‹ Le Maître dit de FlémalleChapitre 10 sur 22 · AUTRES ŒUVRES · texte numérisé non relu

AUTRES ŒUVRES

Continuons le dénombrement des tableaux attribués au Maître de Flémalle. Il y a, à la National Gallery, une petite peinture représentant la Madeleine , en ample robe verte, assise, lisant un livre,

Le Maître (ie Flémalle d

dont le style et la couleur autorisent 1 attribution au Maître de Flémalle. Elle était renseignée jadis comme appartenant à l’école de Roger de la Pasture et aujourd’hui encore des critiques compétents, dont Friedlânder, croient y voir uné oeuvre de Roger. Cette hésitation des plus experts atteste à nouveau la parenté extrême du style dans certaines œuvres des deux maîtres.

Le catalogue du Maître devrait comprendre aussi une Messe de Saint Grégoire. On est fondé à le croire parce qu’on retrouve les caractères de 1 artiste dans une œuvre, exécutée au début du XVe siècle (comme l’atteste une inscription en flamand) qui serait la copie de l’original perdu. Cette copie a été exposée aux Primitifs à Bruges en 1902, sous le n° 156 et faisait partie de la collection Weber à Hambourg, depuis dispersée.

Une autre Messe de Saint Grégoire dans la Chapelle Royale à Grenade, conserve aussi peut-être le souvenir du Maître de Flémalle.

M. Henry Hymans signale dans ce tableau de Weber une particularité de nature à faire supposer son origine tournaisienne : le cierge tenu par 1 acolyte s’enroule sur une tige. Ses spires déroulées lui donneraient une prodigieuse longueur. Les Tournaisiens en vouèrent un à la Vierge en 1340 après une

victoire remportée sur les Flamands; il avait la longueur du grand tour de la procession.

On conserve au Musée d’Aix-en-Provence un petit tableau représentant la Vierge glorieuse, entre saint Pierre, saint Augustin et un Augustin. L’ordonnance en est noble et belle, la couleur un peu crue et sèche. M. Hulin de Loo croit pouvoir conclure de la composition de l’œuvre qu’elle fut peinte pour l’abbaye d’Eaucourt, en Artois (16).

MM. Witting et Gonse, en 1900, l’ont ajoutée aux œuvres du Maître de Flémalle dénombrées par M. von Tschudi (17).

Certains ont vu le Maître de Flémalle, ou tout au moins son influence, dans un Christ en Croix dont il existe plusieurs variantes et qu’on rattachait jadis aux van Eyck. Il s’agit d’un Crucifié, dans une gloire en amande, sur un fond de ciel nocturne étoilé, entouré d’anges. Dans le tableau du Musée de Bruxelles (n° 809) venant de la collection Aymard de Lyon, la composition paraît raccourcie; elle se complique dans le tableau de l’Eglise Saint-Sauveur de Bruges, d’une Vierge qu’un ange couronne, et d’un donateur; dans la variante de la collection Trauman à Madrid, le donateur est remplacé par une donatrice. Il n’y a là, à mon sens, qu’une image de piété, sans perspective, sans mérite spécial de composition, de caractère archaïque, et la gloire du Maî-

tre n’a rien à gagner à cette addition à son catalogue (18).

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