‹ Le maître de forges [microforme]Chapitre 25 sur 26 · O1, SI · texte numérisé non relu

O1, SI

Elle parut avoir Pris une résolution subite.

— Votre vie! dit-elle, Ah! plutôt donner cent fois la mienne! Misérable que je suis! C'est moi qui, par mon EMportement, vous ai jeté dans le danger. Est-ce que je n'aurais pas dû tout SUpporter? En souffrant, j'expiais mes torts envers VOUS... Et, dans une minute d'emportement, j'ai tout oublié Mais ve duel est insensé, .. il n'aura pas lieu, je S'aurai l'empêcher. ,

— Et comment? demanda Philippe, le sourcil déjà froncé.

— En sacrifiant mon orgueil à votre sécurité, répondit Claire, Oh! rien ne me rebutera, puisqu'il s'agit de vous... Je M'humilierai devant la duchesse, s'il le faut, j'irai crouver Je due. I en est temps encore.

Les traits du maître de forges se contracte rent. ’

—Je vous le défends! dit:il avec force, Vous Portez mon nom, ne l'oubliez pas! Toute humiliation supportée Par Vous m'atteindrait moi même, Et puis, enfin, comprenez done que je le hais, cet homme qui à été cause de mon mal.

heur!... Depuis un am je rêve de me trouver face à face avec Ini... Ah! CTOxez-moi, ce jour est le bienvenu !

Claire baissa la tête, Depuis longtemps, elle avait pris l'habitude d'obéir quand Philippe commandait. Lui, calmé par céfte violente sortie, reprit avec douceur :

— J'apprécie vos intentions et je vous en suis reconnaissant! Il v : eu, entre nous, au début de notre existence commune, un malentendu qui Nous à coûté à l’un et à l’autre bien des peines, Je ne vous en fais pas seule responsable. Il ya eu de ma faute... Je n'ai pas su vous compren-

e MICROCOPY RESOLUTION TEST CHART (ANSI and ISO TEST CHART No. 2)

EFEF

ne mme) mme mal Rene moe

LE LES Le Le & [rs

e [a Fe

APPLIED IMAGE Inc

1653 East Main Street Rochester, New York 14609 USA (716) 482 - 0300 - Phone

(716) 288 - 5989 - Fax

dre... Je n'ai pas su me sacrifier... Je vous aimais trop'... Mais je ne veux pas m'éloigner en vous laissant la pensée que j'ai conservé pour vous de la rancune... Vous pouvez être en paix, Claire. A votre tou”, pardounez-moi le mal que je vous ai fait, et dites-moi adieu...

A ces mots, le visage de Claire resplendit. Et tendant les mains vers le ciel dans un élan de reconnaissance passionnée :

Vous pardonner, moi! s'écria-t-elle. Mais vous ne voyez donc pas que je vous adore? Vous ne l'avez donc pas deviné depuis longtemfps dans le trouble de ma voix, dans l'égarement de mes yeux?

Elle s'était approchée de Philippe, et, lui nouant ses beaux bras autour du cou, elle roulait sa tête blonde sur son épaule, l’enivrant de son parfum, le brûlant de son regard.

Elle parlait maintenant comme en rêve.

— Ah! ne pars pas! Si tu savais comme je t'aime! Reste là, près de moi, tout à moi. Nous sommes si jeunes, nous avons tant de temps à être heureux! Que t'importent cet homme et cette femme qui nous haisent > Nous les oublie:

rons. Partons, veux-tu, loin d'eux? Jà sera le bonheur, la vie et l'amour.

Philippe détacha doucement le bras qui l'en laçait, et éloignant Claire :

ei, dit-il simplement, cest le devoir e l'honneur.

La jeune femme poussa un gémissement. Li réalité effrayante l'avait ressaisie. Elle revit en un instant, le due, le pistolet au poing € riant, l'air mauvais. Elle voulut s'élancer, fair un dernier effort, retenir Philippe maigré in Elle cria :

s aiguer pour paix, | que

. Et n de

Mais Vous dans » mes

| nouait sa n par-

me je Nous mps à et cetsubliesera Île

1 l’enor et

it, La . revit, oing et r, faire ré lui.

TT

— Non!'... Non!...

Au même moment, la porte s'ouvrit et Octave parut. Il adressa à Philippe un signe de tête et se retira. Claire comprit que l'instant du départ était venu. Ce fut comme si un voile, qui obscurcissait son esprit, avait été déchiré. Elle comprit que tout était fini. Et s'abattant sur la poitrine de son mari, elle le serra fois, avec une force convulsive,

— Adieu, murmura le maître de forges,

— Oh! ne me quittez pas ainsi! Pas sur ce mot glacé!... Dites-moi que vous m'aimez! Xe partez pas sans me l'avoir dit!

