LT S
mentconcentrée : dix centigrammes/de cocaïne pour deux à trois grammes d’eau (1). Et l’action d’un tel remède est fugitive, quelques heures au plus.
Je n’insisterai pas davantage sur un remède préconisé tout récemment par le Dr Félix Regnault: prendre à jeun dix à quinze grammes de sous-nitrate de bismuth délayé dans un demiverre d’eau. Un tel remède, souverain contre les gastralgies, ne semble avoir qu’une efficacité douteuse, dans cet état bien plus complexe qu’est le mal de mer. D'ailleurs son auteur (2) déclare franchement que les quelques cas d'améliorations qu'il a eus pourraient être le fait de la suggestion, et il demande à ses confrères, les médecins Sanitaires, d'en faire l’essai.
On pourrait allonger interminablement la liste des drogues. Les meilleurs remèdes sont ceux qui se rapportent à l'hygiène. A ce titre nous citerons les instructions données par la Lique du mal de mer (3) :
1° Se purger avant le départ, le matin, et faire un léger repas trois heures avant de s’embarquer ;
2 Prendre, également avant l’embarquement, de 40 à 80 centigrammes de sulfate de quinine ou encore- deux granules d’arséniale de strychnine, à 1/2 milligramme chaque ;
3° Se sangler, avant de monter à bord, depuis la racine des cuisses jusqu'aux aisselles, de manière à soutenir et à immobiliser complètement les viscères, sans gèner toutefois ni la circulation, ni la respiration ;
4° Garder la position horizontale au départ, pour supporter,
1. Dj Félix Regnault, « De l'emploi du chlorhydrate de cocaïne dans le mal de mer.» Progrès médical, 10 sept. 1887, p. 195.
2. D' Félix Regnault. Bulletin de médecine sanitaire marilime, Marseille, septembre 1907, ne 6
3. La lique du mal de mer, D' Madeuf, 80, boulevard Port- Royal, Paris,
LA | QUI PEUR © PL TER M SIA € | u œufsé. far "+ cé Ç EU AS PAPER A EN pee Re ) ! ; ae D ) ET ee : , ,
A se” AL
; Mae AT — le corps étant étendu, les premiers mouvements du navire.
Seules, les personnes malades, affaiblies, ou très fatiguées, doivent joindre à ces moyens, héroïques s’ils sont associés, une hygiène spéciale à suivre pendant la traversée et avant de s’embarquer, et s’immobiliser complètement dans leurs couchettes.
N.B. — Pendant la traversée, si le temps menace, on prendra une dose de sulfate de quinine ou d’arséniate de strychnine, et on reprendra l'appareil de sanglage du corps, sion l'avait quitté. Éviter à tout prix la constipation, et ne pas
manger si le baromètre baisse.
Insistons sur le calage au lit et le sanglage qui agissent eu
diminuant le ballottement des organes abdominaux.
Le calage au lit est universellement et empiriquement pratiqué par tous les malades affligés de naupathie nauséeuse. Ils éprouvent un soulagement d’autant plus marqué qu’ils sont mieux immobilisés dans leur couchette.
Le sanglage, ou constriction de l’abdomen, soulage en immobilisant les viscères contenus dans l'abdomen. On a construit dans ce but des ceintures spéciales. La méthode la plus simple consiste, nous dit le D' M.-A. Legrand (1), à utiliser une bande de flanelle ou de crêpe de 10 à 15 centimètres de large sur 10 à 15 mètres de long. On commencera la compression par le bas, onira en remontant du plidés cuisses au-dessous des seins ; on.serrera le plus possible, le ventre principalement ; on augmentera progressivement la compression. Le point important est de ne jamais craiadre de serrer trop fort. La compression à jeun et préventive est celle qui donne les
meilleurs résultats.
1. « Comment on évite le mal de mer. » Le Caducée, 1904, p. 347.
Nr DOS
Signalons encore une idée du D' Marcel Baudouin (1) qui’
demande qu’à bord des navires on adopte aux couchettes quelques sangles larges et solides permettant de rendre le
calage aussi énergique et aussi efficace que possible.
Le mal de mer somatique peut-il être quéri par un traitement purement psychique ? — Naturellement les hypnotiseurs lPaffirment dans leur plaidoyer pro domo sua. Par contre les médecins sanitaires, et les malades eux-mêmes, se montrent fort peu convaincus de leurs prétentions. Pourtant celles-ci, nous l'avons vu, sont justifiées par les cas de guérison de mal de mer par suggestion.
Les psychiatres donnent l'argument suivant à l’appui de leur manière de voir: plusieurs observations relatent qu’une émotion intense est capable de supprimer le mal de mer sur tous les passagers d’un navire (Paul Farez). D'autres estiment au contraire, avec le Dr Bony, que, lorsque le mal de mer atteint une certaine intensité, l'instinct de conservation peut être aboli au point que la ‘crainte du danger n'arrive pas à émouvoir les malades. Le Dr Pau de Saint-Martin a élé témoin de faits dans lesquels un danger imminent n’a eu aucune action. Malgré l'invitation pressante à monter sur le pont du navire, les malades reslaient étendus dans leur cabine, devenus indifférents au péril dont ils élaient menacés (2). Devant ces contradictions ii est utile de passer en revue les
quelques observations affirmatives.