Sabatier. J. hebd. de mêd. Paris, 1829, 111, p
ANATOMIE PATHOLOGIQUE, P ACH Y.M ÉN 1 N G ITE. -il
pu observer deux lois, est très remarquable. Elle est assez nettement limitée aux points en contact direct avec la lésion tuberculeuse, abcès ou fongosité, issue de l'os. Au microscope on trouve un réseau de fibres conjonctives, et entre les fibres de nombreux corpuscules lymphatiques et des cellules embryonnaires. Cette infiltration est surtout marquée autour des vaisseaux, artérioles et sinus vertébraux, ainsi que dans la gaine des nombreux filets nerveux, décrits par Luschka, qui accompagnent les sinus, et autour des racines rachidiennes. 11 est à noter que la partie de ce tissu inflammatoire, en contact avec la duremère, semble avoir l’organisation la plus avancée, tandis que les portions attenantes au foyer tuberculeux sont plus rapprochées de l’état embryonnaire. Tandis que ces dernières se laissent infiltrer par les éléments tuberculeux, les couches plus éloignées s’organisent, constituent un tissu fibreux plus ou moins adulte, ajoutent à l’épaisseur de la dure-mère et consolident ainsi la barrière qui sépare le foyer tuberculeux de la moelle. Si la tuberculose a la forme sèche de Kœnig, ce tissu fibreux s’épaissit plus ou moins et protège la dure-mère dont la surface interne reste sauve; puis, en cas de régression du processus tuberculeux, il se sclérose. Il forme alors, à la partie antérieure du canal, une gaine dure, plus ou moins épaisse et étendue, mais sujette à se rétracter. Ollivier d’Angers, Andral, Lannelongue ont même v.u des plaques d’ossification se développer
dans ce tissu sclérosé. Si on a affaire à la forme humide, le tissu, à mesure qu’il se forme, s’infiltre d'éléments tuberculeux, voués à la désintégration. La cavité de l’abcès s’agrandit ainsi, tandis que sa couche membraneuse attenant à la dure-mère s’épaissit. Mais, si le processus a une marche envahissante rapide, la couche protectrice n’a pas le temps de se former; la tuberculose envahit la dure-mère et détermine dans son épaisseur une infiltration folliculeuse. A sa face externe apparaissent des lésions qui d’abord, dues à l'irritation de voisinage simple, deviennent peu à peu spécifiques. A la pachyméningite tuberculeuse externe s'ajoute la pachyméningite interne. Un trouve, sur la face interne de la duremère, ou mieux, dans la cavité arachnoïdienne, des bourgeons faisant saillie, bourgeons vasculaires constitués par du tissu embryonnaire. Ils s'organisent en fausses membranes, dont les vaisseaux, à parois embryonnaires, se rompent facilement, donnant lieu à des hématomes interstitiels généralement fort peu volumineux. Dans ces fausses membranes on voit apparaître des semis de granulations tuberculeuses, ou des foyers caséeux.
La pie-mère est alors envahie à son tour (leptoméningite tuberculeuse). Nous verrons plus loin quellesconséquencespeutavoirpourla moellele contact direct des lésions tuberculeuses avec son tissu et avec les vaisseaux qui y pénètrent ou qui en sortent.
Compression de la moelle : Altérations médullaires.
A L TÉ U A T 1 0 iN S .MÉDULLAIRES.
— Les fonctions médullaires sont fréquemment troublées dans le mal de Potl. La cause immédiate, le mécanisme de ces troubles ont été diversement interprétés.
Pour tous les auteurs anciens comme pour Boyer, ces troubles sont dus à la gibbosité, soitqu’elle force la moelle à s'inlléchir, soit qu’elle diminue le calibre du canal vertébral. Louis fait jouer le rôle principal à l’angle plus ou moins aigu que décrit la paroi antérieure du canal; la moelle, infléchie, repose sur cet angle et, à ce niveau, se ramollit et devient diffluente. En 18-47, Nélaton [Path. chir. II, p. 102), n'ajoute rien aux paroles de Louis, et en 1891, Myers 1 admet encore comme fréquente la paraplégie par cyphose.
Mais les adversaires de cette théorie font remarquer que, dans le cas de gibbosité, le canal est généralement élargi, que la paraplégie peut exister sans gibbosité, manquer avec l’inflexion la plus accentuée ou disparaître sans que la courbure du rachis ait été modifiée. Echeverria -, puis, sous l’inspiration de Charcot, Michaud * défendent la théorie de la compression médullaire par la pachyméningite tuberculeuse, soutenue par Courjon i, Masse \ etc.
1. Myers. Acad. méd. de N. -Y., 1891, 17 avril. N.-Y. med. Journ., 1891, p. 211.