‹ Le maître Jesus-Christ enseignant les hommesChapitre 205 sur 230 · IV.C.II. DE L'UNION WEC NOTRE-SEIGNEUR · texte numérisé non relu

IV.C.II. DE L'UNION WEC NOTRE-SEIGNEUR

la seconde , qui ne vient que de très-loin après , et n'est que comme l'accessoire , où celle-là est notablement la principale. De vrai , comme il n'y a aucune comparaison de Dieu à nous pour l'excellence, il n'y en peut avoir aussi aucune de sa gloire avec noire salut , et ses intérêts sont bien d'une autre considération que les nôtres : ce que nous voyons même en quelque façon parmi les hommes , où l'honneur d'un paysan n'approche pas à beaucoup près de celui du roi.

Ces deux fins sont incorporées et perdues l'une dans l'autre , la gloire de Dieu se retrouvant dans notre salut , et notre salut dans sa gloire , avec une liaison si étroite qu'autant que vous glorifiez Dieu, autant vous avancez l'affaire de votre salut , la mesure de l'un réglant la mesure de l'autre.

Pourtant , la fin dernière à laquelle Dieu rapporte tout n'est pas notre salut, mais sa gloire, comme dit Salomon , et avec grande raison , parce que, comme Dieu est infiniment sage et qu'il estime et aime chaque chose selon sa valeur , il f°ut qu'il ait infiniment plus d'opinion et plus d'amour pour soi que pour tout le reste : d'autant qu'il en mérite infiniment davantage pour être infiniment plus parfait. Ce qui est si assuré qu'il ne saurait prendre une créature pour la fin dernière d'aucun de ses ouvrages ; mais il est déterminé par une nécessité absolue et indispensable de viser en tout à son honneur et à sa louange , parce qu'autrement , il ferait plus de cas d'une créature que de soi , et préférerait un grain de poussière et un atome à sa

majesté infinie , ce qui serait un horrible désordre. Aussi est-ce une chose inouïe qu'un ouvrier fasse jamais son ouvrage pour son ouvrage , mais il le fait toujours pour soi , ou pour son profit, ou pour son plaisir, ou pour son honneur, ou pour quelque autre considération qui le regarde. Ainsi , Dieu ne nous a point créés proprement pour nous , mais pour soi ; notre félicité ne lui a pas fait mettre la main à l'œuvre pour nous former , comme son principal motif, mais l'avancement de sa gloire, et non encore de l'intérieure , qui ne peut recevoir aucun accroissement , puisqu'elle est infinie , attendu que c'est lui-même , à qui il est , à raison de son essence et de ses perfections , sa vraie et sa propre gloire , mais de l'extérieure, qui consiste en ce qu'il soit connu , adoré , aimé et servi de ses créatures.

Cela supposé, l'homme, pour exécuter le dessein de sa création , demandera maintenant quels sont les moyens avec lesquels il pourra glorifier Dieu. A quoi je réponds que c'est la bonne et la sainte vie, la conformité de sa volonté à celle de Dieu , laquelle a toujours et nécessairement pour objet de toutes ges opérations le dessein de sa gloire ; mais le principal et celui qui comprend tous les autres , c'est l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ. Pour l'éclaircissement duquel ,

Je dis que Dieu , désirant être , non-seulement glorifié infiniment au dedans de soi-même, et par soi-même , et proprement par son Verbe , comme par celui qui est la connaissance infiniment glorieuse et honorable qu'il a de soi , mais encore au

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dehors , conformément à son mérite infini , a employé pour cet effet Tunique moyen qu'il y avait d'en venir à bout, savoir, de produire une créature capable de lui rendre une gloire infinie ; ce qu'il a exécuté dans le mystère adorable de l'Incarnation , où ce même Verbe s'est uni personnellement à notre nature dans une humanité particulière , à laquelle , outre les dons créés dont il l'a enrichie, finis à la vérité , mais incomparablement plus grands que tous ceux qu'il a départis aux anges et aux hommes , il a communiqué substantiellement sa propre bonté , sa propre beauté , sa propre sainteté , et toutes ses perfections infinies, qui la font infiniment bonne , belle , sainte et excellente , et la mettent ensuite en état de la glorifier infiniment.

Ce qui fait que la seule humanité de Jésus-Christ nous découvre plus clairement la bonté, la sagesse, la puissance, la justice et la miséricorde de Dieu , et nous fait paraître avec plus d'éclat l'amour qu'il nous porte et le zèle qu'il a de notre salut que tous ses autres ouvrages. Dieu nous a donné en elle seule de plus grandes lumières pour le connaître, pour concevoir de lui de très-hautes idées et pour l'admirer ; il a mis en elle plus d'attraits et plus de charmes pour nous attirer entièrement à son service , et nous embraser de son amour , que s'il eût créé en notre faveur des mondes infinis de simples créatures, quoique très-accomplies.

De plus , Dieu a ennobli , sanctifié et déifié en Jésus-Christ l'univers et tout ce qu'il contient, les

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313 JB9US-CHKÎST ENSEIGNANT. LES HQMNE& êtres purement corporels, comme les éléments et ceux qui en sont composés en son sacré corps ; les purement spirituels , ainsi que les anges en sa trèssainte âme , et les hommes en son humanité , leur communiquant à tous en lui , d'une certaine façon, sa dignité infinie , et par conséquent, les élevant au point de le pouvoir honorer infiniment en lui , et hors de lui, en elles-mêmes, d'une manière beaucoup plus noble qu'elles ne faisaient auparavant.

En effet , Dieu a reçu plus d'honneur par le moyen de Jésus-Christ que par toutes les autres créatures de l'univers. En premier lieu, il est infiniment honoré par la seule montre des perfections infinies qui se trouvent et qui brillent avec une splendeur sans pareille en Jésus-Christ , comme celui qui est l'auteur de ce chef-d'œuvre admirable: tout ainsi qu'en une peinture accomplie, la simpie représentation de ses beautés attire de l'estime, de l'admiration et des louanges à celui qui l'a faite. Secondement , parce que Jésus-Christ a glorifié Dieu avec une perfection infinie par toutes et par chacune de ses actions, n'en faisant pas une ? pas même un regard , ni le plus petit mouvement du doigt, qui ne lui fut, à raison de l'excelience infinie de sa divine personne et de la pureté souveraine de ses intentions, infiniment honorable. Comme Jésus-Christ n'a été fait qu'afin de réparer et d'accroître infiniment et pour jamais la gloire de Dieu, aussi ne pensait-il et ne s'appiiquait-il qu'à cela^ ainsi qu'il le dit lui-même; il a fait tout pour cela, et il a fait pour cela tout ce qui se pouvait faire , s'usant et se consumant pour ce de^seia jusqu'à mou-

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