‹ Le maître de forges [microforme]Chapitre 4 sur 26 · FA · texte numérisé non relu

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de s’écouler. La fiancée voulait vivre dans la retraite Pour couper court aux sollicitations des prétendants qui ne se décourageaient Pas. Octave continuait son droit, et la marquise se plongeait de plus en plus dans les paperasses de son interminable procès.

Quand Je printemps revint, par un de ces caprices qui lui étaient familiers, Claire désira aller visiter cette terre de Beaulieu que son père, pendant sa vie, avait mise en interdit. La marquise, incapable de résister à sa fille et jugeant inutile de la distraire, consentit à ce déplacement.

Et c’est ainsi que, par une belle journée d'octobre, Je jeune marquis, tout fraîchement reçu licencié, avait été rencontré Je fusil sur l'épaule, accompagné de son épagneul marron, dans les bois de M. Derblay.

A l'heure où le jeune marquis revenait lourdement chargé vers le château, madame de Beaulieu et Claire, assises dans le grand salon, jouisseient de la fin de cette belle journée. Par les larges portes-fenêtre: ouvertes sur le perron, le soleil entrait à flots, faisait étinceler l’or bruni des cadres, entre les larges bordures desquels

s ancêtres se dressaient, souriants ou graves, dans leurs costumes de cérémonie, Le mobilier Louis XVT, en bois sculpté peint en blanc et rehaussé de filets vert d'eau, était recouvert d’une tapisserie au petit point représentant les métamorphoses d’Ovide, Un large paravent bas, tendu en velours de Gênes, entourait la bergère profonde dans laquelle la marquise était installée, tricotant avec une grande attention des ca polines de laine pour les enfants du village.

Madame de Beaulieu avait alors dépassé la quarantaine, Son visage grave et doux était couronné par une chevelure déjà presque blanche, qui lui donnait un grand air de noblesse. Ses veux noirs pleins de mélancolie semblaient encore humides des larmes secrètes qu'ils avaient versées, Mince et fluette, la marquise 6tait de santé délicate, et prenait toutes sortes de pré. cautions. Par cette chaude journée, un grand châle était étendu sur ses genoux, protégeant contre l'air vif ses petits pieds que, par une coquetterie persistante, elle chaussait de mules légères en satin noir.

Enfoncée dans un large fauteuil, la tête abandonnée sur le dossier de tapisserie, les mains pendantes et iner-

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