Ms. latin 919, fol. 74, 84 et
dérable. Il y a introduit, entre autres miniatures, la jolie Nativité de la Vierge dont nous donnons la reproduction Remarquons qu’aucun de ces manuscrits n’est plus récent que 1409. C’est donc seulement dans les toutes premières années du xv” siècle que notre maître a mis son pinceau au service du duc de Berry, et encore, je le répète, toujours placé en sousordre par rapport à Jacquemart. Un inventaire du duc de Berry, parlant des Grandes Heures (ms. latin 919 de la Bibliothèque nationale) signale dans ce volume des peintures « de la main de Jacquemart de Hesdin et autres ouvriers de Monseigneur ». C’est parmi ces « autres ouvriers » du duc, comme le prouve l’examen du ms. latin 919, que se trouve obscurément confondu notre maître des Heures de Boucicaut.
Mais celui-ci a pris sa revanche avec un autre prince de la famille royale, le duc de Bourgogne Jean sans Peur. Entre 1404 et le 1 er janvier 1413 *, il a enluminé pour Jean sans Peur un superbe exemplaire du Livre des Merveilles du monde , conservé à Paris (ms. français 2810 de la Bibliothèque Nationale), et, cette fois, c’est notre maître qui règne dans le volume comme auteur principal de l’illustration. Il a bien laissé à deux collaborateurs assez médiocres le soin d’exécuter une portion des deux cent cinquante-neuf miniatures secondaires du livre • 1 . Mais il en a aussi peint lui-même un grand nombre, de préférence au début du volume, et surtout il s’est réservé exclusivement toutes les grandes miniaturesfrontispices, au nombre de sept, qui ouvrent chacune des divisions principales du texte.
Ces grandes miniatures sont traitées dans la manière large de l’artiste, par conséquent un peu lâchées d’aspect. Il faut toutefois faire exception pour l’une d’elles, représentant l’offre d’un livre au duc Jean sans Peur 4 . Celle-ci, que nous reproduisons, a été l’objet de soins particuliers. Les miniatures plus petites, au contraire, comme on peut en juger par l’image
1. Une autre miniature exécutée par notre maître dans le tome III de ce Lectionnaire (bibliothèque de Bourges, ms. 35, fol. 17 v*), renferme un portrait du duc de Berry. Cette page est malheureusement usée par le temps.
2. Le manuscrit a été exécuté pour Jean sans Peur, duc de Bourgogne. Or, c’est en 1404 que Jean sans Peur a succédé au titre ducal de son père, Philippe le Hardi. D’autre part, le manuscrit a été terminé assez tôt pour que le duc de Bourgogne ait pu l’offrir, aux étrennes de janvier 1413 (n. s.), à son oncle le duc de Berry.
3. Il est bon de signaler qu’une de ces miniatures secondaires, au folio 42 v*, repeinte ou rajoutée après coup, est très postérieure d’époque aux autres.