‹ Le Mal de MerChapitre 12 sur 22 · PATHOGÉNIE DU MAL DE MER · texte numérisé non relu

PATHOGÉNIE DU MAL DE MER

Théories cérébrale et abdomunale. L'origine du réflexe nauséeux n'est pas seulement au foie et à l'estomac, il est dans tous

les organes qui ballottent.

Il existe un mal de mer somatique réel. Quel en est le mécanisme ? y |

Mille théories ont été données, La plus ancienne est celle d'Hippocrate : «les mouvements, qui troublent le corps », causent le mal de mer. En effet les mouvements du bateau sont la cause première du mal nauséeux. Mais comment agissent-ils pour produire ces symptômes? ou en d’autres termes “ceux-ci étant dus à un réflexe centrifuge, à quel centre nerveux se produit le réflexe ?

Je passe rapidement sur les théories mettant en cause les canaux semi-circulaires, la vision, etc.

La théorie cérébrale a toujours des partisans. Les chocs du bateau auraient leur répercussion sur le liquide céphalorachidien, dirent les premiers Mestivier et Marius Autrec (1). Celui-ci prèsse davantage les centres cérébraux et en chasse le sang ; d’où l’anémie cérébrale provocatrice de la sensation

nauséeuse, De suite une objection se présente : d’où vient

1. Mestivier, De la nature et de certaines conséquences physiologiques et morales du mal de mer, L'Union |médicale de la Gironde, 1860, n° 35, page 941. Autrec Marius, Théorie physiologique du mal de mer. Thèse de Montpellier, février 1868:

que, dans l’équitation par exemple, les chocs verticaux si intenses n'’amènent point le mal de mer? Cette théorie est donc opposée aux faits. De plus elle est contraire aux principes de la physique : les méninges forment un vase clos, complèlement rempli par le liquide céphalo-rachidien ; la pression se fait donc sentir également sur toute l4 surface de l’encéphale en vertu de la loi d’hydrostatique. La théorie cérébrale est d’ailleurs aujourd’hui abandonnée pour celle abdominale. La lhéorie abdominale, ou de Kercudren, admet que les mouvements du bateau provoquent des frottements des organes abdominaux et produisent l'irritation des ganglions nerveux, principalement des deux ganglions semi-lunaires. Ceuxci amènent par voie réflexe les nausées, les vomissements et tous les symptômes. Qu'on se rappelle la sensation d'angoisse, qu'on éprouve aux descentes brusques produites par le jeu des montagnes russes. Elle se localise très nettement dans l'abdomen qui semble manquer de point d’appui et tomber dans le vide. Cette sensation, continuellement éprouvée, serait le mal mer. De même le tremblement de terre a donné à M. Henri de Varigny (1).tous les symptômes du mal de mer. D'autre partle matelot amariné n’éprouve plus la naupathie, parce qu'il fait corps avec le navire, comme le cavalier avec sa monture, et n’en perçoit aucune répercussion violente. Le corps du marin se plie, s'adapte aux mouvements les plus désordonnés du bateau : quand l’un des côtés du navire s’élève, il fléchit la jambe du même côté et tend l’autre; si la poupe ou la proue s’enfonce, il fléchit insensiblement le tronc en avant ou en arrière, Tous ces mouvements finissent par

s’opérer chez lui instinctivement par le seul effet de Phabi-

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