HISTORIQUE
I. — Des différents maux oscillatoires que nous venons de passer en revue, le mal de mer est le plus anciennement connu. Né avec la navigation, il a, de tous temps, préoccupé les esprits et on en retrouve la trace dans les écrits de l’antiquité. Mais les méde-—cins de cette époque, peu soucieux de lui chercher remède, l’utilisaient au contraire comme traitement. Antyllus déclarait que «le ballotement pendant la navigation a le même effet qu’un traitement par l'ellébore blanc ». Mercurialis prône son action dans les maladies de foie et on embarquait de force à Ostie les sujets atteints de maladies mentales. Cependant, le mal de mer était redouté à tel point que Cicéron lui préféra, dit-on, la mort.
Au xvi® siècle nous retrouvons dans Rabelais un pittoresque tableau du mal de mer et des remèdes en honneur à l'époque : «touts burent à eux ; ils burent à touts. Ce fut la cause pourquoi personne de l’assemblée onques par la marine ne rendit sa gorge et n’eut perturbation d’estomach ne de teste. Auquel inconvenient n’eussent tout commodément obvié, buvant par quelques jours auparavant de l’eau marine ou pure ou mistionnée avecques le vin, usant de chairs