M. Henri de Varigny. Quatorze ans aux iles de Sandwich
Paris, 1874.
tude, de l'éducation. Enfin les sujets qui ont un gros ventre flasque, ou, pour mieux dire, une ptose abdominale et ceux qui sont dyspeptiques éprouvent surtout le mal de mer. Des personnes, qui n'avaient jamais le mal de mer, en ont subi les atteintes quand elles sont devenues dyspeptiques.
Mais il ne suffit pas d’énoncer que le mal est dû à l’ébranlement de la cavité abdominale, il faut savoir quel organe est intéressé plus spécialement.
Est-ce le fore,organe volumineux qui, plus qu'aucun autre, est apte à recevoir le Contre-coup des mouvements du navire ? S'il est mal suspendu, ilballottera, et le lobe de spiegel qui est au-devant du plexus solaire et des ganglions semilunaires peut fort bien, par son ballottement, les irriter. Le D: Raingeard explique longuement ce mécanisme: « Le ligament rond suspenseur du foie est susceptible de se rétracter parfois d’une façon considérable. Les mouvements du bateau le troublent. I] résiste tout d’abord, et, par ses contractions, tend à limiter les déplacements de l’organe, à le fixer; puis ses fibres se fatiguent, elles perdent leur tonicité musculaire le ligament se relâche. Alors le foie ballotte, il entraîne le lobe de Spiegel qui vient irriter le ganglion semi-lunaire droit et le mal de mer se déclare (1).
Pour d’autres médecins, l’origine du réflexe nauséeux serait l'estomac lui-même. Le professeur Holznecht de Vienne émiet incidemment cette théorie dans une étude sur la forme de
l'estomac vivant (2). A la suite de recherches radiographi-
1. Dr Raingeard, « Le mal de mer. » Gapeite médicale de Nantes, 1907, page 437. $
2. Holznecht, Der normale Magen nach Form Lage u. Grosse Mitteilungen aus dem Laboral. f. rad, Diagnos therapie. Iéna,
ve à À mn 29 — Ù ques, cet auteur a reconnu que l'estomac doit être regardé
comme une dilatation du canal alimentaire tendu entre le cardia et le pylore, sans cul-de-sac inférieur, le pylore en étant le point le plus déclive. Telle ést du moins la forme normale, mais chez l’adulte, le plus souvent, le cul-de-sac inférieur, figuré par les classiques, se forme. C’est ce cul-desac inféricur sans soutien et ballant qui subirait les oscillations imprimées par le roulis et le tangage du navire ; d’où Liraillement et irritation des plexus nerveux pariétaux et comme conséquence, par voie réflexe, les nausées et les vomissements M. le Dr Guillon, de Calais, a insisté tout récemment
sur cette théorie (1).
Théorie hépatique et théorie stomacale nous paraissent toutes deux vraies. On pourrait aussi bien invoquer une théorie splénique, ou intestinale; ou épiploïque, etc. Le péritoine recouvre de son feuillet tous les organes abdominaux. Tous
sont intéressés par la ptose, tous ballottent sous l'influence
des mouvements du navire, le péritoine est éminemment sen-
sible, l’irritation, ainsi provoquée dans les terminaisons nerveuses du grand sympathique, se communique au plexus solaire et aux ganglions semi-lunaires ; de là se produit le reflexe centrifuge qui occasionne la nausée et les vomisse-
ments.
1. Guillon, de Calais. « Correspondance. » Presse médicale, 3 juillet 1907, n° 53, p. 427.