‹ Le Mal de MerChapitre 14 sur 22 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Traitement du mal de mer psychique.

Il est éminemment curable. Les nombreux remèdes prônés

comme infaillibles n'ont jamais réussi que sur lui { l’autosuggestion, la suggeslion préventive. .

Le mal de mer, pense-t-on communément est incurable, Bien «des médecins sanitaires émettent cette opinion. Il en résulte qu’ils ne soignent pas les naupathies ou les soignent sans conviction, quand leur aide est implorée. Ce en quoi ils ont tort. L'étude pathogénique, à laquelle nous nous sommes “livré, montre qu'il existe deux sortes de mal de mer, l’un suggeslif, l’autre somatique.

Or le mal de mer par suggestion est essentiellement curable. Le mal qu’une suggestion a produit, une suggestion inverse

- le détruira. Il importe que le médecin ait toujours présente à l’esprit cette possibilité,

Une objection se présente:on ne voil pas bien un médecin sanitaire hypnotiser son malade, pour lui donner la sugges- Hon curative, (est un acte délicat, Si on le propose au sujet et qu’on ne réussisse pas, on perd toute autorité. « Et, dit le D: Félix Regnaull, on a d’aulant plus de ch ance d'échouer qu’on s'adresse à une personne convaincue que son imagina-

lion n'esi pour rien dans son mal ; une telle proposition de

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la part de son médecin lui semble une sottise et une moquerie. »

Le médécin sanitaire ne peul prétendre aux succès du professeur Tchwing, de New-York, et du D' Hamilton Osgood, de Boston.

-Le premier hypnotisa à bord d’un navire neuf malades en puissance de mal de mer; celui-ci céda de suite et les malades purent se meltre immédiatement à manger de bon appétit (1).

Le D' Hamilton Osgood, de Boston, rapporte des observations semblables. Après quatre séances de suggestion, il guérit une dame en proie à un violent mal de mer. Une autre passagère, de même atteinte, fut hypnotisée au quatrième degré de sommeil ; la suggestion eut un effet immédiat, à peine réveillée elle se déclara guérie. Une autre jeune fille, qui depuis l’enfance était incapable de voyager, même en chemin de fer, sans éprouver des vertiges et des vomissements, fut de même traitée avec plein succès (2).

Notons en passant que ces médecins ne songent pas un moment que leurs malades ont pu être de simples suggestionnés.

Tout le monde ne peut prétendre à une telle maestria dans le rôle d'hypnotiseur.Mais une ressource précieuse reste : celle de la suggestion indirecte. D'ailleurs le médecin en use bien souvent d’une manière inconsciente et par l’intlermédiaire de

remèdes . L’importantest, moins la qualité du remède lui-même,

1. Professeur Tchwing. « The treatment of sea sickness by the trance state.» Transaction of the New-York academy of science,

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