‹ Le mal de Bright et les néphritesChapitre 15 sur 22 · MR LE · texte numérisé non relu

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y aperçoit aussi des cylindres hyalins, granuleux, épithéliaux, Symptomatiques de la néphrite.

L’albuminurie paraît dès les premiers jours; elle est d'autant plus précoce que le début de la maladie est plus éclatant. Elle s’établit au bout d’un jour dans l'érysipèle et la pneumonie, et dans la fièvre intermittente, vers la fin de l'accès (4). En général continue, elle varie depuis des traces légères jusqu’à 4 ou 5 gr. par litre. D’ailleurs le précipité, très abondant à un premier essai, peut être très rare à un second fait le lendemain ou même quelques heures après. L'abondance de l’albumine paraît être en raison directe de la fièvre, et de

.la gravité des symptômes généraux. Rétractile quand elle est en quantité notable, non rétractile s'il y en a très peu, c’est toujours Jalbumine du sang qui passe dans l'urine.

Le pronostic n’est aggravé ni par l’abondance de l’albumine, ni par l'hématurie. Ces néphrites n’ont aucune influence sur la maladie infectieuse ; elles sont uniquement les témoins de l'infection et de son degré, légères dans les cas légers, intenses dans les cas graves. Ce n’est autre chose qu'un état anatomique du rein, faible partie des désordres que ia cause morbifique suscite dans tous les parenchymes ; il dure autant que cette cause, et disparaît avec elle au moment de la convalescence.

L’urémie, les œdèmes nese rencontrent jamais dans ces néphrites. S'ils paraissent, c’est au cours de la convalescence, quand 4a maladie est guérie. De plus, il n’y à aucun rapport entre l'intensité de la première néphrite et la fréquence de ces complications. Ainsi, dans la scarlatine, la néphrite constante de la période éruptive est en général très légère ; elle est nettement caractérisée dans la période d'état de Ja diphtérie ; et cependant le mal de Bright très rare après la diphtérie, est fréquent après la scarlatine.

On sait aujourd’hui quelle est la cause immédiate des néphrites liées à l’évolution des maladies infectieuses. On la connaît, du moins, pour la maladie du pus bleu, et dans la pathologie humaine, pour le choléra (2), lœdème malin, la fièvre typhoïde, la diphtérie (3). Dans ces maladies, chaque bactérie pathogène sécrète une substance par-

(2) BOUCHARD. Leçons sur les auto-intovications.

(1) LECORCHÉ et TALAMON. Traité de l'albuminurie et du mal de Bright. (3) Roux et YERSIN. Annales de l'Institut Pasteur, janvier 1889.

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ticulière qui se mêle au sang, altère tous les éléments anatomiques, et traverse le rein avec l’urine. Il suffit d’injecter ce poison aux animaux pour leur donner la maladie. Les expériences de MM. Roux et Yersin sur la diphtérie sont sans réplique. Ils ont reproduit avec le seul poison et sans microbes, tous les symptômes de l’intoxication diphtérique, et toutes ses lésions anatomiques, y compris la néphrite diffuse. L'hypothèse d’une action directe des bactéries sur le rein est donc inutile ici pour expliquer cette néphrite. Il est d’ailleurs bien établi que dans le choléra, la fièvre typhoïde, la diphtérie, il n’y a pas de bacilles dans le sang, le toxique sécrété détermine tous les désordres. ra,

On n’a pas encore trouvé les poisons de la pneumonie, de l'érysipèle, des fièvres éruptives, mais ce sont toutes des maladies à micro bes. Leurs lésions viscérales sont à peu près celles de la fièvre typhoïde, de la diphtérie. Comme dans ces maladies, le sang et les parenchymes sont dépourvus de germes pathogènes; il faut donc qu’une substance issue de ces germes et circulant avec le sang, aille altérer tous les éléments anatomiques. Dans les reins elle produit une néphrite diffuse.

S'il y a, par exception, des bactéries dans le sang, elles passent avec l’urine à travers les glomérules enflammés, et l’albuminurie coïncide alors avec élimination des microbes. Il est possible que ces germes s'arrêtent dans les canalicules du rein, et les obstruent en s’y multipliant; ou bien ils encombrent quelques artérioles provoquant ainsi de petits foyers d’anémie et de nécrose. Mais il s’agit de troubles mécaniques comme une poudre inerte en déterminerait, et rien ny distingue un agent infectieux. L'hypothèse de microbes issus des capillaires inter-tubulaires et irritant les cellules du rein en les traversant par diapédèse, doit céder devant la loi suivante établie par Wyssokowitsh, et confirmée par les expériences de M. Berlioz (1). Les reins non allérés n'éliminent jamais de microbes. Is ne passent dans l'urine qu'à la faveur dune glomérulo-néphrite, et ils traversent avec Palbumine, les glomérules altérés.

On peut imaginer enfin que les microbes pathogènes arrêtés dans le rein enflamment cet organe en sécrétant leur substance toxique. Mais cette même substance avait déjà déterminé la néphrite diffuse

(1) BERLIOZ. Passage des bactéries dans les urines. Th., 1887.

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