures que le maître de forges dormait du plus calme sommeil, quand une légere pression sur l'épaule le réveilla. I ouvrit les veux, et, voyant debout. devant lui le marquis de Beaulieu, il se mit vivement sur ses pieds. El faisait grand jour. La pendule mar quait six heures et demie
Nous avons le temps, aurmuara Philippe.
Jamais il ne s'était senti plus libre d'esprit, et
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plus vigoureux de corps. [ten eprouva quelque orgueil. Chez cet étre de volonté, tout ce qui était une constatation de sa force morale lui causait Une secrète jouissance. I] alla à la fenétre et l'ouvrit. Un air pur et vif, chargé du parfum des tleurs humides de rosée, l'enveloppa délicieusement. Il laissa errer sos veux sur les masse profonde du pare. Une brume légère, transparente et bleue, Hottait au dessus des arbres comme un voile Et le soleil, déjà hat
dans le cie], faisait étinceler la surface calme de la pièce d'eau. La nature s'était paree commu pour lui faire fôte,
— Belle journée! s'écria gaiement Philinpe.
de même que S'il eût été sur le point di parti pour la chasse.
Son regard croisa celui du marau . «am ses Veux attristés, il Jut un muet em. LA maître de forges vint à son beau-frère. In. se
rant affectueusement la main:
— Ne vons élonnez pas, dit-il, de me 2ronver ce matin insoueiant et presque joveux.
Pressentiment que tout finira bien pour #0
[devint grave,
— Cependant, comme il faut prévoir & eur, jui pris des dispositions. Vous Les fre verez consignées dans cette lettre.
FE mentra sur son bureau une enveloppe er laquelle était écrit Le nom de maître Baels
— Mon vieil ami et vous. serez mes exéetmtes testamentaires., Je vous ai légué, mon cher 04 tave, ce que j'ai de plus cher
Un Fjaven de joie Hinaiua le visage du marquis, Le jeune homme vonlut parler; sa voix
S'étrangla dans s gorge, et, saisissant Philippe
dans ses bras, il se init à pleurer sur som épaule,
— Allons, Octave, un peu de fermeté, reprit Philippe. J'espère que ce sera de ma main que vous recevrez ma soeur. Mais si je n'étais plus là, mon ami, quand vous lépouserez, aimez-la bien, elle le mérite, C’est un coeur tendre que le zuoindre chagrin briserait.
Sa voix était devenue d'ume douceur infinie, en parlant de cette enfant, pour laquelle il avait été un véritable père, 11 passa sa main sur son front, et devenant calme et souriant :
— 11 faut que je m'habille. Voulez-vous monter avec moi? vous me tiendrez compagnie. Et puis nous irons retrouver le baron. Je désire- “ais m'éloigner sans attirer l'attention...
Octave baissa le front sans répondre, puis, au bout d’un instant, faisant un effort :
— Philippe, avant de vous voir, ce matin, ditil, j'ai vu ma soeur... Promettez-moi que vous ne partirez pas sans entrer chez elle?
Philippe lança au marquis un regard interroateur.
— I] est inadmissible, reprit Octave, que vous la quittiez sans Ini donner l’occasion de se jus tifier à vos veux, si cela est possible...
Et comme le maître de forges faisait un brusque mouvement de surprise :
— Depuis trois jours je sais ce qui S'est passé entre Claire et vous, dit gravement le marquis. Elle m'a tout avoué. Je sais combien ma soeur a été coupable, Philippe, et je vous plains d'avoir enduré de si cuisants chagrins, autant que je vous admire d'avoir su les cacher. Mais, je vous en prie, soyez indulgent, soyez bon. Cela sera digne de vous, de ne pas accabler éette pau vre femme désespérée. Vous êtes un homme 6nergique et brave: on a le droit de tout vou
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