Philippe demeura inébranlable, 1] avai avoué qu'il pardonnaïit: il ne voulut pas dire qu'il aimait. Il éloigna Claire de Ini, marcba vers la porte, et, sur le point de sortir:

— Priez Dieu que je revienne vivant! dit-il, lui jetant dans ces mots comme un suprème espoir. 34

Ce fut tout. La jeune femme poussa «nn cri qui fit accourir la baronne, La voiture qui emportait le maître de forges roula sourdement dans l’avenue,.

Claire, sans se préoccuper de la présence de Ja baronne se laissa retomber sur sa chaise longue, la tête enfouie dans jes coussins, ne voulant plus ni voir, ni entendre, rêvant de suspendre sa vie pendant l'heure terrible qui allait s'écouler. Elle resta ainsi quelques instants.

Une douce voix la fit se relever brusquement : Nuzanne frappant à la porte, disait: *“ Peut-on entrer? ”

Claire échangea un douloureux regard avec Ja baronne, El allait falloir encore ‘issimuier, s'ef-

forcer de tromper cette enfant ignorante de Ja

une dernière

vérité. Par la porte entr'ouverte, le frais et g visage de Suzanne apparaissait.

-—— Viens, mon enfant, dit Claire.

Et, prodige de volonté, elle se fit souriante.

— Comment! vous n'êtes pas habillée? s'écr la jeune fille, en voyant sa belle-soeur vêtue d’r peignoir. Moi, j'ai déjà fait le tour du pare av la petite voiture,

Suzanne parcouru la chambre fourragea:

partout avec Ja vivacité d'un jeune chat.

— Tiens! fit-elle, je viens de rencontrer PI lippe avec le baron et M. Octave. [ls étaient « voiture fermée... [ls avaient un air singulier. Où peuvent-ils bien aller ainsi, tous les trois?

Claire rougissait et pâlissait tour à tour. Ui sueur d'angoisse perlait sur son front. Chaqi parole Ge Suzanne la torturait.

— Oh! si mon mari est là, dit la baronne, c’e qu'il s'agit d’une expérience... quelque visi dans les carrières...

— De quel côté se dirigeaient-ils? demanc Claire d'une voix tremblante.

— Du côté des étangs, répondit la jeune fill Peut-être vont-ils à la Varennes?

— Oh! non, dit la baronne, le due de Bligr n'est pas homme à se lever avant dix heures...

Claire n'entendait plus. Du côté des étang avait dit Suzanne, Aussitôt la clairière, ave son tapis de gazon, ses barrières peintes € blane, et, dans le fond, les eaux dormantes so les branches penchées des arbres, avaient pass devant ses yeux. Ce lieu solitaire et mort était propice pour une rencontre, [Il avait u aspect désolé qui le destinait à quelque scène tr: gique. C'était 1à que le duc et Philippe allaiet se battre, Eile en était sûre, elle les voyait.

s et gai

iante.

? s'écria ue d’un arc avec

rageant

er Phidient en rulier..….

trois ?

r. Une Chaque

ne, c’est e visite

emanda ne fille.

Blignv ures...

étangs, re, avec ntes en tes sous if. passé morne vait uu ène traallaient vait.

Elle fut reprise d'une agitation effrayante, entraînée paz le besoin de Savoir, Elle ne put rester en place: elle prit une robe et la passa à la hâte. Un projet, aussitôt arrêté que conçu, venait de tendre tous les ressorts de sa volonté...

— Tu t'es servie de la petite voiture? dit-elle à Suzanne, Où l'astu laissée?

— Dans la cour des écuries file. On doit Ja dételer en cé moment,

Je vais la prendre. J'ai une course à faire ce matin dans Je PAYS, reprit vivement Claire.

Et, sans attendre, une écharpe de dentelle sur sa tête nue, elle S'élança au dehors,

Seule, conduisant d'une main hardie, elle par-tit à une-allure très rapide. Le mouvement, loin de calmer <a fièvre, la SurexXciia, Elle ent Ja frénésie de la vitesse, mettant Sa béte au galop, secouée durement dans Les ornières d'une route de forêt, menacée de tout briser,

Elle jeta un rapide coup d'oeil autour d'elle. A vingt pas, au bord des étangs, le kiosque ehinois de M, Moulinet se dressait, mirant dans l'eau ses plaques de porcelaine, De 1, Claire pouvait voir sans être vue.

biche traquée, elle se

, Fépondit la jeune

Légère comme une glissa au travers des branches, et, montar ‘4 marches qui conduisaient à la galerie ciremure, elle s'arrêta anxieuse, épouvantée,

Un nuage passa sur ses Jeux. Elle dut se retenir à la balustrade Pour ne pas tomber, Sa faiblesse fut de courte durée. Elle regarda de Bouveau, haletante, avec une horrible curiosité,

Les deux adversaires étaient maintenant en place, M. Moulinet venait de S'écrier d'une voix Suppliante :

— Messieurs, par grâce, messieurs !. =

1] avait été entraîné par La Brède, qui le scmonçait sévèrement dans un coin. Octave remit à Philippe son arme, et se recula vivement. La Brède demanda d’une voix ferme:

— Messieurs, êtes-vous prêt"?

Le duc et Philippe ense vle répondirent:

Page 1