‹ Le Maître dit de FlémalleChapitre 11 sur 22 · LES MARIE AU SEPULCRE · texte numérisé non relu

LES MARIE AU SEPULCRE

M. Henri Hymans a donné au Maître de Flémalle les Trois Marie au Sépulchre, de la galerie Cook à Richmond. Mais son opinion est restée isolée et la majorité des critiques font honneur de cette œuvre admirable à Hubert van Eyck. Citons néanmoins quelques arguments de M. H. Hymans : « Que le tableau fut d’Hubert van Eyck, ce serait à la rigueur admissible, mais sûrement les caractères de Jean y paraissent effacés. Or, c’est à Jean que 1 attribue M. von Tschudi. Ces femmes en turban, ce vase oriental, ces coiffures étranges chargées de caractères hébraïques tracés en or, sont des particularités qui se rencontrent avec constance chez le maître dit de Flémalle; nous n’en connaissons point d’exemple chez van Eyck. Que si l’on m’objecte le pittoresque fond de ville, les montagnes lointaines chargées de neige, les plantes du Midi, le ciel bleu où flottent de légers cirrus, rien de tout cela n’est étranger au maître, tour à tour confondu avec van Eyck et Van der Weyden. L’œuvre est du reste remarquable à tous les titres. Elle l’est à la fois par la composition et par l’exécution, par l’originalité des accessoires, des types et le charme du fond du paysage.

« L’ange, vêtu de blanc, assis sur le sépulcre, offre quelque analogie avec les types d’anges de van Eyck, ou plus justement avec ceux du T riomphe de l'Eglise sur la Synagogue , du Musée de Madrid (19). Mais outre que cette peinture, si vantée autrefois par nombre d’amateurs. Passavant en tête, n’est sûrement pas une création originale, chose reconnue actuellement par tous les connaisseurs, nous conservons des doutes sérieux sur l’intervention de van Eyck en ce qui concerne sa conception même. La National Gallery à Londres possède une peinture d’origine « flamande » cataloguée sous le n° 1086, représentant l’épisode où le Christ apparaît à sa mère après la résurrection. Il y a de sérieuses raisons pour voir ici, non pas une création authentique, mais une copie d’une œuvre de « Flémalle ». En y regardant de près, on verra, dans le paysage du fond, le tombeau sur lequel est assis l’ange et tout autour du sépulcre, les soldats endormis, dispositions très proches de celle du tableau attribué à Hubert van Eyck. La rencontre ne nous paraît pas un simple effet du hasard. »

Le Christ apparaissant après la résurrection ? Mais c’est le sujet du volet droit du fameux retable de Miraflores, de Roger de la Pasture, dont le Musée de Berlin possède, sinon l’original, tout au moins une copie ancienne. Encore lui!

Nous rapportons l’opinion de M. Hymans, sans

nous y rallier, parce que personne ne l’a suivie. Toutefois, nous ne croyons pas que l’attribution généralement acceptée soit définitive. Tout ce qui concerne Hubert van Eyck est terriblement conjectural et le maître aux coiffures à caractères hébraïques nous paraît encore à déterminer. Il semble appartenir au début du XVe siècle, Hubert van Eyck et le Maître de Flémalle répondent à cette condition, mais il se peut fort bien que ce ne soit ni l’un ni l’autre.

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